‹ Guide de l'art chrétien (volume 2)Chapitre 20 sur 216 · PI.. III · texte numérisé non relu

PI.. III

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nante; mais il ne porte pas de nimbe proprement dit. Il faut voir en cela ane tendance à substituer à cet emblème les effets lumineux qu'il signifie. A cet ordre d'idées appartient la manière de former les croisillons du nimbe crucifère, avec des rayons convergents qui en dépassent les contours. H. Didron en a donné un exemple , d'après une miniature du IX* siècle, que nous considérons comme exceptionnel à cette époque. M. Rosini en a publié un autre, d'après un dessin attribué à Giotto, mais qui nous paraît manifestement d*un auteuir plus moderne. Il arriva un peu plus tard que ce rayonnement crucifère se substitua au nimbe , au lieu de l'accompagner, comme on le voit sur la tête d'un Enfant Jésus de Franciaque nous reproduisons (pi. u, fig. 47). De môme, les fleurons de la crois ornementée, qui accompagnent le nimbe, dans l'évolution qu'il fit au xve siècle, en devenant mobile, de fixe qu'il avait été {ooir pi. u, fig. 13» un Christ des Heures de Simon Yostre), le éupplanlèrent à leur tour quelquefois entièrement. On peut l'observer dans un tableau de la Présentation d'A. Borgognone (pi. n, fig. 16) , au musée du Louvre (n« 90 bis). Le nimbe crucifère, qui s'évanouissait ainsi peu à peu, survécut néanmoins encore longtemps, quoique très> rarement employé depuis le commencement du XVI* siècle, sous les lignes vaporeuses mais aux formes bien caractérisées que lui donna Raphaël (pi. u,fig. 14). On le retrouve encore, en effet, dans une œuvre fort originale de Louis Carrache , où la fuite en Egypte se fait par mer et dans une barque conduite par un Ange. Sauf ces observations, l'histoire du nimbe crucifère ne demande pas à demeurer distincte de l'étude que nous consacrerons plus loin à celle des modi6cations et de la disparition du nimbe pris en général.

AUTRES NiMBI^S DISTINCTIFS.

Le nimbe crucifère, propre à Notre-SeignVur Jésus- Christ, est passé de sa tête à celle des autres Pei'sonnes divines, parce que Jésus-Christ est le Dieu manifesté; cette transmission s'est faite par le même motif qui a porté longtemps à choisir ses traits divins, quand on a voulu représenter sous une figure humaine le Père ou le Saint-Esprit. Tout part de l'Incarnation, dans l'iconographie chrétienne, comme dans le christianisme tout entier.

Le nimbe crucifère étant l'attribut iconographique de Dieu, il s'applique sans difficulté à toute (igure qui représente une des Personnes

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divines, à la main qui représente Dieu le Père (pi. ni, fig. 3 et 4), à Tagneaa qui représente le Fils incamé , à la colombe qui représente le Saint-Esprit. Le nimbe étant en principe un ornement propre à la tête, c'est par extension cependant et par une sorte de licence qu'on a pu rappliquer à la main, en s'appuyant sur ce fondement que, dans cette circonstance , la main doit rappeler la personne toutentière. Lesexemplesde mains divines renfermées dans un nimbe crucifère ne sont pas rares. Ceux que nous donnons sont empruntés, le premier à une miniature du ix^' siècle, publiée parM. Seré ^; le second à une plaque de cuivre émaillé du xn« siècle, détachée d'une couverture de livre, et maintenant au musée du Louvre. M. Didron en donne deux autres qui appartiennent également à ces deux époques ^. Néanmoins, il faut dire que, dans cet intervalle même, ce n'était pas la manière la plus ordinaire de représenter la main divine : ou se contentait le pi us souvent d'indiquer son caractère céleste, en la faisant sortir du ciel, diversement représenté par des nuages, des segments de cercles constellés ^. Ces arcs prennent alors eux-mêmes quelquefois l'apparence d'un nimbe qui serait interrompu par les limites du tableau, quand la main repose sur eux, comme dans notre fig. 2 (pi. m), empruntée au bénédictional de Saint-OEthelwood (x^ siècle), à la différence de notre fig. 1 (pi. m), empruntée à Vlsaie du Vatican, déjà cité^ où les arcs sont superposés aux lignes du bras; et on est d'autant plus excusable, dans le premier cas, de les confondre avec le nimbe, qu'ils ont la même signification. Notre fig. 4 (pK m) et la fig. 10 de H. Didron ^, en employant ces arcs simultanément avec le nimbe, prouvent cependant que ce sont deux choses distinctes.

La colombe avait, comme l'agneau, droit à porter le nimbe sur sa tête, dès lors qu'elle représentait le Saint-Esprit , et on le lui a attribué sans difficulté : simple d'abord , comme on le voit sur une pierre gravée des Catacombes ^, où elle est posée sur le dossier d'un siège épiscopal ; crucifère ensuite , quand ct- tte forme s'est multipliée. Il est arrivé fréquemment aussi que le céleste oiseau est tout entier renfermé dans un cercle, ({ue l'on prendrait facilement pour le nimbe, eu égard à sa dimension : mais il faut plutôt considérer ce cercle comme constituant une auréole, en admettant, comme nous le ferons bientôt, que l'auréole est un rayon-

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