‹ Guide de l'art chrétien (volume 2)Chapitre 77 sur 216 · FIGURES DIVINES AVANT LE VU* SIÈCLE · texte numérisé non relu

FIGURES DIVINES AVANT LE VU* SIÈCLE

Quand là distinction des Personnes ne se manifeste pas et n'a pas à s'exprimer dans l'action divine, c'est Dieu le Père qui est censé agir, et il est dans Tordre qu'il n'y ait pas de représentations différentes pour Dieu le Père, considéré comme Père, et pour Dieu, tel que ses fidèles adorateurs pouvaient le concevoir comme simplement unique , avant que la distinction des Personnes ne leur eût été expressément révélée.

En conséquence, toute image de nature à représenter le Dieu des Juifs, le Dieu d'Abraham, d'Isaacetde Jacob, convient en même temps pour représenter Dieu le Père, tel qu'il est connu des chrétiens; et réciproquement, dans notre langage, lorsifue nous nous servirons du mot de Dieu sans distinction personnelle , no<^ observations pourront s'applinner à Dieu le Père , mais non pas aussi spécialement au Fils et au Saint-Esprit.

Il ne parait pas que les premi<^rs chrétiens ai^ut jamais voulu représenter Dieu, pour le représenter ; mais , quand ils ont eu besoin d'exprinerson action , ils n'ont pas reculé devant l'emploi des symboles et des personnifications nécessaires pour la rendre sensible. Dansies peintures des Catacombes, ils se sont servi, à cet effet , de la main venant du ciel : celte main donne à Moïse les tables de la Loi , arrête Abraham prêt à frapper son fils, ou seulement se tend vers lui pour lui faire signe d'arrêter; on la voit aussi suspendue au-dessus de Moïse, au moment où il se

déchausse pour s'approcher de Dieu ^. II n'est pas d'ailleurs k notre connaissance qu'aucun autresujet de l'Ancien Testament, donnant Heu à faire apercevoir l'intervention divine , ait été représenté dans ces peintures. Les deux premiers de ces sujets reparaissent, avec la même particularité, dans les sculptures des sarcophages ; quelquefois ils sont mis en pendants l'un de l'autre ^ et ils sont les seuls où nous l'ayons observ^. En de telles circonstances, c'était se conformer au langage des saintes Écritures, que de représenter l'intervention d'en haut, de telle sorte que Dieu montre sa main et ne se montre pas.

Mais lisez le premier chapitre de la Genèse : il vous semblera voir le divin Ouvrier, descendu entièrement du ciel, mettre tous ses soins à perfectionner ses œuvres sur la terre; puis il demeure au milieu de ses créatures pour les contempler, et il les contemple avec complaisance ; il pétrit de limon le corps d'Adam, il lui enlève une de ses côtes pour former celui de la première femme, et il s'entretient avec les premiers hommes comme s'il était l'un d'eux ^. En conséquence, quand les sculpteurs chrétiens des vf^ et v'^ siècles se trouvèrent dans le cas de faire figurer, sur leurs sarcophages , quelques sujets empruntés à ces premiers jours du monde , ils attribuèrent à Dieu les formes humaines dans leur complète intégrité.

Dieu, sur ces monuments, est ainsi représenté dans les scènes de la création de la femme, du jugement d'Adam et d'Eve, et des oblations de Gain et d'Abel, tantôt sous la figure d'un homme d'un âge mûr, jtantôt sous celle d'un jeune homme imberbe.

Ces deux genres de figures sont également attribuées à Notre-Seigneur Jésus-Christ : nous verrons plus tard sur quel fondement.

Relativement à Dieu pris en général, et à Dieu le Père eu particuiifr, elles peuvent avoir été conçues à divers points de vue distincts, quoique susceptibles de concourir aux mêmes résultats et de se confondre facilement.

L'idée dominante d'abord , c'est tout simplement' celle de la forme humaine, en quelque sorte purement hiéroglyphique, nécessaire pour figurer l'action intelligente. Une autre idée qui, destinée à régner dans la suite , commence à se faire jour déjà , consiste à prendre la figure du Dieu incarné et par conséquent manifesté visiblement, pour type de toutes

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