‹ Guide de l'art chrétien (volume 2)Chapitre 21 sur 216 · Bosio, Romasott., p · texte numérisé non relu

Bosio, Romasott., p

nement qui embrasse le corps entier, à la différence du nimbe qui n'embrasse que la tête : en conséquence, c'est à tort qu'avant de nous être rendu compte de cette distinction, nous avons fait peindre, il y a quelques années, dans une église rurale , le corps entier de la colombe dans un nimbe crucifère, et nous nous en accusons comme d*nne faute iconographique dont on ne trouverait peut-être pas d'autre exemple.

L'alpha et l'oméga, qui s'observent assez souvent, aux époques primitives, dans le nimbe crucifère, viennent fortifier l'expression de la pensée qui s'y attache ; c'est dans le même esprit que les Grecs se sont plu à y insérer ces mots : t «v, Yêire, et, aujourd'hui plus que jamais, les peintres du mont Atbos se montrent fidèles à cette pratique. M. Rosini a publié * une peinture Ferraraise du xv^ siècle, où le nimbe de l'Enfant Jésus porte ce mot : SlIM (pi. u, fig. 45), qui revient k 1'» m des Grecs. Dans le nimbe d'un Christ du xm^ siècle, publié par Gori^, d'après une- plaque en ivoire de Saint-Michel de Murano , près de Venise, on lit cet autre mot : REX, dont chaque lettre occupe une des branches de la croix. Dans une miniature des archives de la basilique de Saint-Pierre, à Rome , les trois initiales I. N. R. ont reçu la même disposition. Il serait facile de multiplier les exemples analogues^ et nous ferons observer, à cette occasion, que la sainte Vierge et les Saints ont aussi assez fréquemment été désignés ou honorés soit par leurs noms, soit par des titres inscrits dans leurs nimbes.

Le nimbe crucifère est tellement propre à la Divinité, qu'en principe il ne peut être transmis à aucun autre. M. l'abbé Crosnier a fait remarquer 3 qu'au portail de Saint-Sernin de Toulouse , on voyait le pauvre Lazare non-seulement entouré d'une auréole, attribut propre lui-même à la Divinité, quoique moins absolument, mais aussi avec le nimbe crucifère, lorsqu'il se présente à la porte du mauvais riche; nous croirions volontiers avec M. Crosnier que, dans cette circonstance, on a voulu, au moyen de ce nimbe, rendre précisément cette belle et touchante pensée : que le Sauveur s'identitie avec la personne du pauvre.

M. Didron a signalé diverses miniatures du moyen âge^, où certains personnages honorés du nimbe crucifère paraissent représenter ici David, là saint Pierre, ou plus généralement le prêtre à l'autel ; ces attributions

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