‹ Guide de l'art chrétien (volume 2)Chapitre 95 sur 216 · HUt. de Dieu Çfeon. ehrét.), p · texte numérisé non relu

HUt. de Dieu Çfeon. ehrét.), p

2. Dans une miniature degEmbîemata Biblica (Bibl. nat. lat. 11,560, fol.94), oon pas poor représenter les dons du Saint-Esprit réunis, mais pour dire que cet Esprit divin se répand sur toute l'Ëglise , Dieu envoie sept colombes sur sept personnages , qui représentent les ministres de l'Eglise en général, plutôt que les Apôtres en particulier. La légitimité de te m« ù^ de représentation pourrait être douteuse.

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Itfines sont iropropras et insuffisant» en en]L-n)ùiiics.et l'usage »wul en détenninfl la si(;nîficalion; il eu est un peu comme des teftnes tbéologiques, employés pour exprimer des vérités définies.

LniepiDonsëu Silal-Etprii. (Puuiier datiÎDl Louis'.]

LES TROIS l'BRSONNES BEPHÉSENTÉES DIFFÉREHIIENT.

L'imagination n'a point à se mettre en quête pour trouver des figures upables de représenter le premier et le plus profond des mystères de notre foi : la Triaité des personnes dans l'unité divine. La mission de l'artiste, en cette matière, est plus simple : il laissera à l'esprit le soin de préciser tout ce qui peut humainement se concevoir de ce mystère ineffable, et se contentera de lui mettre sous les yeux les Personnes diverse-

1. On remirquera que , daai cette minialure . la colombe supérieure seule ett nimhée. Ble reprJKDterail donc plu* tpéciaiemeni l'Eiprit- Saint lui-tn ime, en tatme temps que l'un

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ment représentées, selon la diversité de leurs attributions, et selon qu'elles se sont diversement manifestées.

En conséquence, la meilleure manière indubitablement de représenter la sainte Trinité, dans l'art chrétien, c'est de représenter les trois Personnes divines réunies, sans qu'il soit besoin d'assimiler leurs figures, sans aucune prétention surtout d'exprimer par dés images sensibles comment, étant trois. Biles ne sont qu'un , mais, au contraire, en rendant par des figures complètement différentes les rôles qui les distinguent. Ainsi le Saint-Esprit, sous forme de colombe, ne ressemble extérieurement en rien au Père ou au Fils représentés sous figure humaine, et le Fils, incarné et crucifié, à plus forte raison s'il est représenté sous figure d'agneau, se distinguera complètement du Père, soit que la présence de celui-ci soit simplement indiquée par la main divine, soit qu'il apparaisse tout entier comme le roi qui à jamais règne dans les cieux.

Les plus anciennes représentations de la sainte Trinité dont nous ayons connaissance, étaient conçues d'après ces données : les trois Personnes divines étant figurées chacune parles symboles de la main, de l'agneau et de la colombe, dans les églises de Saint-Félix, à Noie et à Fondi, construites, décorées par saint Paulin, et décrites dans les vers

qu'il y avait fait inscrire *.

Les expressions dont il se sert relativement aux mosaïques de la première :

Pleno coruscat Trinitas mysterio :

Stat Christus agno; vox Patris cœlo tonat :

Et per columbam Spirilus sanctus Huit.

laisseraient du doute sur la manière dont était représenté Dieu le Père; mais ces vers, relatifs à la seconde,. font disparaître toute difficulté :

Sub cruce sanguinea niveo stat Christus in agno, Agnus ut innocens injuste datur hostia letho. Alite quem placida sanctus perfundit biantem ^ Spiritus, et rutila genitor de nube coronat.

A Noie, Dieu le Père parle, c'est-à-dire que la main divine, suspendue au travers des nuages, forme le geste oratoire ; à Fondi, cette même main tient une couronne : deux modes de représentations trop connus pour qu'il soit possible de s'y méprendre.

1. Operum sancti Paulini, éd. Mi,;,me, epUtol. xxxn, coi. 336» 339.

Par la suite de la description , on voit qu'à Noie, comme à Fondi , TAgntau était accompagné d'une croix, mais non pas probablement, dans les deux églises, posée de la même manière : à Fondi, il paraîtrait que i'Agaeau était figuré sur la croix, à l'intersection des branches sans doute ; à Noie, il se tenait debout sur la montagne d'où coulaient les quatre fleuves :

Sanctam fatentur cruxet agnus victimam.

Regnum et triumphum purpura et palma indicant. Petram superstat ipse petra Ecclesiae, De qua sonori quatuor fontes meant, EvangelistsB viva Gbristi flumina.

Le Saint-Esprit, suspendu entre la main divine et le divin Agneau, devait, dans l'un et l'autre cas, être représenté avec un jet de rayons émanant de lui, Sptriius sanctus fluit. De part et d'autre aussi, il y avait une couronne, soit qu'elle fût posée sur la croix, soit qu'elle Tentourftt ; i Noie; il y avait encore le palmier et douze colombes en cercle représentant les Apôtres :

Cui coronae sunt corona Apostoli.

Quorum figura est in columbarum choro.

A Fondi, un entourage d'arbres et de fleurs représentait les délices du paradis :

Ipse Deuc, nobisprinceps crucis atque corooae In ter floriferi cœleste nemus paradisi.

On voit par l'ensemble de ces représentations et de leurs descriptions poétiques, que, si la Trinité y apparaissait bien expressément pour rendre témoignage au Sauveur, dont le premier des titres e?t d'être Tune deî^ trois Personnes divines :

Pia Trinitalis unitas Christo coU,

la pensée principale de saint Paulin n'était point de rendre le mystère de la Trinité, mais de faire intervenir celle-ci tout entière dans l'expression du mystère de la Rédemption.

Les circonstances oii il y a un sérieux besoin de représenter la sainte Trinité pour elle-même, sont toujours demeurée» exceptionnelles, et rien n'est plus commun, au contraire, que l'occasion de représenter les trois Personnes divines sous les traits consacrés pour les figurer spécialement. Cette occasion se rencontre toutes les fois que, dans la vie du Dieu fait

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homme, on veut faire intervenir k Père et le Saint-Esprit pour attester sa mission, attester sa divinité, agir de concert avec lui ou le glorifier «près sa résurrection ; lorsqu'aussi le Saint-Esprit est envoyé, lorsque Marie est couronnée. Veut-on, en réunissant les trois Personnes divines, se proposer cependant comme but cette réunion môme : que Ton fasse comme saint Paulin, qu'on ne sépare pas l'expression du mystère de la Trinité, de celle de la Rédemption ; la pensée du mystère de l'Incarnation y sera comprise, et tous les mystères fondamentaux de notre foi seront ainsi exprimés dans un seul groupe.

Trinité et Rédemption. (Miniature du xn« siècle *.)

C'est ce qui a lieu lorsque, Jésus-Christ reposant sur la croix, Dieu le Père embrasse cette croix du regard ou du geste, et que le Saint-Esprit plane entre les deux, avec les effusions de son éternel amour. Que fait-on alors, sinon le signe de la croix, le signe du chrétien, qui se fait toujours

1. Hist. de Dieu (fcon, ehrét.) y p. 593. Nous reproduisons la miniature publiée par M. Uidron, afin qu^on puisse la comparer avec celle que nuus avons donnée p. 146.

au DOfu du Fère, du Fils et du SaintrEsprit? on le formule en image, on le grave hur la pierre, sur le marbre , on le trace sur la toile, on professe hautement sa foi tout entière. Ce genre de représentation , qui remonte au xii« siècle , a été fort usité au x xiv«, xv« et xvi« siècles ; il s'était maintenu bien postérieurement à la Renaissance. Mais, en dernier lieu, on avait fini par en perdre le sens, et nous avons vu des gens s'en étonner comme d'une composition singulière. Aujourd'hui, il est heureusement réhabilité; mais pour que la réhabilitation soit complète, il importe de rentrer dans le caractère solennel que Ton savait donner à ces sortes de pensées, encore à l'époque où celle-ci se fit jour dans l'art. La Rédemption de l'homme et la manifestation de la Trinité divine sont un Fujet de gloire et de joie : ce n'est pas le cas de s'apitoyer sur les souffrances de l'Horame-Dieu ; il vaut bien mieux revenir alors à l'expression des plus anciens crucifix, où le Christ, étendant les bras, se montre prêt à embrasser le monde, vivant et rayonnant, vainqueur de la mort et de la souffrance. Alors le Père, au lieu de s^ttendrir, se montrera lui-même heureux et glorieux, doublement satisfait dans sa justice et dans son amour, avec le Saint-Esprit. A tous les trois, suit gloire et honneur à jamais !

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