Exode, xxxii
prêté l'usage de certaines images selon la grossièreté de leurs anciennes erreurs, il n'eût été nullement besoin d*user des ménagements que rËglîse primitive parait avoir apportés pendant longtemps en pareille matière.
Insensiblement, néanmoins, l'usage des images prit son cours, selon sa pente naturelle, et l'on vit se produire deux sortes de représentations bien distinctes de la Divinité : les images correspondant aux métaphores usitées dans le langage, et les véritables images qui représentent la personne sous des traits qui lui appartiennent réellement ou sont réputés lui appartenir. Celles-ci rendues possibles (par Vlncarnation), relativement au Dieu incarné, ne le sont que par rapporta lui ; elles sent aussi les seules qui soient l'objet d'un culte proprement dit, bien que ce culte remonte toujours à sa Personne divine. Nous n'avons pas encore à nous en occuper, mais nous nous bornons, pour le présent, aux premières qui se rapportent aux deux autres Personnes de la sainte Trinité, et au Fils considéré uniquement dans sa nature divine. Non-seulement ces images étalent devenues sans danger, mais, par l'effet de l'Incarnation, ellesacquéraient elles-mêmes, pour représenter Dieu, un degré de convenance dont jusque-là on ne pouvait avoir l'idée. La nature humaine ayant été élevée jusqu'à l'union hypostatique avec Dieu, il devient certain, pour quiconque a le bonheur de posséder cette croyance et en saisit la portée, que de toute éternité le type de la nature humaine, corps et âme, a été conçu dans.les pensées divines, en vue de cette dignité suréminente, et que le premier homme avait été fait à l'image de Dieu, aussi dans ce sens qu'il a été revêtu de formes propres au Verbe éternel : d'où il résulte qu'en représentant Dieu le Père sous la figure humaine, on le représente sous une figure dont le type appartient avant tout à son divin Fils, lequel, selon la nature divin*^, est son image parfaite et ineffable.