‹ Guide de l'art chrétien (volume 2)Chapitre 205 sur 216 · DU CHRIST TRIOMPHANT UM A SON ÉGLISK · texte numérisé non relu

DU CHRIST TRIOMPHANT UM A SON ÉGLISK

Dans les situations les plus solennelles, au point culminant des basiliques et sur les autres monuments où on la voit apparaître, l'image du Christ triomphant joue ordinairement un rôle dans un ensemble de composition : Jésus y parait comme un roi entouré de sa oour ; sa cour se compose des Anges et des Saints; les uns ou les antres sont choisis, suivant les circonstances, pour l'approcher de plus près, ils sont diversement rangés, et quelquefois mis en action autour de lui. La sainte Vierge . parmi toutes les créatures, a des droits exceptionnels à trouver place à ses côtés; il est rare cependant qu'elle y figure dans les compositions exprimant son triomphe, et nous ne nous en rappelons pas d'exemple qui soit manifestement antérieur au xui^' siècle. La raison en est qu'on se préoccupait moins de la dignité personnelle que de la pensée de rËglise : par cette considération» ce genre de préférence était accordé à saint Pierre et à saint Paul, ou, à leur défaut, à des Saints qui pouvaient jusqu'à un certain point leur être substitués dans le rôle de représentants de TEglisc, au point de vue du ministère ecclésiastique. A un autre point de vue, la sainte Vierge peut bien aussi, en quelque manière, représenter l'Église, en tant qu'elle est l'Orante, c'est-à-dire la femme, l'épouse par excellence; mais les besoins de la symétrie exigeraient qu'elle eût un pendant, et, ici, qui pourrait lui en servir? Quand il s'agira du Mystère de la Croix, on lui associera le disciple bien-aimé ; quand on voudra exprimer rexcellenoe de sa sainteté , le saint Précurseur lui sera opposé au poste d'honneur; les deux saints Jean pourront quelquefois se confondis, vu la corrélation de prérogatives semblables, et la pénétration des niémes idées de gloire et de salut dans toul<« les représentations chrétienne:^. Selon l'esprit qui inspire les anciennes compositions consacrées à la pensée du triomphe du Sauveur, il n'y a qu'une position centrale qui puisse être appropriée à la sainte Vierge, et pour l'occuper, il faut qu'elle tienne la place de son divin Fils , ou qu'elle soit placée au-dessous de lui, à moins que, Jésus étant enfant, elle lui soit associée le portant sur son sein, le plus précieux et le plus glorieux des trônes assurément; mais c'est là une image de la maternité divine, qui nous ferait sortir de notre sujet actuel. Il n'y a parmi les compositions où figure la

sainte Vierge., que celles où elle est placée au-dessous du Sauveur qui puissent nous y ramener : la mosaïque du vii^ siècle conservée dans l'oratoire de saint Venance nous en offre un exemple; nous y reviendrons, comme nous fournissant l'exemple aussi d'une association où les souvenirs de rAscension se mêlent à l'idée de la glorification permanente du Fils de Dieu. (T. I, pi. vu.)

Nous ff.Toni cependant observer, dès à pn'sent, que Notre-Seîgneur s'y montre entre deux An^es représentés comme ses acolytes immédiatr> saint Pierre et saint Paul étant au-dessous, de chaque côté de Marie: ces deux Anges, conformément à la pensée ci-dessus exprimée, rappellent ceux qui apparurent aux Apôtres, au moment de TAscension; mais cette pensée n'en exclut pas une autre plus générale. Les archanges Michel et Gabriel ont des titres spéciaux pour accompagner Notre-Seigneur, et ce que nous avons dit de leur rôle près de lui en parlant de la Croix et des siglcs XMr, Xpi0-r»f, MixanA, raCpinA, s'applique également, quant à la substance, au cycle du Christ triomphant. Les deux archanges sont di'^signés par leurs noms, michahel, GABRmsL *, dans la mosaïque absidiale de Saint- Michel, à Ravennc. L'arc triomphal de la même église offre une seconde figure du Sauveur dans la gloire, qui se rapporte à la première à peu près comme le feraient ces deux membres de phrase: — Jésus triomphe par sa croix, Jésus règne dans les cieux, — l'une de ces figures se tenant debout, une grande croix à la main, l'autre étant assise sur un trône, la main levée, selon l'ordinaire; or, celle-ci est elle-même accompagnée de neuf Anges, mais non pas tous au même titre, car, tandis que sept de ces esprits célestes sonnent de la trompette, pour célébrer le souverain roi, les deux autres se tiennent auprès de lui, comme ses premiers ministres, ministres angéliques, dirons-nous, car il a aussi ses premiers ministres parmi les hommes. Dans la mosaïque absidiale de Saint-Vital, aussi à Ravenne ^ et du vi» siècle, comme les précédentes, les deux Auges, dans lesquels on doit se croire autorisé à reconnaître encore saint Michel et saint Gabriel, remplissent exactemeilt le rôle que nous voyons ailleurs confié à saint Pierre et à saint Paul, chargés d'introduire près du Seigneur les patrons ou les donateurs du lieu, qui sont ici saint Vital, titulaire, et révéque Eclesius, comme fondateur de l'église. Il arrive plus souvent (]ue des Anges participent à la glorification du Sauveur^en soutenant une auréole ou un encadrement d'honneur au milieu duquel il est suspendu: cette disposition surtout est usitée 'pour représenter l'Ascension ; alors il ne parait pas que l'on doive reconnaître dans ce rôle aucun des chefs de

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