Galerie Campana, an Louvre, n
Dombres angéliques se prêtent peu à une symétrie semblable , mais encore ii faut remarquer que cette symétrie, établie jusqu'à huit, confond les ordres. Que les Séraphins et les Chérubins soient mis en Yegard, bien ! mais les Trônes ne devraient pas avoir pour pendants les Puissances ou les Vertus qui appartiennent à un ordre différent: soit dit non pour condamner cette disposition sans admettre d'excuse , mais pour faire comprendre qu'elle n'était pas de nature à souvent se répéter.
Le nombre onze, s'il doit être mentionné ici, n'a droit de Têtreque pour les Apôtres, après la mort^de Judas et avant la désignation de saint Matthias. Le collège apostolique étant au complet, et Notre-Seigneur au milieu, le nombre treize est atteint; mais, dans ce cas, il n'apporte aucune difficulté d'arraugement iconographique, car, si les nombres impairs offrent ce genre d'inconvénient, c'est parce qu'il s'agit ordinairement de les appliquer lorsque la place centrale est déjà occupée.
Si l'iconographie chrétienne délaisse facilement, en conséquence, les nombres impairs, nonobstant leur importance significative , il arrive , au contraire, qu'elle recherche les nombres pairs, et fait en sorte d'y revenir par des additions et des suppressions. Le nombre huit était l'objet de celte faveur tout à l'heure, quand le neuvième chœur angélique était mis à part : les Vertus théologales et cardinales, atteignant ensemble le nombre embarrassant de sept, à l'époque oh ces sortes de représentations étaient devenues habituelles, on y a pourvu en leur adjoignant une autre Tenu fondamentale , ordinairement l'humilité. Des sept dons du Saint- Esprit, on n'a représenté que six autour du groupe de la Vierge-Mère, dans un vitrail de la cathédrale de Chartres ^. Mais quand le nombre six a été employé avec intention formelle , c'est plutôt comme la moitié du nombre douze, et pour le rappeler en Tabrégeant. Nous reviendrons sur ce nombre sacré quand nous nous occuperons des Apôtres ; nous nous contentons de faire observer, dans ce moment, que , doublé, il forme le nombre vingt^iuatre : celui des vieillards de l'Apocalypse, reconnaissables précisément à ce nombre, dans les anciennes mosaïques de Rome, comme dans les sculptures de nos cathédrales au moyen âge.
Au delà de ce nombre , nous n'en voyons plus qu'un seul autre , le nombre quarante , qui ait quelque droit d'être mentionné en iconographie: il le doit aux quarante martyrs de Sébaste, représentés sur une plaque d'ivoire, publiée par Passeri , dans le supplément de Gori. Les bienheureux martyrs de la Compagnie de Jésus, Ignace d'Azévédo et ses compagnons, étaient aussi au nombre de quarante, et il ne paraît pas que
'• Didroo^/con. ehrét* de Dieu, Moas le reproduirons dans le tome suivant.
126 GUIDE DE l'art GURéTIEN.
ce nombre , dans les deux circonstances, ait été maintenu sans quelque mystérieux motif de la part de Dieu.
Nous n'avons pas d'ailleurs à nous ooniper des différents groupes de Saints plus ou moins reconnaissables à leur nombre, comme a dû le faire le R. P. Cahier, dans ses Caractéristiques des Saints : ce serait trop nous avancer dans l'étude qui leur est spéciale ; et, si cet aperçu est suffisant au point de vue des symboles généraux, nous devons avoir hâte d'arriver au principal fondement de toute iconographie chrétienne, c'està-dire de savoir comment représenter Dieu.