‹ Guide de l'art chrétien (volume 2)Chapitre 94 sur 216 · DU SAINT-ESPRIT EN COLOMBE · texte numérisé non relu

DU SAINT-ESPRIT EN COLOMBE

Ce n'est pas sans d'admirables convenances, assurément, que le Saint- Esprit a choisi lui-même la colombe comme Temblème le plus propre à le représenter ; ce choix tient surtout aux rapports intimes, ineffables, au moyen desquels toutes les créatures, si elles étaient bien comprises^ apparaîtraient comme l'expression de quelques-unes des perfections divines.

La colombe, parce qu'elle a des ailes, est déjà propre à représenter les purs esprits que le poids de la matièro n'attache point à la (erre. « Qui me donnera des ailes comme en a la colombe, » s'écriait David, a et je volerai et je me reposerai I » El où se reposer? « Sur vos autels, Seigneur, Seigneur, Dieu des vertus. » Sur èes autels dont le pied seul porte ici-bas, et dont le faîte, si nous y sommes posés, nous élève jusqu'au séjour suprême : c'est là que la colombe, la céleste colombe a son nid, et c*est là que l'âme fidèîe, colombe à son tour, va trouver le sien. La colombe est le symbole de la pureté et des plus chastes amours. Entre les habitants de l'air, l'aigle, par la puissance de son vol, est l'image des âmes qui s'élèvent dan; les plus hautes ré^>ions de l'intelligence, et s'il symbolisait aussi Taniour, ce serait dans ce sens que, par les élans du cœur, l'âme monte de ce monde jusqu'à Dieu. Mai6 la colombe n'a pas à s'élancer vers le ciel : le ciel est sa demeure, parce que l'amour est son domaine ; à elle il appartient de figurer l'esprit qui vient d'en haut, comme à l'aigle défigurer Tintelligence qui s'élève.

Les premiers chrétiens aimaient cette image à la fois si douce et si sublime delà colombe, que David et Salomon au temps de sa sagesse avaient tant affectionnée. Les catacombes, nous l'avons vu, sont, à la lettre, peuplées de colombes; et nous avons vu aussi qu'elles renfermaient pour la plupart une allusion à la transformation des âmes dans le Saint-Esprit, parle baptême, et qu'il en était quelques-unes par lesquelles le Saint- Esprit lui-même était directement représenté , ou plutôt directement rappelé, aucune forme, aucune disposition ne s'y montrant en rapport avec une aussi haute signification. Il n'en est plus de même dans les mosaïques du vi*et du \n^ siècle àRavenne, dans les peintures du cimetière de saint Pontieu, du vni* siècle, à Rome, où le baptême de Notre- Seigneur a été représenté: alors la colombe, suspendue verticalement

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sur le Fils de Dieu avec une extension horizontale de ses ailes, répandant sur lui comme un souffle lumineux, se distingue franchement de tout ce qui pourrait s'observer dans le vol ou la pose d'un oiseau vulgaire; depuis lors, cet exemple n'a pas toujours été suivi : il mériterait pourtant de Têtre autant que le comporte la nature delà composition. Quand il s'agit du baptême de Notre-Seigneur, et en général toutes les fois que la céleste colombe est placée entre Dieu le Père et Dieu le Fils ^, ou descend sur les fidèles, la disposition de la composition étant verticale, il serait toujours facile de lui conserver une forme dont l'archaïsme sert à maintenir l'attention au niveau de la pensée.

Lorsqu'il y a lieu au contraire de ranger les Personnes divines sur une ligne horizontale , comme formant un conseil, i| est dans l'ordre que la colombe se relève 'elle-même horizontalement, et qu'elle plane entre deux. Dans l'Annonciation et en d'autres cas qui peuvent demander une disposition analogue, son vol a ordinairement lieu de se diriger obliquement : mais l'on ne doit pas moins, par le choix des formes, au moyen delà couleur, par les accessoires, élever, alors et toujours, les cœurs au niveau d'une inspiration divine.

La colombe céleste doit être, dans ses formes, inimatérialisée autant qae possible: on y réussit, — non pas en diminuant ses dimensions naturelles, on les étendrait plutôt , — mais au moyen de contours vifs sans être tendus, soyeux sans mollesse. La couleur propre à cet oiseau sacré est le blanc ; mais son plumage peut s'iriser de toutes les douces nuances susceptibles de se réfléchir dans les vaporeuses régions (le l'air ; il est essentiel enfin qu'on ne le représente jamais sans l'accompagner d'un rayonnement lumineux, d'une auréole, d'un nimbe, ou de quelques autres signes d'égale valeur. Souvent, on l'a plongé au milieu d'un puissant jet de lumière, qui vient de Dieu le Père, apparaissant en personne ou rappelé par ce signe même; ou bien c'est du bec de la divine colombe que jaillissent la lumière et les flammes.

La plupart de ces signes peuvent être employés simultanément, ouchacun d'eux peut devenir l'objet de la préférence, suivant le plus ou moins d'archaïsme de la composition. L'on peut, selon les procédés modernes, jeter un efiet de lumière où éclate et se fonde, là où, plus anciennement, on efit rendu la même pensée par des filets vifs et dorés; mais, i quelque moyen que l'on veuille recourir, la supériorité morale demeurera

1. La colombe doit aller da Père au Fils, et non pas remonter du Fils au Père. Si on 8*sltache aux différences signalées par M. Didron, ciitte dernière disposition peut constituer oae erreur; mais il est pour nous évident que les artistes n'y onl pas fait attention.

OK U TRIHITi. <7S

■ai ceaTresqtiî, imprimant plus vivement l'idi^ede l'Esprit divin, lui pré- |)areront un accès plus facile dans les flmes.

L'Esprit de Dieu est un esprit qui se dilate, qui se répand, il embrasse tout, il contient tout : il semble que l'on ait voulu indiquer cette pensée sur le diptyque du musëe du Vatican, et du xiV) siècle, dont nous avons déjà parlé*. Le Saint-Esprit planant sur les Apiltree, sous figure de colombe, au jour de ta Pentecôte, y apparaît comme une lar^ forme étbé-

Le Siinl-Etprit tout Ggure de cotonbe dilil^. (Iit< tiède.)

rée, d'une dimension bien supérieure k celle de l'innocent animal dont il emprunte la figure plulAt qu'il n'en prend le corps *.

Daus la Descente da SaitU-Esprit, qui figure parmi les miniatures du bénédictional de Saint-CEthsIwold, la colombe a été de méroe agrandie fort au delà de ses proportions naturelles, bien moins cependant que dans l'ivoire du Vatican ; mais ce qui ta rend surtout remarquable dans cette composition, ce sont les puissants jets de flammes qu'elle répand sur la l£ledesApdtres.

La céleste colombe répand de la lumière, elle répand des flammes, elle répand des jets d'inspiration; dans la mosaïque deSaint-JeandeLatran.à

1. Gori, Tku. vet. iypt., T. 111, pi. xxzvin; Annula areh/oL, T. XXVIl. 1 Haut repraduiiatu ceUe piitie dn dipljqus d'iprèi on de»in prit mr l'originil, ■Mi H npprocbon* li paitie toçiritore de U miiiMbiK du Bteëdieligoil anglo-tiioa.

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Rome, elle répand d'en haut aussi un jel d'eaux Viviliantes, un jet qui,

après avoir inondé la croix, viuiit alimenter les sources de la grâce, où les

Saial-Etpril en colombe du Bfnidirlional de Saint-ŒlhelKoId. (X'tièels.)

cerfs, c'est-à-dire les âmes fidèles, aspirent à se désaltérer: les eaux baptismales et de la régénération.

ou ET COMNENT HEPBÉSBNTER D'aILLEUBS LE SAINT-ESPRIT.

La troisième Personne de la sainte Trinité est plus particulièrement esprit, c'est-à-dire souffle. Lorsque le Saint-Esprit descendit sur les Apûlres, son action se fit d'abord sentir au moyen d'un vent, c'est-à-dire encore d'un souffle imp^tueux;et des langues de flamme se reposèrent sur la (Ële deeliacun des assistants.

Le baptême de Notre-Seigneur est la seule des circonstances oii, d'après la sainte Ecriture, l'Esprit divin s'est servi de la figure visible d'une colombe pour se manifester. Par une extension légitime, on applique cetle figure à la représentation de tous les mystères qui se rattachent principalement aux opérations de l'Esprit sanctificateur. Elle est la seule qui puisse servir à le personnifier, au moins prise isolément. Cette expression de personnifier paraîtrait peut-être un peu hardie ; à la rigueur on ne

personnifie que les êtres de raison qui n'ont pas d'existence propre, tandis que TEsprit-Saint possède l'existence personnellepar excellence; on verra par cette explication ce que nous voulons dire : il s'agit pour nous de rendre l'idée du Saint-Esprit par une figure visible, vivante et animée, qui réponde aux caractères de sa Personne sacrée, autant que nous pouvons les concevoir et les exprimer. Et si l'on s'étonnait encore de la préférence donnée, pour une semblable p^sonnification, à une figure animale, i l'exclusion d'une figure humaine , nous répondrions que l'œil de cet animal éclairé d'un rayon d'intelligence devient un œil humain, que son action, dirigée avec l'inielligence des choses spirituelles, n'a d'analogue naturellement parmi les choses qui se voient que dans les actes humains. Pour rendre un esprit entièrement dégagé de la matière, prenant quelque chose de l'homme, il n'est pas hors de sens de procéder par voie d'élimination, et de ne prendre de lui que ce qu'il a extérieurement de plus im-i matériel : sou regard, ses actes, en tant qu'ils sont intelligents. Ceci étant admis, la colombe, autant qu'elle peut servir à personnifier l'esprit, le soufSe divin, est plus convenable qu'une figure humaine, parcequ'elle est moins matérielle ; nous sommes amené à développer cette pensée, au moment où nous voulons parler des autres moyens dont on se sert pour représenter l'action du Saint-Esprit. On exprime sa présence, on ne le personnifie plus: on exprime son action et sa présence, par les effets de ce vent impétueux qui se fit d'abord sentirau moment où il descendit sur les Apôtres. Le vent peut se rendre, en peinture, au moyen de l'agitation qu'il produit : c'est ainsi que, dans l'une des tapisseries du Vatican, exécutée d'après les dessins de Raphaël, on voit , par les cheveux des Apôtres et les langues de flammes en mouvement sur leur tête, que l'air autour d'eux est vivement agité. A s'en tenir aux procédés stricts de l'imitation naturelle, il n'y a pas d'autre moyen de transporter dans un tableau quelque chose qui réponde directementà ce moispiritus, souffle^et ce moyen avait été jusque-là complétementinusité; mais il en existait unautre, trèsconnu encore dans les représentations profanes , quand on veut figurer les vents allégoriquement : on se sert de lignes divergentes, qui partent delà bouche des Vents personnifiés. Supprimez la personnification mythologique, vous n'en avez pas moins un moyen d'exprimer le soufile, et par conséquent, au moral, l'inspiration; il sufiit que ces rayons viennent d'en haut, pour dire que l'inspiration est divine; on rend la pensée plus claire en les faisant partir d'un arc de cercle, souvent constellé, ou seulement azuré, qui lui-même est une figure du ciel.

Il y a des exemples de rayons ainsi répandus sur les Apôtres dans la Deicente du Saint-Esprit^ et partant d'une main gigantesque ouverte au sommet de la composition. Il pourrait venir à la pensée que cette main

est celle du Saint-Esprit lui-même qui envoie ses inspirations, par la raison qu'elle tient la place où, en pareille circonstance, on est accoutumé à voir la colombe *, mais , avec un peu de réflexion , on verra que cette main est celle de Dieu le Père qui envoie TËsprit sanctificateur. La chose est évidente sur une plaque en ivoire du trésor de la cathédrale à Narbonne, publiée dans les Annales archéologiques^^ où une maia de même dimension accueille Notre-Seigneur Jésus-Christ, dans la scène voisine et correspondante de ï Ascension. On peut donc dire qu'alors le Saiot- Esprit est représenté seulement par les rayons. Ces rayons sont souvent de simples lignes; mais il arrive aussi qu'ils deviennent des bandes, et quelquefois ces bandes sont chargées d'ornements, selon une marche des choses analogue à ce qui s'est passé pour le nimbe, qui, cercle lumineux dans son principe et de son essence, en est venu à se charger de fleurons et de rinceaux. On voit un exemple de rayons ainsi ornés, sur la miniature de la bibliothèque du Vatican que nous avons donnée précédemment (pi. vu), à raison de la disposition symétrique qui , saint Pierre étant au milieu, a amené à placer un Apôtre en apparence au-dessus de lui.

Dans cette miniature^ les rayons ou les bandes concentriques partent d'un sommet occupé par une sorte d'auréole, de trône ou de niche , où siège une figure divine : Dieu le Père, ou Dieu le Fils. L'un et l'autre étant représentés alors sous les mêmes traits, il u'e.st pas toujours possible de juger lequel des deux on a voulu mettre en scène. Au-dessous, une zone horizontale intermédiaire est remplie de petites flammes : flammes qui représentent alors plus directement le Saint-Esprit, les bandes qui en émanent disant comment il se communique aux Apôtres.

Quelquefois les rayons partant simplement d'un arc de cercle, cet arc est rouge, pour dire qu'il est enflammé: alors l'opération du Saint- Esprit seul est rappelée, et non celle du Père ou du Fils qui l'envoient; les rayons et les flammes se confondent souvent, les rayons étant.rouges, c'est-à-dire de feu, ou les flammes étant rayonnantes.

Toutes ces combinaisons peuvent s'associer avec la figure de la colombe, quoique le plus souvent elles s'en passent jusqu'à la seconde moitié du moyen âge, la colombe personnifiant le Saint-Esprit dans le sens où nous avons expliqué cette expression, et tout le reste servant alors à exprimer seulement les eflets de son action.

1. Ann. arch., T. XXVII. Cet ivoire, communiqué par M. Tounal, conservaleur du mnsée de Narbonne, est du xn« siècle : nous avons observé une grande main analogup, daosla DeMcenie du Saint-Esprit, sur un grand reliquaire en émail de Limoges, et du xni' siècle, appjrlenant au trésor de la cathédrale de Chartres , lors de Pexposition de celte ville ta

Après rADnonciation, le Baptême de Notre-Seigneur et la fête de la Pentecôte, on ne volt pas d'autres faits où il y ait des motifs égaux de faire intervenir le Saint-Esprit ; à ces mystères se rattachent les compositions oii l'on exprime la pensée plus générale des rapports du Saint- Esprit avec les autres Personnes divines , avec la sainte Vierge et avec l'Église.

Au premier ordre de rapports appartiennent toutes les figures où l'Esprit-Saint vient étendre ses ailes sur THomme-Dieu ou enfant ou docteur, ou victime ou vainqueur, et celles aussi où, placé autrement entre le Père et le Fils, il exprime encore le lien d'amour qui les unit. Marie est une créature privilégiée entre toutes, unique en son genre, d'ane importance à elle seule supérieure à tout ce qui existe, après Dieu, et sur la terre et dans les cieux ; et ce nom d'Ëpouse du Saint-Esprit, qu'elle mérita principalement au moment de l'Incarnation , exprime un"^ caractère indélébile, qui peut, en toute circonstance, êtr^ rendu, lorsque l'artiste le juge convenable, parla présence de la colombe divine audessus de sa tête très-sainte.

Le Saint-Esprit n'est pas descendu non plus accidentellement sur l'Église : il est venu en elle pour ne plus s'en séparer, et ce qui se fit ostensiblement dans le Cénacle, cinquante jours après la Résurrection, se maintient, sans diminution, jusqu'à la consommation des siècles. En conséquence, toutes les fois que l'Ëglise est représentée ou par la réu- Dion des Apôtres , ou par celle de leurs successeurs formant un concile, on sera dans le vrai au suprême degré en exprimant visiblement l'assistance du Saint-Esprit, selon toute la puissance de ces paroles : a II a plu au Saint-Esprit et à nous ».

Le Saint-Esprit ne repose phs seulement sur la tête de l'Ëglise pour régler ses décisions : il se répand dans tous ses membres, pour inspirer tous leurs actes; et, de la part des chrétiens, tout ce qui se fait dans Tesprit de l'Église est l'œuvre du Saint-Esprit avec leur coopération. Aus^i riroage du Saint-Esprit, pour exprimer son assistance, peut apparaître partout où ces conditions sont remplies ; mais il y a un motif spécial de le faire intervenir pour présider aux principales fonctions du ministère sacerdotal : au-dessus de Tautel du sacrifice , sur la chaire de vérité. L'Esprit-Saint apparaîtra très-convenablement encore comme principe de l'inspiration ^es Ëvangélistes et de tous les écrivains sacrés, comme la source où les Docteurs puisent leur science. Il ne faudrait pourtant pas trop prodiguer ces images, car il importe de distinguer deux choses : les sujets où les vérités dont nous parlons sont exposées avec solennité; les circonstances particulières où, d'après l'histoire ou des traditions d'une réelle valeur^ le Saint-Esprit aurait ostensiblement

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manifesté sa présence : tel est ce que Ton rapporte du saint pape Grégoire le Grand. Dans un cas semblable , l'image du Saint-Esprit devient un attribut particulier, et ce serait en dénaturer la signification que de l'appliquer outre mesure.

Nous n'avons encore rien dit de ces mots du second verset de la Genèse : et Spiritus Dei ferebaiur super aquas, oîi il semble que TEsprit- Saintest présenté conïme ayant exercé sur les eaux une sorte d'incubation, avant que la parole divine en iit sortir en détail toutes les merveilles de la création. Ce passage a donné lieu à de fréquentes représentations du Saint-Esprit, pendant tout le moyen âge. Les plus convenables sont celles où la célesle colombe plane au-dessus des eaux; la plonger dans ces mêmes eaux ne serait pas conforme à la nature du symbole. M. Didron a publié une miniature de la bibliothèque nationale ^ où, Dieu tenant dans sa main un disque, qui représente le monde, on voit au milieu de ce monde une masse d*eau que la colombe embrasse tout entière de ses ailes. La pensée de cette image est vraiment belle et propre à rappeler que les eaux ainsi sanctifiées, après avoir servi de point de départ à la création, deviendront la matière du sacrement de la régénération.

On distingue le Saint-Esprit lui-même des dons qu'il répand dans les âmes ; cesdons, coibptés au nombre de sept : — la sagesse, rintçlligence, la science, le conseil , la force, la piété et la crainte, — sont susceptibles d'être représentés, comme i'Esprit-Saint lui-même, par autant de colombes; leur nombre seul suffirait pour établir la distinction et témoigner que Ton entend représenter non plus la Personne divine, mais des effets surnaturels qui en proviennent ^.

Tous les chrétiens reçoivent, en principe , les sept dons du Saint- -Esprit parle sacrement de la confirma||on; mais on ne se sert de la représentation dont nous venons de parler, que pour exprimer la plénitude avec laquelle ils sont répandus en Jésus, ou en Marie à cause de Jésus. C>st un de ces procédés iconographiques d'une .nature délicate, dont il importe d'être sobre; on n'en devancera pas l'usage; on ne prendra pas sur soi d'étendre, au delà des limites que nous ferons surtout connaître, les applications que nous en rencontrerons dans l'iconographie de la sainte Vierge. Une pareille réserve doit être de règle dans, toute représentation qui a la Divinité pour objet : car alors tous les

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