‹ Guide de l'art chrétien (volume 2)Chapitre 184 sur 216 · Bûsio, /{orna snl/erofiéa, p · texte numérisé non relu

Bûsio, /{orna snl/erofiéa, p

^. Foiyeais, Plombs historiés, 4* série^ p. 39.

386 GUIDE DB l'art CHRÉTIEN.

et non un colobium. Nous n'en tirons aucune induction, continuant de laisser en suspens tout ce qu'on peut penser de cette vénérable image. Nous ferons seulement observer que, à notre avis, la couronne et les chaussures avec lesquelles les estampes la représentent « sont deméoie surajoutées , mais non plus pour se substituer à une couroniie et à d^ chaussures moins riches, la tête et les pieds, selon toute apparence, d^n meurant entièrement nus dans Toriginal.

Personne ne verra dans l'antiquité chrétienne, lorsqu'elle représeulait Noire-Seigneur entièrement vêtu sur la croix, autre chosç qu'un sentiment respectueux, et un procédé iconographique destiné à rendre ce sentiment ; il est certain , au contraire , que le Sauveur fut dépouillé de ses vêtements avant de subir le dernier supplice, et le seul point qui pourrait demeurer en question serait de savoir s*il s'assujettit aux ignominies de la nudité com|>lèto. Ce n'est pas probable ; il n'est pas prouvé même, fait observer le P. Cahier *, que les suppliciés, chez les Romains, fussent entièrement nus, et la tradition d'après laquelle la sainte Vierge se serait défaite de son voile pour en couvrir au moins les reins sacrés de son Fils est pleine de vraisemblance 2. Quoi qu'il en soit, il est d'une obligation absolue, dans l'art chrétien, de donner cette marque de respect à l'image du Sauveur ; on ne signale que de rares infractions à cette règle, et d'ordinaire, pour dire seulement comment elles furent aussitôt réprimées 3.

Quant à l'usage du voile avec la suppression de la robe, il est certain qu'il se répandit au ix" siècle; on le voit même sur la croix de Velletri. attribuée au viii^ siècle par le cardinal Etienne Borgia S et sur la paix en' ivoire donnée par Ursus , duc lombard , à la ville de Cividale, en Frioul, au milieu de ce même siècle ^ ; sur l'un et l'autre de ces monuments, il se fait remarquer par. sa large extension en forme de tunique, et de plus, sur le premier, par sa riche ornementation. On trouve d'autres

1. Mélanges d'Archéologie y T. I. Il ne faut pas confondre, sous ce rapport, les Grecs ave^ les Romains. Ceux-ci aTaient un grand respect pour la pudeur : ils n^auraîeot pas souffert les nvditéa des Grecs avant d^avoir éié envahis par leurs nxBurs ; quant à la nudité des suppliciés, nous rappelous Topinion contraire du P. Garucri, laissant la question màieisë.

â. On croit 4)08séder encore ce yoile à Aix-la-Chapeile.,

3. Gretzer, De Cruce, Lib.I, cap. xxii, signale des crucifix nus à Augsbourg, à Landsbnt; d*Agincourt [Peinture, pi. xcvii, fig. 13) en reproduit un d'après Federici (Memorie Trtvigiane, in-4^ T. II, p. 3) ; il se trouvait dans la snlle du Chapitre des Dominicaios, à Trévise (xi« siècle). Philippe II, ayant reçu du grand-duc de Toscane un Glirist de BeuTenulo Cellini , qui était entièrement nu , le voilà de ses propres mains pour le montrer aux duchesses de Savoie et de Flandre. (Ayala, Pictor christianus, L. 111, cap. xvii^ 5.)

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