‹ Guide de l'art chrétien (volume 2)Chapitre 92 sur 216 · Hiiloryofour Lord, T. 1, p · texte numérisé non relu

Hiiloryofour Lord, T. 1, p

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qu'on lui aurait dpnné ce nom de Jésus-Christ, qui lui appartient, non p&s eatant que Verbe divin et Créateur, mais en tant que Dieu fait homme et vainqueur de la mort ^ ?

A défaut de toute désignation, on ne saurait pas si l'artiste a, voulu représenter le Père ou le Fils, puisqu'on ne mettait pas de différence dans leurs traits. Maintenant qu'on les a rendus très-distincts, il y a lieu de se demander si; toutes les fois que le texte sacré parle de Dieu en général, on peut indifféremment représenter l'une ou l'autre de ces Personnes divines, par ce motif que Dieu fait tout par son Verbe. Mais, en y réfléchissant, on comprendra que l'on demeure bien mieux dans la pensée biblique, si on s'en tient uniquement à la figure du Père, à l'exception des cas où l'on découvre une allusion à la distinction des Personnes : dans chacun de ces cas, précisément, parce que Ton voudra rendre cette distinction sensible, il paraîtrai propos, si Ton représente le Fils, de représenter simultanément le Père. En suivant cette marche, on ne peut pas se tromper, et les restrictions que l'on s'impose ne peuvent nuire en aucune sorte soit à la clarté du langage iconographique, soit à la beauté de l'artet à la chaleur de ses inspirations.

D'après les principes exposés, — à savoir que le Verbe divin ne peut convenablement être représenté que sous les traits qui lui sont devenus véritablement propres et personnels par l'Incarnation, — toutes les figures par lesquelles on prétendrait représenter autrement la sagesse éternelfe, qui dans sa substance n'est autre chose que lui-môme, doivent être sévèrement proscrites. Ainsi, on ne peut qu'approuver, sans tenir compte du genre fémiilin du nom, une miniature du vn* siècle, publiée par M. Didron*,ou une figure de Notre-Seigneur, tenant d'une main un livre proprement dit, et de l'autre un volume déployé, est désignée sous le nom de sanctaSophiih La figure de femme couronnée qui, dans les miniatures du xv» siècle, publiées par Lady Eastlake 3, est assise sur un trône au-dessu*^ des Personnes divines qui délibèrent au moment de commencer la création, ne saurait au contraire être admise sans favoriser de grosses erreurs. Il senibleralt même qu'ainsi placée, ellç constitue comme une divinité supérieure. La sagesse, telle qu'elle est dépeinte au commencement du livre de l'Ecclésiastique, peut s'entendre, il est vrai, dans plusieurs sens, etloii comprend que l'idée morale ainsi exprimée pourrait être allégoriquemcnt personnifiée; mais il y a trop de péril pour l'art, sans véritable profit, à s'engager sur un terrain aussi délicat.

1. Cet ivoire, quand il a été publié par Gori, appartenait au cabinet Berufaldi, à Ferrare. 3. llUt. de Dieu {Icon. chrèi.), p. 185.

3. Hisiory e four Lord, \i. 162. \oir aussi 'Mélanges d^Arch. chret., T. I, p. 129, arl. du R. P. Cahier sur un monument slave.

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