KPeIr., v, 4 ; Apocal., i
8 GUIDE D£ l'art CHRÉTIEN.
insiste beaucoup pour faire remonter au moins une grande partie de ces monuments à Tère des martyrs , en ayant observé quelques-uns sur lesquels il a cru reconnaître des taches de sang* ; mais il ne dit pas expressément si ceux-là mêmes otfraient des exemples du nimbe , et on regarde aujourd'hui comme plus probable que ces verres, servant aux agapes , furent çmployés dans leur intégrité pour ces fêtes religieuses ou semireligieuses, tant qu'elles ne furent pas définitivement interdites, et comme signes tumulaires , pendant la même période , dans l'état où nous les voyons : de sorte qu'on ne peut en tirer aucune induction capable de trancher la question de l'antiquité du nimbe chrétien» au delà de l'époque assignée.
Au IV® siècle même, si M. de Rossi n'était venu à notre aide,. il nous eût été difficile d'en citer sûrement des exemples, comme appartenant à ce siècle. La pierre sépulcrale découverte par Marangoni, et représentant le don du volume gravé au trait, nous parait y remonter; mais nous n'en avons pas la certitude. Grâce au Bulletin d Archéologie chrétienne^ nous nous appuyons avec plus de confiance, pour constater cette antiquité du nimbe , sur les peintures du cimetière de Prétextât, représentant la prédiction du reniement de saint Pierre, et le Christ entouré des vierges sages et des vierges folles >; sur cette ancienne mosaïque de l'église de Sainte-Pudentienne, représentant saint Piorre entre deu|L brebis, dont Ciaconius a conservé un dessin, et sur les peintures du cimetière de Domitille , dont Marangoni a donné une mauvaise gravure 3.
D'ailleurs , le nimbe est si bien en possession du terrain au v® siècle, que, fût-on réduit aux seules données de cette époque, on croirait difficilement que son introduction y fût nouvelle. Le Christ et l'agneau [pi. II, fig. 4) le portent dans la peinture du cimetière des saints Marcellin et Pierre , publiée dans les Annales archéologiques^^ de même que sur la pierre de Marangoni ; il règne dans les mosaïques de Rome et de Ravenne, classées par Ciampini ^ , de 400 à 472 ; et s'il en est quelquesunes des premières dont l'on pourrait contester l'autorité , à raison des réparations dont elles ont été l'objet, les secondes sont demeurées généralement intactes; nous ne ferions d'exception que pour celle de l'ancienne église de Sainte- Agathe, la seule que nous n'ayons pu observer de