‹ Guide de l'art chrétien (volume 2)Chapitre 164 sur 216 · BuUeUn d^Areh., SYnl 1863, p · texte numérisé non relu

BuUeUn d^Areh., SYnl 1863, p

i. L'identification du Sauveur avec la Croix est portée au suprême degré dans la mosaïque de Saint-Apollinaire m elaue, près de Uavenne, dont nous reparlerons bientôt. Elle a été vivement exprimée par ces mots inscrits sous une croix publiée par M. Didron , dans

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^GURES DE l'agneau ET DU CHRIST TRIOMPHANT, ASSOCIÉES A LA CROIX.

L'introduction du crucifix dans Tart chrétien remonte incontestablement au VI* siècle au moins; nous en verrons les preuves, et nous dirons sur quelles données on pourrait croire que cette image sacrée, bien qu'elle eût attendu jusqu'à cette époque pour se propager, n'avait pas été sans exemple dans la première antiquité chrétienne. Quoi qu'il eu soit, ce ne fut pas sans timidité, dans ce siècle encore, que les artistes chrétiens osèrent représenter le Sauveur en croix, ou du moins ce ne fut qu'avec ménagement qu'ils le firent en public; et il se présente aupararvant à nos études deux séries de monuments d'un caractère intermédiaire, où Notre-'Seigneur est représenté sur la croix sous la figure de l'Agneau, ou bien en personne, mais non pas crucifié.

Plusieurs de ces monuments sont d'une époque très-postérieure à celle où le crucifix était pleinement impatronisé dans l'art chrétien, mais ils n'en sont pas moins les restes d'un esprit de transition, et ils offreot l'idée d'une antériorité de principe, alors même qu'ils ne se présentent pas avec une antériorité de date. Il suffirait du décret du concile de Gonstantinople, connu sous le nom de m Trullo^ ou de Quinisexte (692), pour attester que l'usage de la figure de l'Agneau précéda celle ^u crucifix, puisque ce concile voulut que la substitution de la réalité à la figure devînt une loi obligatoire. Mais cette substitution, qui avait commencé à se faire librement, se continua de même, les décrets du concile in TruUo, faute de l'approbation du Saint-Siège, n'ayant jamais eu que la seule autorité d'un document propre à constater des faits.

son Histoire iconographique de Dieu , p. 408 , et que dous reproduisons pL xvr, fig. i. L\X« DVX, LEX, REX ; de telle sorte que le X commun aux quatre noms et formaot l'initiale da nom grec du Christ, en occupe le centre. La lumière et la hi semblent se ra|>porter à la chose, c*e8t-&-dire à la croix; le chef et le rot à la personne, c'est-à-dire i Jésus- Christ. En conséquence, nous préférons cette version à celle qui a été adoptée an Oorat et sut le tombeau de saint Angilbert, où le mot PAX remplace celui de DVX, quoique Jésus soit vraiment la paix vivante , et la Croix le signe de celle paix Ces inscriplioas méritent d*ètre approchées de celle qui figure sur la Croix de saint BenoU : G. S. S. M. L : N. D. S. M. D. : Crux Sacra Sit MitU Lux, Non Draeo Sit Mihi Dux. Quant à Tidée de victoire, elle a été souvent exprimée chez les Grecs par ces sigles : NI KA, accompagnsal la Croix ; le mène ouvrage en donne deux exemples, p. 390, 396.

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De cet usage fait de TAgneau pour rappeler la Passion du Sauveur, de . telle sorte qu'il pût remplacer, jusqu'à un certain point, celui que nous faisons du crucifix, il ne faudrait pas conclure que l'Agneau fût habituellement représenté sur la croix de la façon que nous verrons tout à l'heure -, il était souvent associé à ce signe de salut de plusieurs autres manières. Quelquefois il le portait sur la tête, soit sous tbrme de croix pleine, soit sous forme de monogramme ; et alors, posé fièrement sur la montagne d où découlent les quatre fleuves, il ne rappelle l'idée de viaime que pour en faire un élément de triomphe ^. De bonne heure on lui donna la croix à soutenir sous forme de croix processionnelle : telle il la porte, étant couché, mais la tête haute, dans une peinture du cimetière de la Via Latina^ publiée par Bosio ^.

L'Agneau vient compléter sur l'autel l'idée de sacrifice que nous avons vu la croix y exprimer par elle seule; l'arc triomphal de Saint-Cosme-et- Saint-Damien, à Rome, en offre un exemple du vi« siècle. L'Agneau s'y montre couché ; mais la pensée du triomphe n'en ressort pas moins surabondamment : les quatre anges, les animaux évangéliques, les vingt' quatre vieillards avec leurs couronne^;, ne sont là que pourleprocla mer 3.

^Dans l'ancienne mosaïque absidiale de Saint-Pierre du Vatican, l'Agneau reparaissait debout sur la montagne, en avant de l'autel, et cet autel lui-même était surmonté d'un pic de montagne plus élevé, où se dressait une croix richement gemmée. On n'y voyait pas seulement les quatre fleuves, image des quatre évangélistes ; outre ces quatre courants qui s'échappaient des pieds du divin Agneau, il en jaillissait un cinquième de son côté ouvert, et après s'être précipité dans le calice, il en débordait pour arroser aussi les flancs de la montagne. Le souvenir des cinq plaies était ainsi hautement consacré *. Cette mosaïque avait été refaite, il est vrai, sous Innocent III; mais sa composition respire un tel parfum d'antiquité, que la restauration du xm*' siècle a dû certainement faire revivre en partie l'œuvre primitive.

L'Agneau repose à la place même du Christ, sur- la croix donnée par l'empereur Justin II à la basilique de Saint-Pierre qui la conserve encore^; l'Agneau, dans un médaillon central, s'y montre nimbé,

1. Bosio, RomasoU.f p. 61, 63, 157. (Voir ci-dessus, pi. ir,lig. 3 ; ci-après, pi. xx.)

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