‹ Guide de l'art chrétien (volume 2)Chapitre 33 sur 216 · ÉTUDE II · texte numérisé non relu

ÉTUDE II

DBS EMBLEMES EN GENERAL.

Les figures et les emblèmes sont de l'essence du langage humain : le parler le plus familier a ses métaphores comme le plus haut style. Il n*est pas une mère qui, dans l'expression de sa tendresse, se contente toujours d'appeler son enfant: amon enfant»; c'est un besoin pour elle de trouver un terme plus expressif que le mot ordinaire. Tout nom lui sera bon, qu'il soit pris dans la nature animée ou inanimée, pourvu qu'il rappelle quel que petit être sensible à des caresses , quelque chose qui ait de la grâce , qui soit précieux et dans son innocence et dans sa fraîcheur matinale : ce cher objet de sa tendresse sera tour à tour son agneau , son muguet , son bijou.

Dans cette poésie native, qui n'attend pas, pour s'épanrher, les règles de la pix)50die, toute jeune fille sera une fleur, tout ce qui croît sera une plante, tout ce qui se rencontre a la t'ois de solide et de brillant dans le cœur humain sera de l'or; et, parmi les hommes, on comptera des aigles et des lions, mais aussi, hélas 1 des renards, des vautours et des tigres.

Quels moyens d'expression pouvaient passer plus naturellement de la langue parlée dans la langue figurée , que ces figures de langage? Dans l'art antique, l'aigle était l'oiseau de Jupiter; l'égide, avec ses serpents sur la tête de la Gorgone,se posait sur la poitrine de Minerve, et le caducée avait aussi les siens dans la main de Mercure. Ces signes , ces emblèmes , ces attributs, ces symboles ont leur fondement ou dans les qualités essentielles des choses, ou dans les idées qu'on y rapporte par comparaison, ou dans des circonstances de fait qu'elles servent à rappeler. Tout dans les œuvres de Dieu et dans celles de l'homme peut ainsi tirer de son fond, de saforme, de ses usages, de soa histoire, des titres pour recevoir une signification qui

une fois admise dans un ordre d'expressions, trouve un accès ft'acile pour pénétrer dans tous les autres.

La Sainte Écriture est plus particulièrement riche en figures de langage ; et, dans le cadre limité où le danger de l'idolâtrie avait obligé de renrermer les arts figurés chez le peuple de Dieu , les figures emblématiques tenaient une place prépondérante : qu'on en ju^e par les chérubins de l'arche et leurs ailes; par ces autres figures de chérubins qui étaient multipliées tout autour du temple* ; àllntérieur, par celles qui, avec des lions et des bœufs,ornaient les dix bases qui soutenaient autant de cuves >; par les figures de lions du trône de Salomon ^.

Lorsque les promesses de l'ancienne loi furent réalisées , les expressions figurées prirent une importance assez grande dans i'Église, pour que quelques-uns de ces éminents docteurs que nous appelons ses Pères, se déterminassent à les recueillir dans leurs écrits: telle est la clef de saintMéliton, éditée par le cardinal Pitra *. De nos jours, Mï^ de la Bouillerie, évêquedeCarcassonne^a su particulièrement sentir le charme de ce symbolisme qui tire tant de bonnes pensées de toutes les choses de. la nature, et faire son œuvre de les exposer ^; H. l'abbé Auber vient de publier son grand ouvrage^ où il embrasse l'histoire entière et la théorie du sym-

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