Icon. ehrét. de Dieu, p
2. Un exemple de ce rayonnement cruciforme en losange, donné par une miniature du
« exprime les trois Personnes de la sainte Trinité, sans en désigner une en t particulier. Il n'y a que depuis le xve siècle, qu'on a, à tort, onployé a quelquefois cet ornement pour désigner Dieu le Père <. » Il tombe, en effets sous le sens, que le triangle exprimant la Trinité, ne peut légitimement être appliqué à aucune Personne divine prise en particulier- Il conviendrait parfaitement à ces monstrueuses figures à trois visages sur une seule téte^ dont il se rencontre des exemples, mais qui ont toujours été condamnées par l'autorité ecclésiastique ^.
Nous ne nous arrêtons pas k cette pensée : que le nimbe en triangle aurait pu dériver du nimbe en losange, dont il serait considéré comme une section, et par une filiation plus éloignée, en conséquence, ou du rayonnement de la tète ou même de l'altération du nimbe crucifère; parce que, s'il est arrivé que cette pensée se soit produite, elle a été bientôt absorbée par le fait bien plus général de la. signification attachée au triangle, et c'est cette signification qui domine le sujet.
Quant au nimbe bi-triangulaire, il est particulier aux Grecs, et probablement aux Grecs modernes, car l'immobilité qui caractérise l'art grec est relative, et il ne faut pas croire qu'elle ait été portée à ce point qu'il ne s'y soit introduit à la longue d'importantes modifications iconographiques : il serait facile de multiplier les preuves de ces modifications. L'art grec marche , mais sa marche est lente' et son pas est pesant ; il n'a quede faibles écarts, p^rce qu'il a peu de vie. Chez nous, la vie surabonde : mais aussi, quand nous prenons la mauvaise voie, nous nous éloignons bien plus de la bonne ; et c'est ainsi que nous nous sommes précipités dans le naturalisme, dont nous aurons maintenant à étudier plus expressément l'effet, relativement à l'altération, puis à l'abandon du nimbe que nous travaillons à faire revivre.
iTPiiècIe, a été snccessifement publié ou répété par MM. Didron, !c. ehrit, de Dieu, p. 36, fig. 1; Tabbé Grosnîer, Icon, ehrit.^ p. 65, fig. 7 ; Tabbé J. Côrblet , Manuel d^arch., p.^ 353. Un tableaa d*éeole flamande Au xv« siècle, an musée da Louvre (n. 596) , représentant les Nœet de Cona, le montre sur la tête de la sainte Vierge, tandis que sur la tête de Jésos, ornée d'un rayonnement analogue, des faisceaux de rayons intermédiaires se prolongent entre les aigrettes principales : moyen dont s'est serTi Tartistepour dire qu'une plus vive lumière doit distinguer le Fils de la Mère. L'auteur de ces Études possède l'acte de profession, sur vélb, d'one religieuse de l'Ordre des Jésuates et du monastère de la Trinité de Bologne (1710), oè, parmi les miniatures, l'on remarque, dans une représentation de la sainte Trinité, le triangle attribué en gnise de nimbe à Dieu le Père, et le rayonnement en losange sur la tête de Dieu le Fils.