‹ Guide de l'art chrétien (volume 2)Chapitre 178 sur 216 · Méhngti \lPÂrehéoloiiie, T. 1, p · texte numérisé non relu

Méhngti \lPÂrehéoloiiie, T. 1, p

à sa place sur la croix, si on pouvait^es condenser davantage. C'est ce qui se fait lorsqu'au lieu du porte-lance et du porte-éponge , on. figure seulement la lance et Téponge avec son support, inclinés sur les branches de la croix, et l'on voit que, réduits à ces termes et posés perpendiculairement, ils pourraient facilement trouver place sur le champ même de la croix.

Sur les plus anciennes croix où le Christ soit représenté crucifié, sur celle de Théodelinde, à Monza, par exemple, et sur la croix en cuivre repoussé du musée du Vatican que nous en rapprochons (pi. xviii), le soleil et la lune apparaissent au sommet; la sainte Vierge et saint Jean à Textrémité des branches latérales , avec cette inscription : lAE 0 Yoc COY, « voilà votrc fils »; iaot mhthp coy, « voilà votre mère»; ajoutez au sommet la main divine avec ou sans couronne S ou substituez-la aux deux astres^, ajoutez dans le bas une tête de mort, se rapportant au nom du Calvaire, et à la tradition d'après laquelle le lieu du divin Sacrifice aurait été celui de la sépulture d'Adam, ou mieux encore à l'idée générale d'un contraste entre la mort et la vie, la vie rendue par la croix à ceux qui étaient morts, et vous aurez le fond des représentations qui, pendant des siècles, furent le plus usitées sur la croix.

Vous verrez encore apparaître, au sommet de la croix, une double figure du Sauveur triomphant, afin que la pensée ne s'arrête pas trop à ridée de son supplice, quand on le voit crucifié. On a pu, dans un ordre d'idées un peu différent, substituer à son image personnelle une de ses figures emblématiques : c'est ainsi qu'au sommet de la croix, dans le Crucifiement de la Vierge ouvrante du Louvre, crti voit se dresser l'agneau, et que, au xive siècle, le pélican est venu occuper cette place, sur un certain nombre de croix 3.

A la figure de Notre-Seigneur ^ sur ce même point culminant, ou a quelquefois substitué celle de son représentant sur la terre ,

1. Sur la croix de LothairCi une colombe, représenlanl le Saint-Esprit, se voit au miliea de la couronne tenue par la main divine. {Méi. d'Areh., T. 1, pi. xxir.)

3. Le soleil et la lune se voient quelquefois à la place de la sainte Vierge et de saint Jean, sur les branches de la croix. La croix de Lothaire encore en offre un exemple. On voit aussi les deux astres sur la croix de Cologne, dite des princes de Hobonlobe, sur la croix de li collection Debruge, etc., mais non plus à la place de la sainte Vierge et de saint Jean. Nous ne faisons d'ailleurs que les mentionner ici, ayant à revenir sur Timportance de leur rôle dans les scènes plus développées du Crucifiement, distinctes des compositions resserrées sur le champ même de la croix, les seuUs dont nous nous occupions dans ce moniBot.

3. La croix d*Ahèlze en offre un exemple du xvi« siècle. Ann.archéol.^T, XV, p. 199. Nous en donnons une réduction empruntée eUe-méme à ce recueiL

saint Pierre considéré en tant que chef visible de TEglise, continuant de vivre dans ses successeursu C'est pourquoi on lui attribue alors le lype imberbe de riromortelle jeunesse. Tel on le voit sur la croix de Yelletri, au-dessus du Christ crucifié , et sur la croix encolpium du musée du Vatican, également émaillée, qui parait elle-même du vni"^ siècle (pi. xvi, fig. 2), où, à la place du crucifix, est un buste du Sauveur d*un caractère triomphant. On comprend que la sainte Vierge occupant un des bras de la croix, on ne peut placer audessus d'elle qu'une figure divine ou un représentant direct de la Divinité, et à ce titre seulement : tel est le chef visible de l'Eglise; tel est aussi saint Michel, considéré comme l'ange de l'Eglise. Au revers de cette croix (fig. 3), les têtes de Notre-Seigneur, de la sainte Vierge et de saintJean étant répétées, il y a tout lieu decroire^ue les deux figures imberbes placées au sommet et au bas sont

celles des archanges saint Michel et saint Gabriel, aucun des signes caractéristiques qui nous ont fait reconnaître saint Pierre sur la face principale de cette croix ne se retrouvant plus ici *, on sait d'ailleurs que les figures des deux archanges sont de celles qui s^associent le plus souvent à la figure du Sauveur, et M. de Rossi a récemment démontré ^ l'importance de ces sigles XMr, où leurs initiales M et r sont jointes à celle du mot 'xpifTof, Christ, en grec, à tel point qu'en Orient on les traitait -presque avec la même distinction que le fameux anagramme ixevc, comme une affirmation du christianisme. Dans tous les cas, la figure dé saint Michel, indépendamment des autres circonstances où elle est associée à la croix avec d'autres figures d'anges, repose à son sommet, au-dessus de la sainte Vierge et de saint Jean, sur un grand nombre de croix processionnelles. Une croix émaillée du musée de Cluny (n** 2315) en offre un exemple qui paraît du xu* siècle ou du commencement du xia^". D'un caractèreun peu plus moderne, la croix appartenant à M. Fromentine, d'Arras, déjà publiée dans la Revue de Vart chrétien , par M. l'abbé Van Drivai, et que nous reproduisons à la page suivante, montre l'archange à son sommet, mais non pas la sainte Vierge et saint Jean dans les branches. On les retrouve tous ensemble dans toute une série de croix en cuivre repoussé,

Croix d*Ahèlze.

Page 1