‹ Guide de l'art chrétien (volume 2)Chapitre 196 sur 216 · M.. T. KV, p · texte numérisé non relu

M.. T. KV, p

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le peintre archaïque, et Nicolas, le sculpteur que nous dirions plus avancé, offrent le même contraste ^

Les trois clous remportent complètement au xiv« siècle ; i( arrive un moment où Ton se demanderait s'il y eut même des exceptions. En des temps plus modernes, les quatre clous repamittuint 'qticlyiefois» par di's motifs qui ont peu de liaison probablement avec l'usage primitif. On les voit sur deux crucifix, l'un de Van Dyck^ l'autre de Yelasquez, que lady Eastlake a rapprochés, sans s'être proposé en rien, autant qu'on peut le croire, cette considération 2.

D'oii était venu le changement presque subit qui s'était opéré quant au mode de crucifiement ? S'était-on pris à croire, sur la foi de quelque document jusque-là ignoré ou de quelque révélation

particulière, que Notre-Seigneur n'avait été réellement attaché à la

croix qu'avec trois clous ^? Avait-on été mû, en se restreignant à ce nombre, par quoique raison mystique relative au nombre trois? S'était-on proposé le croisement des pieds comme d'un effet plus pittoresque? Ces divers motifs et d'autres encore peuvent avoir influé tour à tour sur l'a* doption du nouvel usage ou sur sa propagation. Quoi qu'il en soit, nous ne sommes aucunement en mesure de déterminer lequel d'entre eux eut le plus de poids dans la circonstance.

Pourrait-on,, du moins, résoudre aujourd'hui la question de fait, et dire avec quelque probabilité comment Notre-Seigneur fut effectivement attaché à la croix ? L'usage primitif des quatre clous doit peu peser dans la balauce, relativement à cette solution, ayant été détei*miné par des considérations toutes différentes, comme le revétissement complet, comme la position horizontale des bras. Au contraire, les peintres du xvii® siècle que iious avons cités, ont dû revenir à cet usage par la persuasion quil était le.plus conforme à la réalité : en effet, presque tous les écrivains qui ont traité historiquement de la question des clous adoptent le nombre quatre» à. commencer par saint Grégoire de Tours^ jusqu'à Curti^Holanus, Ayala et Benoit XIY, et ils croient également que les pieds ainsi attachés séparément étaient fixés sur un suppedaneum.

Là suppression du suppedaneum nous paraît avoir suivi l'adoption des trois clous; mais elle ne fut ni aussi rapide ni aussi générale. Giotto au xiv* siècle, le Beato Angelioo et jusqu'à André del Castagno au xv®, font

i. D'Agincourt, Peint., pi. cii, fig. 4, 7 ; Rosiai, Sioria délia pUt. UaL, T. 1, p. 68. Ann. «rGft.,T. XXVJ, p.181.

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