‹ Guide de l'art chrétien (volume 2)Chapitre 34 sur 216 · Éluéet tur k tymboUsme de la nature · texte numérisé non relu

Éluéet tur k tymboUsme de la nature

6. Histoire et théorie du Symholume religieux, i vol. in-S». Paris et Poitiers, 1872. — Cet important ouvrage nous est parvenu comme nous rédigions les matières de notre troisième partie, c'est-à-dire lorsque nous avions déjà mis dans l'état où nous les livrons à nos lectears, les deux premières, celles où nous nous rencontrons le plus souvent sur les terrains parcourus parallèlement par notre savant confrère de la Société des Antiquaires de TOuest. Devioas-oous remanier nos Études pour nous appuyer de lui là où nous nous accordons, pour les développer là où il nous apporte de nouvelles lumières, pour discuter là où Ton verrait apparaître quelque divergence d'opinion? Généralement nous ne l'avons pas pensé. Plu» on saura nos travaux indépendants les uns des autres, quoique voisins et amis à tant d'égards, plus ils pourront se prêter un mutuel appui sur les points essentiels. Quant à un accord parfait, il faudrait, pour l'obtenir, poursuivre de part et d'autre nos études dans les directions et soiis les points de vues souvent différents, où, le champ étant si vaste, nous avons diverseraeut porté nos efforts. Or, pour le bien faire, en ce qui nous concerne personoellement, nous sentons que le temps et les forces nous manquent. Ainsi nous reconnaissons facilement que M. l'abbé Auber a plus étudié que nous toute une partie de l'iconographie du xn* siècle, qui revient surtout à la représentation des Vices et des Vertus, à l'antagonisme du bien et du mal. Nous n'avons pu 8ulfisamm<)nt approfondir la question pour nous rendre

bolisme L'art chrétien devait d'autant moins négliger un moyen si naturel de se faire entendre, que nul autre ne répondait mieux au double besoin où il s'était trouvé à son début, de chercher à voiler son langage aux yeux des profanes, tout en disant beaucoup aux fidèles.

L'on sait combien la physionomie de l'art différait alors non-seulement de ce qu'elle est dans les temps modernes, mais de ce qu'elle était au moyen âge : alors les faits l'occupaient plus que les personnes^, les idées plus que les faits; les emblèmes et les symboles usités au sein de l'Eglise primitive participent largement de cette disposition générale des esprits. Le point de vue où s'est placé le R. P. Cahier, en écrivant son savant ouvrage des Caractéristiques des Saints^ y trouverait peu son application ; ce n'est guère qu'au xin* siècle que s'est répandu l'usage de caractériser les Saints par des attributs personnels ; plus anciennement, outre que les exemples analogues sont rares, on observera que des attributs, alors même qu'ils sont appropriés à une personne au point de la désigner habituellement, conservent un caractère de généralité qui se retrouve dans le motif de la représentation tout entière.

Le premier qui ait reçu une semblable distinction, d'une manière continue, est certainement saint Pierre : pourquoi? parce que l'on considère en lui le chef de l'Église. Le plus ancien attribut qu'on lui assigne ainsi, est la croix : non la croix renversée de son propre martyre, mais la croix gemmée de la Rédemption, la croix qui résume tous les moyens de salut dont il a reçu le dépôt. Saint Pierre est le Moïse de la nouvelle toi. Vers le même temps on voit, en conséquence, sur divers sarcophages, la verge de Moïse entre ses mains, avec une fixité qui lui donnerait le caractère d'un attribut personnel, si, par la nature même de cet attribut , on ne voyait que la personne de l'Apôtre doit s'effacer devant la pensée de son ministère. La tonsure cléricale, les clefs qui se fixent sur sa tète ou entre ses mains, un peu plus tard, avec plus de généralité, participent du même genre d'interprétation ^ et le dernier de ces attributs , s'il s'est particularisé à l'égal de tous ceux qui sont employés comme signes distinctifs des autres Apôtres et de la plupart des Saints, le doit à l'esprit même qui a déterminé leur expansion.

S'il était un autre Saint qui eût reçu, dans l'antiquité chrétienne, un

à tout ses jagemenU , mais noos serions disposé à adoucir la sévérité de quelques-uns des nAlres, en ce qui concerne spécialement les figures qui ornent les modillonsde cette époque. Nous admettions, nous admettrons un peu plus, que la direction venue d*en haut, quant à remploi de cette branche du symbolisme, était bonne; nous jugions qu*en bas elle engendrait des abus : 'nous croirons qu*il y en avait un peu moins. Nous ne mettons aucunemeot en doute la valeur ot Textension du symbolisme dans Tart chrétien : seulement les applications en sont trop variées pour n*6tre pas quelquefois discutables.

aUribut fixe et dislînctif, ce serait saint Laurent : il porte lui-méaie liabi* tuellement la croix, et son gril se montre quelquefois à côié de lui. Saint Laurent était devenu, à Rome, comme le type du martyre. On ne contestait pas à saint Etienne son rang dans la glorieuse phalange oii il a le pre^ mier combattu, et ce fut toujours un honneur pour saint Laurent de venir immédiatement après lui, quand ils sont associés ; volontiers on Ta fait pour les honorer tous les deux l'un par l'autre. Mais, à Rome, saint Laurent était le Saint du lieu et comme l'un des patrons de la cité : de là, une disposition à le traiter d'une manière analogue dans toute l'Église latine ; de là aussi, non seulen^ent un motif pour le représenter plus souvent, mais aussi pour le mieux caractériser. Et dans la manière de le faire, il est permis d'apercevoir tout à la fois : quant à l'attributioa de la croix , signe général, en ce cas^de la participation à la passion du Sauveur, l'esprit de généralisation propre à ces époques ; et quant à l'instrument spécial du martyre , un commencement * de la tendance à particulariser, qui se développera dans la suite. Le moment d'ailleurs n'est pas venu d'analyser les autres données iconographiques au moyen desquelles on peut reconnaître le saint Diacre; il ne s'agit ici que de déterminer les exceptions à cette règle : que l'usage des attributs caractéristiques pour désigner les Saints n'a pris de l'extension qu'au xiii® siècle.

L'on observera encore qu'aucune de ces exceptions même ne remonte plus haut que le iv® siècle, et nous allons voir quelles sont la nature et la valeur des signes et des emblèmes pourtant si multipliés dans l'art chrétien primitif.

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