Bulletin ^Arch. chrét., 1863, p
ce saint Pape et à Gharlemagne (pi. m, fig. 13), alors vivants ; tandis que saint Sylvestre, ou plutôt, à notre avis, saint Pierre, qui, à l'opposé de Constantin, reçoit les clefs, porte le nimbe circulaire.
Le nimbe quadrangulaire, d'ailleurs, ne s'applique pas uniquement à des figures d'une personnalité bien déterminée. Dans les miniatures d'un Pontifical du ix"" siècle, conservé à la Bibliothèque du Vatican ^, l'évéque porte constamment ce signe iconographique (pi. lu, fig. 15) ; il en est de même du diacre officiant (pi. ui, fig. 16) et de l'évéque qui préside & la cérémonie, dans la bénédiction du cierge pascal , sur un ExtUtet da xi« siècle, que d'Agincourt possédait dans sa propre collection * ; il nous semble aussi reconnaître le nimbe quadrangulaire sur une autre figure de cet ExulM^ que nous prenons pour la figure allégorique de l'Eglise. Assise sur le temple matériel qui porte son nom , et entourée de cierges allumés, elle correspond à ces mots : Et nox iieut diei illuminaàitur^ et nox illumxnatio mea; par delà la tablette à laquelle sa tête est immédiatement adossée, il règne un autre grand nimbe circalaire.Il est probable que l'auteur de ces peintures,auteur connu, car il les a signées Jean Eposius, s'est proposé d*exprimer en même temps et la sainteté de l'Eglise par ce nimbe circulaire, et la dignité du ministère ecclésiastique par le nimbe quadrangulaire ; et ce qui tend de plus à le prouver, c'est qu'étant prêtre lui-même, il s*est attribué cet insigne, dans une petite figure où il s'est représenté prosterné aux pieds de saint Pierre.
Si l'on s'en rapportait uniquement à Guillaume Durand, il faudrait dire que, par le nimbe quadrangulaire, on a voulu exprimer les vertus cardinales qui fleurissent dans le prélat ou dans le Saint eaœve vivant : Cum vero aliçuis prœlatus aut sanctus vivens pingitur^ non in formam scuti rotundi sed quadrati, corona ipsa depingitur^ tU quatuor cardinalibus rirtutibus vigere monstretur ^. Alemani adopte cette explication ^ mais non pas jusqu'à prétendre qu'il soit indispensable de considérer comme vivant à l'époque de la représentation, tout personnage ainsi caractérisé, car il s'agit pour lui précisément d'expliquer la figure de Constadtin, dont nous venons de parler; il admet seulement, à cet égard, un usage plus ordinaire, usage devenu, selon nous, absolu, quand le personnage est un Saint qui, canoniquement reconnu comme tel, aurait droit au nimbe
circulaire.
Quant à la signification du nimbe quadrangulaire comme exprimant
i. D^Agiaconrt, T. VI, Peinture, pi. xxxvii, xxxviir. 1 IHd,, pi. uu, uv.