Ciampiiii, Vet, mon., T. H, pi. xxxviii, uv
24 GUIDE DB l'art CHRÉTIEN.
en tenir lieu dans la pensée des artistes; le nimbe reparaît, mais simple, dans les miniatures du manuel de prières de Charles le Chauve et de révangéliaire de Metz, publiées comme éclaircissement de ces monuments par les savants auteurs des Mélanges (T archéologie *.
Il s'était maintenu jusqu'alors une disposition sensible à la simplicité dans Tornementation ; au xm^ siècle, au contraire , la croix du nimbe crucifère va tendre à se confondre avec les ornements dont iPse charge : sur la grande châsse en cuivre repoussé et émaillé, au musée du Louvre, où le Christ est posé à l'une des extrémités entre la sainte Vierge et saint Augustin , la croix de son nimbe est formée par des rinceaux inscrits dans un quadrilobe (pi. u, fig. 10), et la sainte Vierge porte un nimbe orné selon les mêmes données , mais seulement avec moins de richesse (pi. m, lig. 7) : a-t-on voulu lui attribuer le nimbe crucifère, et n'est-il pas vraisemblable que nous avons à noter un commencement de confusion entre la pensée attachée à la forme crucifère et celle d'une riche ornementation ? Alors tout s'explique, et la gradation marquée par le nimbe est aussi sensible de Jésus à Marie , que de Marie à saint Augustin , qui ne porte comme ornement du sien qu'une simple rangée de perles (pi. m, fig. 10) 2.
Au xiv^ siècle, il arrive assez fréquemment que la croix disparait complètement parmi les ornements du nimbe : nous empruntons au peintre florentin Stéfano, mort en 1350, l'exemple d'un nimbe placé sur la tête de l'Enfant Jésus (pi. ii, fig. 12), où la croix est bien près de disparaître ; le nimbe de la sainte Vierge (pi. m, fig. 8), dans le même tableau 3, est orné de fleurons semblables à ceux que nous voyons sur la tête du divin Enfant assis à côté d'elle , mais sans les losanges inscrits dans trois petits parallélogrammes indiquant une réminiscence de la croix dans le nimbe de celui-ci ; au-dessus, sont deux Anges , dont les nimbes sont simplement perlés.
A répoque où nous sommes parvenus, les nimbes rayonnants vont aussi apparaître, ou du moins se multiplier : le même peintre nous eu ofl're un exemple (pi. ii, fig. 11), où le rayonnement est associé àun nimbe crucifère plus accusé que dans le tableau précédent. Au contraire, le Christ d'Orcagna , dans le Jugement dernier du Campo-Santo , à Pise, est renfermé dans une auréole ; il est couronné, et sa tête est rayon-