No 39, Nouveau Teetament grec, du xa« ou xui* siècle
DIBPO^TIONS SYIIIiOUQT7ES. 407
L'on peut cependant considérer Tordre existant entre les personnages quientoarent la figure centrale : dans notre miniature, nous pensons que, si on a^ait voulu faire distinguer les Apôtres les uns des autres, on aurait placé ceux que Ton voulait, après saint Pierre, le plus honorer, à ses côtés à droite et à gauche, plutôt que dans la position dont nous venons de parler et dont la surélévation n'est qu'apparente ; mais , ordinairement , les plus haut placés sont ceux que Ton a prétendu présenter comme étant les premiers. Entre les Anges, ce sera, par exemple, saint Michel; entre les emblèmes évangéliques, celui auquel on entend accorder la prééminence, l'aigle de saint Jean, ou l'homme de saint Matthieu, parce qu'il est transformé en un Ange. Nous ne nous occupons pasencore ici de déterminer lequel, de Tange ou de l'homme, a été le plus souvent préféré , et s'il a dû l'être.
Si la Vierge est mise sur le côté, il n'y a qu'une figure divine qui puisse de son chefétre placée au-dessus d'elle; et si, sur certaines croix, — comme surcelle qui a été donnée à la cathédrale deVelletri par le pape Alexandre lY, et la croix analogue, du musée chrétien au Vatican, que nous avons publiée, et que nous reproduirons (pi. xvi) , l'une et l'autre du vni® siècle environ, — elle reposé sur l'un des bras, {ivec saint Jean-Baptiste ou saint Jean l'Evangéliste en regard, tandis quesaint Pierre occupe le sommet, c'est que, dans cette circonstance, saint Pierre est considéré à la lettre comme le lieutenant (tenant le lieu), comme le représentant du Sauveur, en tant que chef perpétuel de son Eglise; et c'est pourquoi, sur ces petits monuments, il est représenté imberbe, c'est-à-dire avec l'attribut de l'immortalité.
Une pensée analogue est applicable à saint Michel, que l'on voit, sur le revers de la croix du Vatican, occuper aussi au-dessus de la sainte Vierge la place réservée à saint Pierre sur la face principale, et que l'on retrouve dans une semblable position, sur la face même de diverses croix du xiu^ et du xiv siècle : saint Michel étant considéré comme le lieutenant invisible du Sauveur dans le gouvernement de son Eglise.