Martigny, DUst. deitmt. ehrét., p
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Nous en conclurioDS facilement que, dans la tonsure cléricale, l'idée primordiale est celle de la gravité et de l'esprit de retranchement qui convient aux chrétiens en général, mais plus particulièrement aux mi-, nistres des autels. L'acte primordial est aussi de couper les cheveux ; la maaièrede les couper ne vient qu'en seconde ligne. Tout ce qui est abaissement selon le monde, relève et honore quand on le fait pour Dieu : la tonsure cléricale ,est devenue aussitôt un signe d'honneur parmi les chrétiens, et très-promptement elle a dû. se lier avec l'idée de oouron* nement, par cela seul qu'elle se pratiquait sur la tête et affectait la forme de couronne. Cependant il ne nous appartient pas de décider si, dans certains textes de saint Augustin, de saint Sidoine Apollinaire, de saint Eunode de Paris, etc. <, où le mot de earùna semble être employé pour signifier la dignité épiscopale, cette expression doit s'entendre de la U>n« sure cléricale qui, d'abord, n'aurait pris la forme de couronne que pour les évèques ; le fait est qu'on n'en connaît pas d'exemple dans les monuments figurés , avant le vi« siècle.
Sur le fragment de verre des fouilles de Porto, publié par M. de Rossi, où l'on reconnaît, gravée au trait, la scène du dépôt de la loi divine confiée à saint Pierre^, le saint Apôtre apparaît avec une disposition de la chevelure telle, que les cheveux de toute la partie antérieure de la tête sont coupés différemment et plus court sans doute que ceux de la partie postérieure. Serait-ce là un mode de tonsure cléricaDe pratiquée sans lui donner encore la forme circulaire? Ou bien la portion de chevelure demeurée par derrière, étant séparée de la barbe par un trait analogue à ceux qui distinguent les cheveux coupés sur le devant , il pourrait se Taire que la forme circulaire dût se reconnaître, quoique maladroitement tracée, dans CPtte portion postérieure de la chevelure ainsi isoU^e, et nous aurions là un premier exemple remontant au i\^ ou v® siècle, du mode de toosure que nous avons appelé le second. Mais cette tonsure serait opérée dételle manière, qu'elle se serait étendue sur le devant de la tête sur une surface beaucoup plus grande, et que la portion de chevelure laissée intacte aurait été beaucoup plus restreinte que nous nel'avions remarqué dans les monuments qui avaient, indépendamment de celui-ci, motivé notre observation.
Dans tous les cas, on voit là un premier exemple de l'application faite i saint Pierre, comme chef de la hiérarchie ecclésiastique, d'un insigne devenu caractéristique du clergé, et, en cette qualité, c'est à lui, depuis lors, et jusqu'à l'abandon des traditions iconographiques consommé par
1. Borgia, De Crucê VetUemo, iii-4o. Roma, 1780, p. 70, note.