Ciampini, Vei, mon., T. II, pi. xxxv
S. CiampiDï, Vei, mon., T. II, pi. XLvni; Fonlana, Chieta de Roma, T. II, pi. xtui.
3. Ciampioi, Yet. mon., T. II, pi. xxii, xxv ; Labarte, Art$ industriels, T. 11,
pl. cxvni.
*. Ciampini, Vei. mon., T. H, pl. xxvii.
5. Severano, Hist. deUe Chiese di Roma, in-8«, 1675, p. 5U; Ciampini, Vet. mon., T. Il, pl. XL.
76 GUIDE DE l'aBT CHRÉTIEN.
Jésus-Ghrist est le Roi des rois aussi bien que le Vainqueur des yain-« queurs : il a droit à tous les genres de couronne, et la couronne royale lui a été souvent posée sur la tête alors même qu'il est attaché sur la croix; mais ce ne fut qu'aux approches du xu^^ siècle que cet usage se répandit. Nous ne parlons pas encore de la tiare pontificale qui ne lui fut attribuée que plus tard.
Marie aussi est reine, la Reine par excellence, et la couronne lui a été attribuée avec plus de continuité qu'à son divin Fils. Ce ne fut néanmoins que tardivement qu'on Ijni rendit cette sorte d'honneur, et la peinture de l'antique basilique de Saint-Clémeut, à Rome, est peut-être le plus ancien exemple que Ton en connaisse. La sainte Vierge est accon^pagnée des deux figures de sainte Catherine et de sainte Euphémie, dont nous avons parlé, et porte le stemma avec ces pendants de perles nommés cataseista^ d'une manière équivalente à la coiffure de l'impératrice Tbéodora dans la mosaïque de Saint'Vital, à Ravenne. Nous ne pensons pas que cette peinture soit plus ancienne que le vin^ siècle, et l'on ne peut pas dire que l'exemple ainsi donné ait été dès lors généralement suivi. Ne serait-ce pas que le voile étendu sur la tête de Marie, emblème de sa chasteté virginale, parut pendant longtemps préférable à tout insigne de dignité ? Les têtes des autres vierges pouvaient être couronnées pour honorer la virginité, non pour la signifier; la Vierge des vierges n'avait pas besoin de recevoir d'autres parures que le signe de sa chasteté même. Nous expliquerions ainsi comment, dans la chapelle Saint-Zénon à Sainte- Praxède, au-dessus des huit vierges couronnées dont nous avons parlé, elle soit la seule qui, sur la tête, ne porte que son voile. Ce n'est pas que, dans l'antiquité la plus primitive, où la couronne n'apparaissait encore sur aucune tête, elle ait toujours le voile, et un voile étendu avec la même simplicité. Nous essaierons, dansl'étude suivante, de dire un peu pourquoi et comment ces différences ont pu se produire, en rattachant la question du voile à celle de la nudité de la tête dans l'art chrétien.