Cabinet des Médailles. Annales archèûlf T. XVIII, p
époque; mais il n'ego est rie^ : les peintres grecs xépaiid«s alors en Italie, et dont, sur les fausses notions adoptées par Yasari , renseignement classique a fait pendant UD temps les seuls repr^entants de la peinture avaat Cimi^l^ueYexagéraient plus qu'aucun autre les effets de la souffirance sur le çprps décharné du Sauveur. On rencontra au contraire, en Italie» un grand n^mbr^ de croix stationales, sorties des écoles indigènes à la même époque^ oti le GbrisI tient les bras profondément tendiis et n'inelii»e que trèa^lé* gèrement les genoux.
. Les proportions trop courtes, attribuées en général aux figures représentées sur ces croix^ leur donnent un trait de ressemblaoce avec be^nr coup des sculptures contemporaines de Véeole de Pise ; et cependant, quoique les attribuant & des orfévreB italiens, nous leur trouvons 4'ailleurs beaucoup plus de rapports avec la maniée byzantine. Effectivement, elles n'annoncent aucune tendance à l'imitation de Tantique, trait plus propre qu'aucun autre à faire distinguer les œuvres de Nicolas de Pise de tout ce qui se faisait alors dans le reste de l'Europe.
Là, d'ailleurs, le mouvement que Ton appellera moderne est manifestement plus avancé que partout ailleurs : il ne serait pas vrai d'en conclure que la statuaire d0 nos cathédrales fût inférieure, au xm® siècle . h celle de l'Italie ; nous croyons même qu'elle lui était supérieure ; mais celle-ci, dans la fleur d'un nouveau règne, se développera dans ses descendants ; celle-là, arriv(3e à son apogée, verra décliner les qualités qui la distinguent. »
En peinture, si l'on compare les crucifix de nos verrières avec celui de Giunta de Pise, signé de lui et publié par H. Rosini ^, et ceux de Margaritone etdeÇimabue, on les trouvera à peu près également maigres et allongés, sans inflexions considérables des bras et du corps ; mais les nôtres ont infiniment plus de noblesse dans la tête. Au xiv« siècle, au coulraire, tandis que Giotto s'élève en Italie, nous déclinons, on peutledire trop à la lettre, dans c^s crucifix qui se plient à l'encontre de toute dignité. Celte tendance s'était produite, il faut l'ajouter, des deux côtés des Alpes, et dès le xui<^ siècle,, quoique sous des formes diverses : ainsi les Christs que nous mettons ici sous les yeux de nos lecteurs et celui du Crucifietnent sur le gaufrier du musée de Cluny^, plient sur leurs genoux., tandis que le Christ de Giunta fléchit sur ses hanches, dans le Crucifiement à fresque d'Assise, très-différent en cela du crucifix du même artiste dont nous venons de parler. Il semble que le peintre a voulu alternativement marcher à la