‹ Guide de l'art chrétien (volume 2)Chapitre 192 sur 216 · Monuments de sculpture d'Aflem., T. 1, p · texte numérisé non relu

Monuments de sculpture d'Aflem., T. 1, p

I^MS SOVFFRANT. 386:

banne ^ En Fomme, on peut considérer Vabsencc duoimbe à oette époque connue un iodice d'antiquité ou d'influet'ice antique , surtout guaod ^M&

semble motîTée par» la tprésenoe de la couronne ; en dehors de oe molïïi le nimbe manque rarement aux figures de NotreSeigneur que nottS; avofie observées jusqu'ici sur la croix; et, tout en admettant que« dtmsilea limites de la période parcourue, les exceptiosiseoot plutôt la Cajlt des. plus baats, temps, il faut reconnaître que Ton en renoonti^e à toutes lec^jé^oqoes et dans tous les genres.

CRUCIFIX DEPUIS LB XU^ SlàClit MISQiJ.'AtfK IBUPS. HOMmrVES.

Le crucifix, pendant les époques où imùs l'avons jusqu'à présent étudFé, rappelait sans doute les douleurs du sacrifice qui s*accomplît surlacrofx , mais bien plus la victoire que le Sauveur remporta par sa mort même, et < le salut du monde obtenu au prix de son sang. Les pensées du triomphe par la croix ne sont pas certes disposées à disparaître de sitôt ; elles sont destinées au contraire à primer longtemps encore dans beaucoup de mo* numents ; mais nous verrons, d'un autre côte, l'Image du Dîèu cmicifté preodre {graduellement le caractère et la physionomie le» plus pfopf^^'à exdter la componction, et il viendra un temps où l'ontie regardera guère? pins son crucifix que pour apprendre à souffrir et à mourir: Ce 6er«i ta croix, mais la croix seule, sans la figure de Celui qui y fut attaoh<é, qitt devra toujours conserver usuellement cette signification de viotoim méritée dans cette lutte suprême dont elle fut l'instrument.

La poésie du crucifix, au xuie siècle, se personnifia dans un homnie : Le Christ souffre!... Combien il y a lieu de gémir! Il souffre pour nous et par amourt... A quels transports d'amour ne va pas se livrer envers lui l'teie généreuse de saint François! La croix, à ses yeux, c'était bien la souffrance, mais la souffrance par amour ; et afin de rendre amour pour amour, il lui fallait lui-même soufirir comme sur la croix : de là, un insa* tiable désir de s'assimiler au Sauveur crucifié. Ne pas cx)mprendre que Dieu ait pu condescendre à l'ardeur d'un semblable désir, et accorder des signes palpables de cette assimilation du cœur, ce serait se montrer peu apte à saisir toute la poésie de l'ascétisme chrétien, et demeurer par conséquent inaccessible à tout un côté des plus vives impressions d(; l'art-

i. Le Brun d'Albanne, Émaux de Troyes, pi. vi.

GUIDE t>6 I/aUT CHRÉTlEiN.

La Boène mystérieuse ob saint François reçut les ëtigni<ités sacré:$ sur I« mont AtTerne, n'est pas étrangère à Ticonographie du crucifii, puisque la figure du Séraphin crucifié était fÉite pour exprimer tout ce qai peut s'associer du ptusbrûlant amour & Tidée de la crcrii ; mais cette apparlf^ ne pouvant se comprendre que par la mobilité des aspects, elle éehappeail^ procédés de Tart qui essaie de la fixer> et aucune des froides ima^ges'im moyen desquelles il a essayé de la rappeler ne vaut la ^mpto figure du crucifix même.

BientM après, un esprit nouveau vient, quant au mode de i*eprésentatibn, s'emparer de cette pieuse image; l^sprit dans lequel le crucifiai avait été plutôt représenté jusqu'ai<yrs continuant néanmoins de subsister, 11 se manifestera souvent lui-même, oomiyitré avec les modifications de style et de composition qui font fl'afilleurë sentir la différence des époques. Souvent

' aussi, les deux esprits se combinent dans la même œuvre et se confondent dans leurs effets.

Sous le rapport des formes, nous avons à distinguer les Christs où elles s'allongent presque démesurément, comme sur la croix de '^" ' * ' \ [! Clairmarais, sur le crucifix d'Arras,

*"' W ' qy^ j^^yg avons reproduit p. 366,

de ceux qui fléchissent et se plient sur eux-mêmes, comme nous ' ^ 47 en donnons maintenant un exem-

Cnicilixioniourné (XIV siècle). pie. Dans les premiers, il semble

que Ton a voulu grandir et splrîtualisér le corps de l'Homme -Dieu par une maigreur ascétique, et rivaliser d*élancemenl avec les jets d'architecture ogivale; les seconds se fondent évidemment sur une imitation naïve des effets naturels prodarts sur un corps suspendu comme l'était Notre-Seîgneur àMa croix. Lés utis et les autres ont précédemment des analogues; mais ces deux typés n'avaient point pris le développement et l'extension qui leur appartient maintenant, et l'un et l'autre, ils diffèrent, à ne pas s'y méprendre, du type dont le triptyque de ta Bibliothèque nationale offre un si W

exemple *.

On pourrait croire , s'il est vrai que cet ivoire n'ait été sculpté qu'au xnio siècle, que ce corps droit, ferme, ces bras si magistralement tendus dans la position horizontale, sont uniquement lepropre des Grecs à celle

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