‹ Guide de l'art chrétien (volume 2)Chapitre 209 sur 216 · Matth., xxviii · texte numérisé non relu

Matth., xxviii

Mais de la première, et c'est là ce qui lui donne le plus d'importance à notre point de vue actuel, viennent Ta et Ya^si usités pour accompagner et caractériser nos images; saint Jean ne dit pas qu'ils aient paru inscrits à côté du Sauveur, mais il lui entend, prononcer ces mots : Ego sum Alpha et Oméga, principium et finis: qui est^ et qui eraty et qui venturtis est, omnipotens : <c Je suis l* Alpha et l'Oméga^ le commencement et la fin, celui qui est, qui était, et qui doit venir, le Tout-Puissant ». Pour transporter de pareilles pensées dans l'iconographie, il fallait se servir.de ces sigles; leur magnifique signiûcation est ainsi déterminée, et l'on peut dire qu'elle s'étend à toutes les images du Christ triomphant : observation qui doit de plus en plus en faire ressortir la valeur.

La description de la seconde vision commence avec le chapitre IV du livre sacré. Saint Jean volt une porte ouverte dans le ciel, il y est transporté en esprit, et il y voit un trône, et sur ce trône quelqu'un d'assis : Sedesposita erat in cœlo^ et supra sedem sedens; par respect, il ne le nomme pas, mais on comprend que c'est Dieu le Père ; il ne dit pas non plus, comme nous l'avons fait remarquer précédemment , qu'il lui voit des formes, il ne parle que de couleurs comparées à des pierreries de l'éclat le plus prodigieux. C'est autour de lui que brillent les sept lampes,que sont assis les vingt-quatre vieillards, que se rangent les quatre animaux. L'Agneau représentant le Fils ne parait qu'au chapitre suivant, avec le livre qu'il est appelé à ouvrir. On se le représente au-devant du trône, couché d'abord, entouré lui-même des sept lampes, des vingt-quatre vieillards, des quatre animaux ; quant à ses sept cornes et à ses sept yeux, ce sont de ces images rapides, impossibles à fixer d'une manière convenable par les procédés de l'iconographie. Nous nous attachons seulement à ce qui a pu être représenté, et seulement ici à ce qui a été mis en œuvre dans nos compositions ou dans des compositions subordonnées : tel est TAgneau , représenté dans des termes plus ou moins commémoratifs de son immolation; tels sont les vingt-quatre vieillards, les quatres animaux. L'Agneau, bien quç, à demi-couché sur le trône ou sur l'autel , il puisse rappeler ces mots du texte sacré : tanquam ocmum ^ revient au cycle du Christ triomphant, tout-aussi bien que debout sur la montagne, en raison même des idées de solution victorieuse, fortement exprimées par la totalité de son rôle dans le livre prophétique ; et nous voyons que ces deux aspects

qui iunt septem spiritus Dei (ch. iv» 5), tandis que les candélabres sont les sept églises : et candeUtbra septem, septem eeeluiœ sunt (cap. i, 20). Dans les représentations iconographiques, ces différentes images ont pu cependant se confondre, par la raison qu'on a voulu tirer de TÂpocalypse des moyens de glorification, pluK^t qu'en représenter les risioos à la lettre.

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