‹ Guide de l'art chrétien (volume 2)Chapitre 49 sur 216 · Philip., Il · texte numérisé non relu

Philip., Il

DBS SIGNES STHBOUQUES RN GÉNÉRAL. 87

profondes. D'ailleurs, que ce soit l'Eglise ou la sainte Vierge que Ton monnaisseen pareille circoostauce, le livre aura toujours la même signification : il exprime l'Evangile et l'œuvre du salut tout entière, à laquelle* Marie a pleineçaent coopéré ^. Marie ayant été ensuite plus généralement Teprésentée avec son divin Fils, c'est à lui que l'on attribue le livre sacré, dans iegronpequ'ils forment ensemble. Il ne nous revient pasensuited'exemples où il lui soit attribué avant le moyen Age; alors on le lui voit dans pIosiearsilnfiofu?ta^tofif duxiii® siècle : ainsi, dans les vitraux deBourges^ dans les bas-reliefs intérieurs de la Vierge ouvrante, au Louvre. Il est probable, vu tout ce qui subsiste d'esprit primitif encore dans ces monuments, que ce livre est celui des Prophéties, ou plutôt de l'Ecriture en général, en tant qoCelle les contient et qu'elles vont recevoir leur accomplissement. Dans les monuments postérieurs, à partir du xiv* siècle, le livre réparait beaucoup plus souvent en pareil sujet ; plus généralement il est ouvert, soit que Marie le tienne , soit qu'elle l'ait déposé devant elle sur nn pupitre ou autrement; alors ce n'est plus l'idée générale attachée au livre qae l'on a voulu exprimer, mais, entrant dans un ordre de représentations pins dramatiques, on a voulu montrer la Mère de Dieu en méditation sur les saintes Écritures, au moment même où elles reçoivent leur accomplissement avec sa participation. Au contraire, dans les bas-reliefs du tabernacle d'or San Michèle, à Florence, où Orcagna a représenté la vie de la sainte Vierge et ses vertus, s'il lui a mis aussi un livre è la main dans la scène de sa Présentation^ il l'a fait plutôt selon l'ancien ordre d'idées; en pareille circonstance, le livre attribué à la sainte Enfant n est-ilj pas le livre de la Sagesse? Telle est, du moins, la pensée qui vient le plus naturellement.

Le tour dramatique, qui dirige l'attention plus sur le fait que sur le symbole, se retrouve dans les représentations qui, se rapportant au séjour que 'Marie fit dans le temple, la montrent livrée à t'étude : alors le livre n'en est que l'instrument nécessaire, bien que ce livre doive être encore réputé celui des saintes Ecritures.

Les saints Pontifes, les saints Diacres, les saints Docteurs, sont, parmi les Saints après les Apôtres , ceux auxquels le livre est le plus souvent attribué; il est arrivé même, dans certaines périodes de temps et dans certaines séries de monuments, qu'on le leur attribue aux uns ou aux autres plus qu'aux Apôtres eux-mêmes. Dans l'antiquité primitive, il

1« CeUe reprétantâtion peut même s'appliquer i une ftme béatifiée en particulier, comme il figure d*Orante , parce qu'elle est en posteesion de la plénitude de la vérité. î. Caluer et Martin, VU. de Baurgei, pi. xiv.

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esl à croire que le volumen roulé à la maiD conserve pour tous à p6u près la même sigoification, sans différence de catégories, disant qu'ils sont en * possession de la doctrine évangélique, et qu'ils ont mission pour la répandre. Un peu après, quand les saints Pontifes portent un grand livre relié et richement orné, comme on le voit entre les mains de saint Siile, de saint Corneille , de saint Cyprien, dans le cimetière de Lucine ^ , de saint Urbain dans le cubiculum de Sainte-Cécile >, n'est-on pas appelé à porter plus particulièrement sa pensée vers les riches évangéliaires employés dans les cérémonies sacrées, sans avoir, d'ailleurs» à leur faire signifier rien de plus, rien de moins, que ne faisaient précédemment les volumen roulés ? Quant aux Diacres^ le même attribut devait davantage se spécialiser dans le sens de leurs fcmctions liturgiques. Cependant Ton remarque la substitution du phylactère, avec sentence, mis dans les mains de saint Etienne et de saint Laurent, dans la mosaïque du vu» siède qui orne la basilique de ce .dernier, bien antérieurement aux exemples analogues relatifs aux Apôtres, que nous avons pu citer. La sentence de saint Etienne est celle-ci : Adhœsit anima mea ; celle de saint Laurent : Zhspernï, dédit pauperibus.

Pour les Docteurs, quand on vient à les représenter eu tant que docteurs, et non plus en tant que pontifes, les livres portés par eux durent être leurs propres écrits. *

Dans les peintures du xiii^' et du xiv^' siècles, découvertes dans la basilique de Sainte- Agnès, transportées au musée de Latran et publiées par Hgr BartoliDi^, sainte Catherine, disputant contre les philosophes en présence de l'empereur Haximin, porte un livre : c'est le symbole de la sas^esse et de la science qui la mettent en état de soutenir une pareille lutte.

Plus tard, on met dans les mains des saints Fondateurs d'ordre le livre de leur règle; le.R. P. Cahier fait observer qu'on l'attribue aussi aux Abbés, parce qu'ils sont chargés du maintien des règles monastiques. Nous ne passerons pas en revue les autres Saints énumérés par le savant auteur, qui, pour des motifs spéciaux, ont reçu Tattribution du livre, ces notions, autant qu'il entrera dans notre plan de les recueillir, étant réservées pour l'iconographie des Saints pris en particulier.

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