‹ Guide de l'art chrétien (volume 2)Chapitre 90 sur 216 · LUMEN DE LUMINE · texte numérisé non relu

LUMEN DE LUMINE

Margiietiric de Sieniif.

uniquement la filiation divine : en tant que Dieu, le Verbe est ét<Tnellement Fils, il n'est jamais enfant. Nous serions porté à l'indulgence pour les marqueteries au moyen desquelles, à la fin du xv^ si^cte ou au commencement du x\i^\ on s'est efforcé de Teprésenter, dans la chapelle du palais municipal, à Sienne^ tous les articles du Cr^t/o. Mais nous n'oserions en recommander limitation. Le Fils a'y est pas représenté par un enfant, mais par une tête d'enfant, comme on le voit sur notre pi. ix, empruntée ^ui Annales archéologiques^. Dans cette composition, on a voulu rendre aussi ces paroles : Deum de Deo, lumen de lumtne, Deum verum de Deovero; celles-ci surtout, lurlten de lumine : « lumière'de lumière » ; la tête du Père est rayonnante, celle du Fils l'est également. Le procédé est naï^ et ingénieux, et il a d'autant moins d'inconvénient, que, par rapporta la représentation du Fils, il est plus sommaire. La tête d'enfant peut, dans celte circonstance, être prise comme un type de l'éternelle jeunesse, dans le même sens qu'il est appliqué aux anges. Si nous ne l'adoptons pas sans résen^e pour la seconde Personne de la sainte Trinité, c'est que nous ne le croyons pas non plus le mieux a[}proprié aux esprits célestes.

Nous avons parlé d'une miniature des Emblemata bibliea^ oii IsaKe tient sur ses genoux l'Enfant divin, dont il annonce la naissance virginale : cette miniature nous donne lieu de faire observer que, l'Incarnation étant aperçue ou montrée d'une manière prophétique, il n'y a pas de doute que le Sauveur peut très-convenablement être représenté, alors, comme il le serait, les événements accomplis : enfant avec lesiattributs de l'enfance, souffrant avec les instruments de la Passion.

Dans le bénédictional de saint (Ethelwold (x* siècle)., publié par la Société archéologique de Londres, on remarque, au temps de l'Avent, un Christ qui, une croix processionale à la main et accompagné d'anges auxquels sont confiés les instruments de la Passion , vient avec un vif i'mpressement, au travers des plaines éthérées, s'abattre sur le monde pour le sauver et pour y régner. Ces mots : Rex Regum , Dominus Dominantium^ se lisent sur sa tunique ; il n'a point d'ailes, mais il s'élance comme s'il en avait, et il répond parraitement,à cela près, à la donnée de Y Ange du grand Conseil^ieWe que M. Didron l'aobservéeen Grèce et décrite dans sou Iconographie chrétienne^. C'est, à son avis, une des plus belles conceptions de Tait chrétien. Il sied bien à ce messager vraiment divin d'être associé aux prières de l'Église, dans une période de Tannée liturgique où le Sauveur est de nouveau appelé et comme attendu. Cette figure prend

Page 1