POSITIONS RESPECTIVES : LE MILIEU
La position respective des sujets et des personnages a toujours été et sera toujours, dans l'iconographie , un moyen important de déterminer leur ordre hiérarchique et leurs divers rapports.
La position hiérarchiquement la plus élevée est au centre de la compo-
1. L'exemple que nous en donnons (pi. vi. fig. 7) est tiré d*un tableau du xiv« «iècle (musée du Vatican), où Notre-Seigneur est représenté en buste, entouré de la sainte Vierge, de saint Jean -Baptiste et des douze Apôtres, représentés de même.
sition; et entre deux figures également centrales, Tordre s'établit de haut en bas. Ainsi le milieu, sur les voûtes, dans les monuments arcuaii des catacombes, sur les sarcophages, sur les fonds de verre dans les mosaïques absidiales, etc., est ordinairement réservé à Notre-Seigneur représenté 60 personne ou sous quelque figure. A son défaut, on y voit quelques-uns de ses représentants^ sa très-sainte Mère, l'Eglise personnifiée. Il arrive bien aussi que cette place d'honneur est occupée par quelque Saint d'uD rang inférieur à ceux au milieu desquels il se trouve : ainsi, sur un certain nombre de fonds de verre à figures dorées , saint Laurent, sainte Agnès, sont placés entre saint Pierre et saint Paul, et même on en remarque un ou sainte Agnès se trouve entre le Christ et saint Laurent t. Si on avait eu la moindre hésitation relativement à la valeur de cet agencement, le dernier exemple la ferait disparaître : il exprime rinten*tiou d'honorer spécialement le Saint ou la Sainte à qui l'on assigne cette place, soit à titre de patron particulier, soit pour le jour de sa fête, soit à raison d'un certain mode d'excellence^ le martyre, la virginité, par exemple, dont on les considère comme le type. 11 y a donc, par rapport à ces Saints, une certaine hiérarchie accidentelle d'idées , en vertu de laquelle ils occupent la première place, sans préjudice du rang d'ailleurs supérieur qui ne cesse d'être respecté dans ceux qui, occasionnellement, les placent au milieu d'eux comme les rois de la circonstance. Il est assez vraisemblable, en effet, que ces verres étaient fabriqués pour le jour de la fête des Saints ainsi favorisés: ici saint Pierre et saint Paul seiAblent acclamer saint Laurent, là Notre-Seigneur bénit sainteAgnès; d'ailleurs, placer un Saint enlre saint Pierre et saint Paul, pour l'honorer, c'est dire simplement qu'il est honoré dans l'Eglise.
Ces dispositions se rencontrent plus particulièrement sur les fonds de verre, nous venons de voir pourquoi. Des raisons analogues subsistent pour les titulaires des églises et des sanctuaires ; on ne trouve rien tie semblable sur d'autres monuments, et, généralement, il faut se rendre compte de la nature des scènes de chacun d'eux et du courant spécial des idées apportées dans leur décoration, pour bien apprécier la manière dont s'applique la règle énoncée, et juger de ses dérivations. Sur les sarcophages, après s'être convaincu, par une observation de ce genre, que l'idée principale de la rédemption, du salut, considérés dans leur principe et dans leurs moyens généraux, y domine toujours dans le sujet central, soit que Notre-Seigneur s'y montre personnellement, soit qu'il y soit remplacé par la figure de l'Eglise, on ne pourra plus douter qu'en ce lieu, lorsqu'il prédit à saint Pierre son reniement, ce ne soit en vue de la répa-