‹ Guide de l'art chrétien (volume 2)Chapitre 181 sur 216 · Id. ; Valtiiiiii', Dasilica latcranense, pi. LVii · texte numérisé non relu

Id. ; Valtiiiiii', Dasilica latcranense, pi. LVii

DE LA CROIX. ul3

Dans le supplément au troisième volume de Gori, ou sont publiés les monuments qui de^vaient, selon ses projets, entrer dans la composition d'un quatrièoae volume, on remarque une petite croix en bois sculpté, pourvue d'un manehe dans sa partie inférieure : ce détail montre qu'elle était destinée aux bénédictions que le célébrant, dans le rit grec, donne une croix è la main. Elle appartient donc à une nouvelle catégorie de croix > toutes difiérantes de celles que nous avons passées en revue. A juger di'aprè&ses ornements d'architecture en style flamboyant, elle doit être aussi du XV* siècle', et des inscriptions en langue illyrique font connaître aa proven^ance. Elle porte sur sa face la scène du O^itcifiement^ accompagnée, au sommet, de la Nativité ^ et dans le bas, de Y Ascension, A son réversion voit la scène du Baptême de Notre-Seigneur ^ surmontée de Y Annonciation^ et dans la partie inférieure , la basilique de Saint-Pierre avec les deux apdtres saint Pierre et saint Paul, comme moyen d'exprimer le triomphe de TEglise. A l'extrémité de ses branches sont les quatre évangélistes, deux sur chaque face ^.

On comprendra facilement àquel titre le Baptême de Notre-Seigneur Of:cupeune place prépondérante suriaeooix, la grâce de la Rédemption nous étant appliquée par le baptême. C'est aussi pourquoi la croix s'élèvo au-dessus de ce Baptême, hi\z voûte du baptistère de Ravenne^ Selon lo' même ordre d'idées, l'on voit dans Gori an revers de croix procei^$^9()nelle du xvt* siècle, dont saint Jean-Baptiste occupe rentre^roisemeoty au,f^il|eu des quatre animaux évangéliques. Hiis le monument le plu$ ren^a^quable dans ce genre est la croix centrale de la mosaïque absidiale, à Saint«*Jeande-Latran. Cette croix, formée d'une série d'articulations gemmées, dans le but d'honorer par une richeornementation l'instrument du salut, porte au lieu de Crucifix, dans un médaillon central, cette môme repré:>entation du Baptême de Notrc-'Seigneur ; puis, pooi* développer l'expression de la (lensëe ainsi indiquée, leSaint^Esfirit, sous forme de colombe., descend au-dessus et répand, sous forme de jet rayoniiant, une source d'eau abondante qui, après avoir inondé la croix, vient remplir à sa base un basëin d'où s'échappent les quatre fleuves désignés par leur nom *, en s'élânçant de chaque cdté sur les flancs de la montagne, ils laissent apofoevcMr son sein entr'ouvert dans la direction perpendiculaire de la Croix. Et dans cet espace, laissé libre, il se dessine une image abrogée. tout à la fois, de l'Eglise et du Paradis terrestre, confondus dans une même pensée. Un palmier surmonté du phénix en occupe le centre, pour

1. Tkuauru vtterum dyptiearum, suppl. ou T. Ul, p). iv. Le coriK de U croix n qun lone ceotimètres ; le pied sorvanide manche» dix Genliir.ètr<;s.

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nfiîeux dire que le véritable arbrede vie n'est autre que iaeroix. AjQulesqH» les cerfs et les brebis viennent se désaltérer aux eaux vivifiantes npii sesonl fi!fconâéesau contact de la croii; ajontes quesaiot Pierre et saint ftanlaonfc représentés comme les princes de cette cité, les faabitaots^^decejtfdiadB délices, clos de murailles. Le chérubin , toujours armé de 8on> ghâvft^ continue d'en garder Veiitrée, mais aon plus de telle sorte qateUedei^ meure inaccetsTMe 'et qui! ne rouvre si vous vous ètea^htvés dans ee^ eaut sanctifiées. Ajoutes encore que la croix, avec toutes oes toepirffiiam tations accessoites entendues eomtoe en étant les dépendenûes >iinmâ^ diates, tieht la- place de Tfotre-^Seigneur lui-même, et se tsomns eataÉwén de sa cour^ conformément au Ynodeide eomposition usité dans les moiinr menti de ce genre *: et votis^iïtt^ndties^qifeflef abondance d'idée» peuma* s'attacher à la croi't'. '••' ••-••''- ■-■

Cette mosaïque est du xiii^ siècle; mais les éléments fondamentaux de ^ cpmpiO^ilion doivent ve^ir (}p beaucoup plus haut, et Ton est d*autant p^iû. ^p ,droil de (e ^i^pire^.que, dans les mosaïques de la nef, à Saint- ^goHin^ire-le-Neuf.,de Ravenqe , attribuées au vi« siècle, on observe uçi^, réuoion de C6S ipëmes éléments , moins développés , mais, au fond« çaWJp,léteme»^ analogues.

*^€liailtfl)itti^^ xpublié^iaiice^ dln^û grande ccoix aux quatre hraiMA^a égalée v^a#té de^èik palmes romains , conservée dans le trésor de VtA gHto> niéilfOpo1itaine^&>Bflurfiiuie, et ^ui, iodabitablement^doit être roiig^ da«¥tPlaicKtégori4yii8s ctche statîonalea* Cette croix se compdsedO'quRtfffi sé^lèâ^cinq-^médaillous eu argent « renfermés dans les enr<MiiM)f#ts d'^iile''^6orMMrre, et rattachés à un méddûilon central de.fAus grwd§ dirnedsi4)h. •6eioi-oi représente. sur une face , •la./^r/oofK»», 9ki09m Fautre',' la sainte Vierge en Orante. Les médaillons latéraiix fff^fkfm^^ chtfeun une * flgure nimbée et ornée dm palUum. Ces flc«iWi:^9t au nombre de quarante, vingt sur chaque face; on a pensé qa^elleaiff^pi!^ sentaiaiit la svcoeaaion des arehevéques de Bâvenne. F^odraU-il^w flo#n duvequelaccoix datât rigoureusement de l'époque ou les sucof^^fu^itif saint ApoUii»ait*e. avaient atteint ce nombre précis? Nous ne le cn^i^w^s paa> et nous jie verrions pas,--» pour rejeter la tradition d'itpr&ala^llf^l) elle serait un don de saint Agnellus, qui occupAlej^iégede Rtvenn^ dafis la seeoHde tnoitté du vnp siècle,— un motif suffisant dans ce fait»qja!|l n'avait eu que trente prédécesseurs» Toutes ces Qgurea sont nîfiibé^ est-ce à dire qu'elles représentent toutes des Saii^iLs déterminés, pu bÂa^ie nimbe n'exprime-t-il, dans cette occasion, que la dignité épiscopale et la sainteté de son caractère?Nousinclinertonsàrinter{)rét0rdans.un.sens pins général, qui laisserait la question dans un certavo vague: OD'^âuiait

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vQoIft «Kprinwr la auqeaaiion apoatoiiqtte ^ la perpéiuité 4u miniatère auDPé duùs< VEghse f avec las penato da tciompha et da vie qui Mssdrteot de la Hësurraetioii avec la pansée <de supplication perpétuelle ca toujoQra aftoaoe qui s'atiadie k la personne de Marie» avec la corrér latîesi entve sa très-saiote image, surtoet lorsqu'elle est représentée en OaÉntei^et ^ figure de l'Eglise. La généralité de cette composition n'exclut pas son appUeatkm à une église pantieulière, qui a oompté un grand neoAiir'd'éTéqoea^ et, parmi ces évoques, uo grand nombre de Saints, et*qui'Se imtaache-par une multitude de liens à d'autres sai^.ts évéques: Le Mèmbtfe 'quarante ne serait là que pour signifier un grand nombre. Quant à Tige du monument ^ la.plaiicbe de.Giampini ne permet de baser aueuiie indication iSur.aon st^ki ^noua «ecioi^ porté seulement, eu égard à la figure de l'Orante, à lui attribuer une antiquité voisine au moins du vu« siècle, plutôt, que d'en faire descendre l'exécution beaucoup en deçà *.

n faut cependant faire toujours ta part de la persistance des types dans l'Eglise orientale, dont Bavenne ava!^ reçu si fortement l'empreifite. On croirait de prime abord retrouver cette persistance dans la croit de Namur,pubiréeparlesi4nna/«farcAéo%ifu«5^éi attribuée au xm siècle; mais elle doit cette couleur archaïque plutôt à sou style qu'à la éàilSiî' Aaison des idées, où rien ne sent une plus haute antiquité, ai pe:i)^t l%utel du saint Sacrifice représenté à son sommet. £tadt à44illble tr%^ fefee, elle ne porte à chacun des ebtre-cvoiseaients qUe la. croix etie*^ même répétée, pour mieux dire que tout est dans la oreixv ei quoilaonoîi rèptésente le Sauveur en personne. H y t seulemetit «e^te diJESrenne etitra les <leux répétitions, que la croix tenant lieu de GmeiAx est elle^ indmeà double traverse, et qu'au-dessus la croix tenant lieu du Christ tfllMApiiMt Mt simple. Nous avons dit que le eoûFonnement étart èet autel ^ usage obez les Grecs, pour exprimer le sacrifice eueba-ridtlqne, et nommé par eux « Briv««^i« , 7>rv(para/i(m, aaïas doute parce qVfl éist considéré comme préparé pour sa célébration. * IL n'est {vas^douteux que, dans la circonstance, il ne soit un signe quireprésénfe à son tour le Sauveur présent sous les espèces sacramentelles, comme les deux croix le représentent à d'autres titres; ou, si l'on veut, c'est la petite croix reposant sur cet autel, qui elle-même le représente^ Ces idées fondamentales ainsi posées, les figures de Saints sont répartiea sur la tige et les branchesdu monument pour faire cortège à Notre* Seigneur, et choisies selon les vues personnelles de l'artiste ou plutôt

1. Giém|Hiiî, Vêt, tnan., T. Il, pS. xvi, Rf. 1. % Afind t «rehi^hffiqiieêt T. V, p. 318.

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(le celui pour (|ui il se mettait àToeuvrcCes Saints sont, sur la lige^saiot Paul, saint Pantalemon et Tarchange Gabriel; et dans les branches, saint Jean TEvangéliste, saint Marc, saint Matthieu et saint Pierre. II semble que ce choix a été fait par une réminiscence de la représentation habftuelle des quatre évangdlislds sur la croix , mais sous l'empire d*uno dévotion particulière pour saint Paul. Or, on ne songe guère k saint Pierre ou à saint Paul qu'en songeant à l'un on ne songe aussi à l'autre: de là il est résuhé que, pour trouver une place qui convint i saiôt Pierre, sans paraître le subordonner à son compagnon habituel et sans enlever à celui*cl sa position centrale, on n'a rien trouvé de mieux que de le substituer à saint Luc,- le considérant comme l'un des écrivains sncrc's, de telle sorte que la pensée de sa suprématie pontificale reste tout à fait étrangère à cette composition. D'où cette conclusion qu'autant le chrétien peut, dans les limites de ta foi, relativement au dogme de la Rédemption , varier son point de vue, étendre ses idées, autant la croix peut prendre de physionomies diverses, autant on peut admettre de variétés dans le tour et la disposition des figures appelées à orner, i oélébrer l'instrument du salut.

LTUDE XII.

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