‹ Guide de l'art chrétien (volume 2)Chapitre 52 sur 216 · Coriotb., XI, i, etc · texte numérisé non relu

Coriotb., XI, i, etc

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simplement ; ensuite seraient venues les coiffures apprêtées, auxquelles le Yoiie souvent se mêle, au milieu desquelles quelquefois il disparaît; puis la simplicité la plus grande aurait paru de nouveau plus convenable pour glorifier Marie, tandis qu'on aurait plus volontiers couronné les autres vierges ; enfin, le désir de couronner la Mère de Dieu par-dessus le voile, a fini par l'emporter sur toute autre considération : on a rapporté des couronnes sur la plupart de ses images les plus- vénérées ; on Ta repré* sentée couronnée, dans la ref^résentation même des mystères historiques de sa vie. Ces considérations nous ont fait descendre au moyen âge et sur celui^de ses versants qui mène à nous. Alors, dans quelques écoles, le voile de Marie disparaît, non plus accidentellement, mais selon une pratique constante. Nous dirons comment, lorsque nous nous occuperons spécialement de son iconographie : il doit suffire pour le moment de ces indications. *

Les modifications observées, quant à l'emploi du voile, dans les représentations figurées, se calquent sur les idées et les usages des sociétés contemporaines; elles montrent que les conseils de saint Paul n'ont pas toujours pénétré au même degré dans les mœurs chrétiennes ^ Mais, dans le domaine de l'artj^nous admettons asseî d'indépendance pour deman()er que l'on remplisse le devoir de voiler la femme chrétienne, et surtout la Vierge, la Sainte, toutes les fois qu'on la représente en quelqu'une de ces situations générales, on pourrait dire abstraites, qui dispeuî^ent de s'attacher au terre à terre de la couleur locale et du fait spécial.

La femme se voile par respect ; l'homme, au contraire, par respect, tient sa tête nue, et dans ce sentiment de respect, de part et d'autre, est compris, d'après la doctrine de saint Paul, le respect de ceui devant qui on se trouve et le respect de soi-même. Cette manière d'envisager la nudité de la tête, chez les hommes, n'a pas non plus été adoptée sans exception. L'exception est habituelle chez les peuples de TOrient, et généralement,

1. nans notre jeaneue, il était géaéralement réputé de convenance qu*aaeane femme n*«p* prochftt de la table sainte sans avgir la tète couTerte d*un Toile ; à Rome. Tusage du voile est de même rigueur pour les femmes officiellement admises devant le Saint-Père, soit ponr lui être présentées, soit pour assister aui offices présidés ou célébrés par lui. 11 ne suffit pss que la (ète soit couverte d nne maniète quelconque : au contraire, on eiige que toute autre eoiffiire soit enlevée, car on distingue le voile, avec le principe de modestie qui le motive, des coiffures qui ont pour ot)jet de préserver la léte des intempéries des saisons; il est dans Tordre que celles-ci s'enlèvent dès qu'on est è l'abri du soleil, de l'air ou de la pluie; et , par un seul motif de respect, nous avons vu, dans certaines parties de l'Italie , où les femmes portent des chapeaux comme les hommes, qu'elles les ôtenti comme eux, en entrant dans Tégliae» et restent tètes nues. Nous sommes convaincu qu'originiiremeat, on elles portaient la voile sons leur chapeau, et le conservaient, celni-ci été, ou ellea retendaient alors svr leur tête.

dans Vart chrétieD, les Mages, avant de porter la couronne, sont revêtus da bonnet phrygien, parce qu'ils venaient de Teitréme Orient. Les Saints persans Abdon et Sennen, dans les peintures du cimetière de Pontien, qui peuvent être attribuées au va* ou vui« siècle, le portent également ' ; or, dans cette peinture, Notre-Seigneur Jésus-Christ se montre prêt aussi à les couronner : dans une circonstance semblable, nous ne croyons pas qu'on puisse citer une autre tête d'homme qui soit coiffée. Dans une peinture du cimetière des Saints-Marcellin-et-Pierre, Moïse, faisant jaillir l'eau du rocher, a la tête couverte d'une sorte de turban >; mais ordinairement, sans égard aux usages qui avaient pu motiver une semblable disposition, il est représenté la tête nue, dans tous les monuments primitifs; et Ton peut étendre cette observation, en général, à presque tous les personnages jouant un rôle principal dans les compositions symboliques de l'antiquité chrétienne, tandis que, sur les sarcophages, dans la scène du rocher frappé et dans celle de l'arrestation de saint Pierre, le nouveau Voise, — scènes qui se correspondent et s'enchalnent,comme nousle verrons dans la suite, — on observe souvent un genre de coiffure commun aux personnages accessoires, qui se désaltèrent^ dans la première de ces compositions, qui mettent la main sur le saint Apôtre, dans la seconde. Cette coiffure pourrait bien avoir pour objet de les désigner comme ayant quelque chose de commun, conformément à la pensée qui a présidé à l'exécution de cette sorte de monuments. Quoi qu'il en soit , dans les mosaïques à sujets tout historiques de la nef, à Sainte-Marie-Majeure, nous avons eu précédemment occasion de le faire remarquer, plusieurs des Patriarches portent des coiffures assez semblables à des turbans. H. l'abbé Martigny a cru pouvoir faire observer, d'après la planche de CSampini \ que saint Pierre, dans la mosaïque de la voûte du baptistère, à Ravenne, est coiffé d'une espèce de tiare, tandis que tous les autres Apôtres auraient la tète nue ; mais, en fait, sur cette planche^ tous les Apôtres sont coiffés de la même manière, et sur l'original, ils ont la tête nue, car nous avons noté que saint Pierre y portait des cheveux blancs^ et saint Paul des cheveux bruns.

Sur une mosaïque qui ornait primitivement le tombeau de l'empereur Othon H, à l'entrée de l'ancienne basilique du Vatican, et qui maintenant est conservée dans les ciyptes de la nouvelle basilique^ mais totalement déâgurée par des réparations subséquentes qui ont fait disparaître la particularité dont nous voulons parler , il paraît que saint Paul avait la

1. Botio, Rmm êoU^ p. 133 ; MarUgiu, DkL cTAtil. ckrit. 1 D*AglaciNirt, T. V» pi. ix» fig. 4 et 5. 3. CianpiBi, Fel. num., T. 1, pi. uix.

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tête converte d'un pan de son manteau*. Cet exemple est le seul bien authentique ; la mosaïque du baptistère de Ravenne ëtant écartée, saint Paul, ni aucun autre des Apôtres, n'a jamais eu , à notre con* naissance, la tète couverte, à l'exception de saint Pierre portant la tiare comme insigne de sa dignité; — car ce qui, en réalité, ne s'observe pas i Ravenne dans un monument du v* siècle, se rencontre antérieurement à Othon II , au moins sur les monnaies du papeSergius III , à une époque où cet insigne n'était encore accompagné d'aucune couronne -, — à l'exception aussi de saint Jacques , souvent représenté , mais seulement depuis la seconde partie du moyen âge, avec le chapeau de pèlerin.

Sous l'empire, d'ailleurs, de l'un de ces deux motifs, l'expression de la dignité, la tenue de voyage, et en général de toute situation qui, dans Tusage habituel de la vie, fait que l'on a des raisons particulières pour se couvrir, il n'y a plus lieu à l'application de la règle qui porte à découvrir la tête des hommes.

Ces considérations sont applicables à Notre-Seigneur lui-même : en voyage, cheminant vers Emmaûs, on l'a représenté quelquefois, quoique tardivement, avec un chapeau sur la tête ; de même quand il apparaît à Madeleine, et que celle-ci le prend pour le jardinier du lieu. Hors de li, nousn'avons jamais vu sur sa tête que des insignes de dignité; mais il faut dire que des coiffures devenues d'un usage vulgaire ont été en certains temps accidentellement considérées comme telles : c'est ainsi qu'an xve siècle, sur le clocher monumental de l'église de Notre-Dame, à Fonienay-le-Comte, entre diverses statues appartenant aux différents patrons de la ville, on a placé le Christ portant sur la tête une sorte de chapeau à haute forme. Cette singularité doit s'expliquer par ce fait, qu'on avait va le roi seul conserver ainsi la tète couverte, tandis que tout le mondé autour de lui se découvrait.

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