Id., T. II, pt. VI
3. GUaUi del martirio délia N. V. R. S. Agnes, in-i», pi. In-fol. Roma, 1858, pi. vi.
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DM lUDKlUX.
Les rideaux sont à comptei^au nombre des signes gënëraax employés dans l'iconographie chrétienne, encore que leur usage comme tels n'ait pas été très-répandu, et qu'il ne se soit pas beaucoup prolongé. Leur signification se rattache ^au Yoile du temple qui fermait le Saint des Saints, et aux rideaux liturgiques qui, autrefois, dans l'Eglise latine même, étaient tendus autour de l'autel, et le voilaient au moment de la consécration, dans la célébration des saints mystères, usage encore conservé aujourd'hui dans les rites orientaux. Les rideaux ouverts disent donc qu'il y a un mystère et que le mystère est dévoilé, manifesté ou accompli ; ils disent aussi sur^uoi porte le mystère.
Sur le couvercle d'un sarcophage du musée de Latran , on voit au centre une figure d'Orante en buste, relativement de très-grande dimension, de chaque côté de laquelle deux personnages, saint Pierre et saint Paul, selon toute probabilité, reconnaissables d'ailleurs à leurs types, tiennent des rideaux ouverts ; viennent ensuite deux scènes latérales représentant Adam et Eve, c'est-à-dire la chute, et Jonas, c'est-à-dire la résurrection et la réparation. Dans cette figure, — c'est la pensée qui l'emporte dans notre esprit sur toute autre signification ^ — nous voyons l'Eglise, le mystère de sa divine fondation et la divulgation des mystères accomplis dans son sein par le ministère des Apôtres et de leurs successeurs, pour le salut des hommes. Cette composition revient à celles où les deux Apôtres montrent l'Orante centrale, ou paraissent vouloir lui sioateair les bras, comme Hur et Aaron souteuaient ceux de Moïse sur le mont Raphidim ; à d'autres encore, où derrière l'Orante est tendue une draperie qui s'ouvre pour lui laisser place.
M. de Rossi a insisté plus que qui que ce soit, sur la signification de rOrante comme représentant plus habituellement l'Ëglise. Cependant, décrivant une peinture du iv^' siècle retrouvée daos le cimetière^ de Cyrique, à propos des vierges consacrées à Dieu,' où de même les rideaux sont tirés de chaque côté de l'Orante centrale, il a pensé que, dans cette circonstance, cette figure pouvait représenter en particulier une vierge aiQsi consacrée à Dieu, qui aurait été personnellement ensevelie dans le ùMeulum auquel appartient cette peinture'. On ne peut nier que ce ne
W GUIDK as l'art GHlUÉTIfin.
soit possible; alors les rideaux dévoileraient le mystère de Tétemité bienheureuse. Il serait non moins concevable que TOrante, dans ces conditions, représentât la Mère de Dieu ; ce serait non moins en rapport avec l'ensemble des décorations du cubiculum^ où Ton voit les vierges sages et les vierges folles, la prédiction du reniement de saint Pierre et la pluie de manne céleste recueillie par les Israélites, un mage montrant l'apparition du monogramme divin :^ qui lui ti^t lieu d'étoile. Ce serait même parfaitement en rapport avec la pensée qu'une vierge dormit effectivement en ce lieu du repos des justes; car comment aurait-on pu mieux l'bonorer qu'en mettant ses restes sous l'égide de la Vierge des vierges? Alors ce serait le m'ystère de l'Incarnation, de la maternité divine, de la coopération de Marie à tous les bienfaits du christianisme, qui serait mis au jour; d'ailleurs, il est à remarquer que cette disposition s'adapte parfaitement à toutes les significations que peut recevoir l'Orante et les comprend toutes.
Severano a trouvé, après la mort de Bosio, pr^s du cimetière des Saints-Marcellin-et-Pierre, une pierre sépulcrale où l'on voit gravé au milieu un siège épiscopal surmonté d'une colombe nimbée, c'est-à-dire de Temblème du Saint-Esprit, et de chaque côté deux rideaux, nonseulement ouverts, mais noués pour demeurer ouverts^. Il est évident que, par ce moyen, on a voulu exprimer le mystère de l'assistance du Saint- Esprit dans les décisions de l'Eglise, et spécialement des décisions infaillibles du Chef de l'Église, quand il prononce en matière de foi, ex cathedra.
Sur la couverture de rEvang<Hiaire de Metz, actuellement à la Bibliothèque nationale 2, œuvre qui peut remonter au ve ou au vi^ siècle, la Vierge, dans la scène de l'Annonciation, se présente, — non, il nous semble, comme le pense M. Labarte,à l'entrée d'une porte,— mais sous un portique» entre deux rideaux, dont l'un est soulevé par une suivante.
Sur un autre monument du même genre, qui paraît aussi du vi® siècle, la grande et belle couverture d'Evangéliaire de Milan, moulée par la société d'Arundel, c'est la croix richement ornée au centre d'une de ses faces qui est accompagnée de rideaux. Il n'est plus besoin de commentaires : on voit que le mystère du Calvaire et celui de Tautel, où il se renouvelle chaque jour, sont ainsi dévoilés.