Ciampini, Vet. mon., T. II, pi. xvii. t. Ibid., pi. XIX
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la milice céleste; ou ne pourrait avoir de cloute» que relativement aux roonumcnU où ils ne sont que deux à le remplir : cela arrive lorsque la figure «lu divin triomphateur est seulement en buste, au lieu d'être en pied, comme on le voit dans la partie supiJrieure du diptyque de Rambona. Ctjtle image est de celles qui sont mises en rapport avec le crucifix pour ci'lélirer le cûtë glorieux du mystère accompli sur la croix; c'est plus souvent la croix elle-même qui e^t portée en IrJomphe aussi, ou seule,ou combinée avec le X initial du nom sacré; et avec cette disposition jointe aux proportions donnée:^ aux deux An^es, il peut sembler que leur ministère soit plus élevé, car il s'agit non plus seulement de porlttr l'encadrement glorieux , mais de dire du Sauveur exalté par leur moyen et signifié soit par l'image, soit par une sigle, soit par un emblème : Le voilà au plus haut des Cieux *.
Jéens Irioniphaiit éteié sur le firn>«oieDl (iv< (ièelc).
L'accompagnement des Anges signifie toujours, dans tous les cas, que Nolre-Sei^iieur désormais a éiabli dans les Cieux le siège de sa puissance,
1. Uuelqaefoii lei Ange* (pp«rticnnent manifeilemeiit ani chiBun dea Sjr*phin« ou de* Chërubina ; tel* sont cbuï qui acconipsgni-nt le Chritl Iriomi'h >nl sur l'ivoirs de Tuotillon. coDierié dans rabba}B de Saint-Gall, publia par M, Fonler (Jfanumend tte lailpture fAUtmagne, T. I, p. 13|, ix' siècle: leurs si* ailt^s le* fti ni reconnaître pour de* Séraphias. Ceut qui figurent sur un autre ivoire, putilii par Gori {Tha. vri. dypt.. T. III, pi. ïlUf, «ont expreisjmenidéiignés, au tnoyen d'une iiiicriplion, pour un SJrapUin el nn Chérubin.
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qui de là s*éieiid sur la terré. La même pensée est exprifuëe, quand on le voit reposer sur les nuages, comme dans la mosaïque de Saint-Gosmeei-Saint-Damien (T. I, pi. iv), ou émerger de leur sein, comme dans celle de Satnt-Venance^ou bien'encore quand il est assis sur un globe, comme dans celle de Sainl-Vital. Elle a été rendue d'une manière plus originale sur les deux sarcophages ou, le firmament étitnt personnifié, il repose sur un voile tendu par ces figures allégoriques.
Ailleurs, Notre-Seigneur est seulement assis sur un trône, posé debout sur une estrade , ou bien l'idée de son élévation est seulement marquée par la place qu'il occupe au faîte du monument. Quel que soit le procédé^ il faut toujours quelque chose qui réponde à ces mots : Ckrt'stus Rcx prœsideî attus, appliqués par Florus, diacre de l'Eglise de Lyon, à des peintures représentant le Christ triomphant.
Parmi les moyens employés pour exprimer l'élévation du Fils de Dieu, on ne saurait oublier la montagne : montagne par la signification, bien qu'il suffise , pour la représenter, d'un faible monticule ; montagne dont découlent les quatre fleuves évangéliques, et qui est une figure de l'Église. Or, nous remarquons, par exemple, dans la mosaïque de Saint- Cosme-et-Saint-Damien , que Notre-Seigneur en personne reposant, comme nous l'avons dit, sur les nuées du Ciel, l'Agneau qui le représente dans la rangée inférieure de la composition, repose sur la montagne (T. I, pi. IV, et ci-dessus, pi. xx), de telle sorte qu'on doit comprendre cotnment,dans la réalité, il est tout à la fois exalté au plus haut des Cieux et à la portée de ses brebis sur les cimes de son Église. Ailleurs, c'est en personne qu'il s'appuie sur ce monticule sacré ; ailleurs encore la montagne se change en édifice.
De même que Notre*Seigneur est diversement représenté dans un même ensemble de compositions, pour mieux dire tous ses titres, toutes ses prérogatives, l'Église aussi se montre en rapport avec lui sous différents aspects : c'est pour la représenter que les Apdtres, — soit tout le collège apostolique au nombre de douze, soit les deux chefs seulement de la hiérarchie sacrée, saint Pierre et saint Paul ,— participent ordinairement et concourent à son triomphe.
Viennent ensuite les patrons particuliers, dans les mosaïques absidiales où leur patronage s'applique à un édifice public, mais non pas sur les attU'es monuments, où, selon nos idées modernes, il s'étendrait à des personnes privées, sur les sarcophages, par exemple, à ceux qui devaient y être ensevelis : l'esprit de l'antiquité chrétienne ne se serait pas prêté h une particularisation semblable. Comme patrons d*une église , d'une certaine communauté de fidèlïBs , les Saints représentés 1-e
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sont encore, jusqu'à certain point, à titre général : cette enceinte et rassemblée qui pouvait s'y réunir étant l'abrégé et l'image deTÉglise entière. Les Saints, d'ailleurs, représentés dans un pareil rôle, se rattachent à l'idée de l'Église triomphante ; c'est pourquoi ils portent ordinairement des couronnes. Ces couronnes, ils pourraient les recevoir du Sauveur ; mais alors on reviendrait, par rapport à eux et sous une autre forme, à un ordre d'idées plus personnel que ne le comporte ôrdioairement l'esprit de ces compositions; en les lui offrant, ils témoignent que l'honneur lui en revient^ et ils ajoutent un trait de plus à sa propre glorification. Dans la mosaïque de Sainte-Pudentienne, la Sainte titulaire et sainte Praxède sa sœur font un mouvement comme pour déposer leurs couronnes sur la tête de leur divin Maître; plus habituellement , les Saints titulaires tiennent avec respect les couronnes sur les pans de leur manteau, et s'approchent pour les présenter au Fils de Dieu : alors on attribue volontiers aux premiers ministres du Seigneur, — saint Pierre et saint Paul, dans le plus grand nombre des cas, saint Michel et saint Gabriel, dans la mosaïque de Saint- Vital de Ravenne, — le soin de les introduire jusqu'à lui ; et les fondateurs des monuments sont traités avec la même distinction que leurs patrons, avec cette différence qu'ils portent, en guise de couronne, l'image de l'édifice qu'ils ont fait construire, et qu'ils ne portent pas le nimbe circulaire de la sainteté consotiim/e dans la gloire, mais tout au plus le nimbe carré, insigne de la dignité dont ils jouissent encore en ce monde *.
Les saints patrons venant se ranger à la suite de saint Pierre et de saint Paul, le surplus des Apôtres n'y trouvent plus la place qu'ils devraient occuper. On a tout accordé dans la mosaïque de Sainte-Pudentienne, au moyen de l'agencement pittoresque qui l'a fait longtemps juger plus moderne, tandis qu'il est, au contraire, l'indice d'une époque primitive, où la gravité plus rigide de l'art byzantin n'avait pas encore pris le dessus. Alors on s'y est pris autrement, quand on a voulu que les Apôtres, dans la plénitude de leur nombre sacré de douze, vinssent prendre part à cette glorification solennelle. On les a représentés, dans la partie inférieure de la composition, sous figures de brebis; ces douze brebis peuvent, il est vrai, représenter aussi l'universalité du peuple fidèle^ figuré par les douze tribus d'Israël ; mais une idée n'exclut pas l'atlflre.
Nous avons parié précédemment des deux fidèles, des deuK cités, du palmier, du phénix, de.la main divine, qui viennent concourir à la glorification du Sauveur, en disant ou ce qu'il en est de lui, ou ce qu'on peut
1. Dans la mosaïque de Sainte-Cécile, à Rome, ce ne sont plus les Apôtres qui présentent les saints patrons, mais sainte Cécile ou -sliinte Agathe <pii présente le foadaiie.iv. Pascal H.
430 GUIDE DR l'art chrétien.
attendre de lui. Comjnent mieux le glorifier, en effet, qu'en rappelant tout ce qui découle de lui pour l'édification de son Église et la sanctification de ses fidèles : ces eaux qui tout à la fois lavent et purifient, et vont porter la fécondité de la doctrine évangélique jusqu'aux extrénaités de la terre ; cette loi d'amour et de grâce qui nous est donnée toujours, soit que le livre où elle est contenue demeure dans la main du Sauveur, soit qu'il le dépose dans celle de son vicaire; cette paix qu'il est venu apporter au monde, et qui est désormais scellée du double sceau de son sang et de son éternelle puissance ?