De Rossi, BulUHn d'Arch. chrét., 1864, p
cription où deux colombes, tournées vers le monogramme du Christ, étaient désignées par les noms des chrétiennes qu'elle représentaient , Vmtra et Sabbazia. Ces deux colombes portent chacune la branche d'olivier, le symbole de la paix ; de sorte que cette composition hiéroglyphique doit se traduire par ces mots : « Les âmes de Venera et de Sabbaxia dans la paix du Christ*, t
La colombe portant la branche d'olivier est directement un souvenir de l'histoire de Noé , exprimée d'une manière plus abrégée encore que dans la représentation , si élémentaire elle-même, où le saint patriarche accaeille l'oiseau fidèle: une de celles, on le sait, qui joue un rôle important dans l'iconographie primitive. Sur l'inscription de Faustinien, la colombe portant la branche d'olivier ne représente pas le fidèle, puisque c'est la brebis qui remplit cet ofiice, elle lui apporte la paix ; d'un autre côté, la branche d'olivier n'exclut pas la pensée de l'Esprit-Saint, puisqQ'au contraire c'est J'olivier qui fournit la matière du sacrement de confirmation, par lequel le chrétien jceçoit cet Esprit sanctificateur. En effet, sar l'inscription de Cherchell où le Saint-Esprit est certainement représenté, on voit la branche d'olivier au-dessus de la colombe. Quand la colombe représente l'âme fidèle et qu'elle porte cette branche, c'est pour dire qu'elle possède la paix ; dans beaucoup d'autres cas, la paix lui est apportée; ici il s'agit plutôt des grâces de la vie présente, là du bonheur de la vie future. Les images de la brebis et de la colombe semblent bien appropriées à l'une et à l'autre de ces situations :«aussi , tandis que nous avons vu les premières exprimées par deux brebis en présence du vase sacré, celles-là viennent à leur tour, représentées par deux colombes dans une situation analogue , et les deux compositions se correspondent dans la crypte de Saiute-Lucine'.
Une partie de la peinture ayant disparu , on ne sait que par analogie quel objet était représenté entre les deux colombes ; la pensée dont lious parlons est exprimée incontestablement, lorsqu'une couronne est figurée au milieu d'elles, comme lorsqu'une seule colombe porte la couronne dans
i. De Rossi, BulUHn d^Arch., 186i, p. p.
Nous reproduisons la face de l'autel de Vaison (Vaucluse), publiée dans la Revue de VArt ^Mkn^ juillet 1861, par M. le vicomte de Saint-Andéol, et qui offre une disposition analogne, dans un monument, selon toute apparence, du vi« sièele environ. On remarquera que ^9ipha et ï<méga y accompagnent le monogramme sacré , ce qui ne 8*observe pas dans les CaUeombes.
1 De Rossi, AotiMsoi/., T. I, pi. xii, reproduite dans notre T. I, pi. Uf, fig. 5. La colombe empruntée au même ouvrage , posée sur une branche fleurie , que nous reproduisons aussi, id. ig. 8, semble avoir la même signification.
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son bec^. Mais une ou deux colombes, avec un vase, se rapportent plus naturelleme»t au mystère eucharistique ^ : la chose est hors de doute quand du vase s'échappent des branches de vigne auxquelles sont suspendus des raisins ^; il arrive aussi que le vase disparait et qu'il ne reste plus que la grappe de raisin ^. On voit encore les colombes en présence d'un arbre; plus tard, on les verra posées sur. les branches de la croix. On comprend qu'entré dans de semblables voies, on ait varié en mille manières les combinaisons, avec les variétés de sens.
L'oiseau des monuments chrétiens primitifs n'est pas toujours une colombe : il peut être pris quelquefois pour un oiseau en général, et il est permis de croire,avec M. de Rossi,sur des données très-vraisemblables, qu'il représente quelquefois le phénix. Sainte Cécile, en effet, le fit graver sur le tombeau de saint Maxime, après avoir employé cet emblème pour expliquer la Résurrection^. Sur l'architrave de l'ancienne porte de la basilique de Saint-Paul, on voit un oiseau au-dessus duquel on lit le mot FENix, et ce phénix porte lui-même un rameau dans son bec; le rameau alors n'est plus une branche d'olivier^ mais une palme ^: c'est le triomphe, la résurrection qui sont ainsi représentés. Il est souvent difScile, vu la manière rudimentaire dont sont tracés ces emblèmes, de distinguer si on a voulu représenter une palme ou un rameau d'olivier. Nous reviendrons sur l'association du palmier et du phénix, comme appartenant plutôt à la période suivante,qui fut en effet celle du triomphe. Nous pourrions encore nous étendre sur d'autres emblèmes fréquemment emplcfrés dans celle-ci : le vase signifiant à son tour le fidèle , ou contenant le breuvage céleste destiné à celui-ci ; la barque ou le navire sur lequel il doit accomplir son passage, et qui représente l'Ëglise 7. En voilà assez pour voir quel est le caractère des emblèmes dans la première période de l'art chrétien et la manière de les employer. C'est évidemment faute d'une suffisante connaissance de cette période, que des archéologues très-versés
i. Bosio, -p. 606; Arringhi, Roma subt.t édit. Paris, L. VI, cap. XLix, lit. ii, p. 369; de Rossi, Roma soU.y T. II. ta?, xxvii, xxix. — Voir aussi noire T. I, pi. m, fig. 7.
2. fiosio, p. 105; Boldelli, p. 366, 372, 374 ; Marangoni, Actasancti Viclorini, p. 98, 103 ; de Rossi, RomasoU., T. H, p. LViii. ,