‹ Guide de l'art chrétienChapitre 104 sur 238 · MaUb., IX, 2; Marc, ii, 3 ; Luc, v · texte numérisé non relu

MaUb., IX, 2; Marc, ii, 3 ; Luc, v

S. Bosio, Rwn. tott., p. 233, 3i7, 373, 445. De Rossi, Rom. $oH., T. Il, pi. xvi. Il est à remarquer qoe, dans la preini4re planche de Bosio, le paralytique portant son lit est mis ea regard d'une Oraole, de chaque côté d'une coinpoâitiun centrale représentant Adam et Eve. Il semblerait donc quM représente Thomme relevé de sa chute, en regfard de la femme réhabilitée. Les autres figures ofirentdes rapprochements analogues.

3. Bosio, Rom. êoit., p. 83, 91, 97, 101, 293, 497. Sur ces monuments, pour ménager l'espace et pour exprimer une infériorité personnelle , le paralytique est de beaucoup plus petite taille que les autres personnages.

i. Joao., V, 8.

du toit ^. HaiSy dans les moDumeiits contemporains, ou un peu postérieurs, sur là couverture de l'évangéliaire de Muriano, sur la boite en ivoire publiée par Gori/et sur celle du musée de Cluny, que nous avons nousméme publiée, sur la couverture de l'évangéliaire de Milan ^ la .>cènedu paralytique se retrouve uniquement sous son ancienne forme; il en ast de même sur Tivoire d'Oxford, attribué au viii« ou ix* siècle^ et moulé par la société d'Arundel 3. Dans les mosaïques, où les deux paralytiques sont représentés, c'est, disons-nous, celui de la piscine qui emporte son lit. Saint Jean ne rapporte point qu'au moment de sa guérison, Notre-Seigneur lui ait parlé de la rémission de ses péchés, mais les paroles qu'il lui adressa, lorsque, le rencontrant bientôt après, il lui dit : Ecce sanus foetus^ jam noii peccarey « vous avez recouvré la santé, désormais ne péchez plus », témoi*gnent qu'il avait bien entendu lui rendre par-dessus tout la santé de l'âme ; de sorte que l'un et l'autre, guéris de la même inûrmité, avec des circonstances différentes sur un fond commun, expriment également la transition de l'état du péché à celui de la grâce.

Aucun artiste vraiment désireux de tirer parti de la poésie de son sujet ne devrait perdre de vue cette signification, quel que soit celui des deu]L événements qu'il se propose de représenter. Nous ne saurions répondre, au contraire, que, sous l'empire des préoccupations dominantes dans l'art moderne, personne, dans ces sortes de représentations, ait songé à s'élever au delà des guérisons du corps. Il faut convenir que, lors même que cette pensée plus haute aurait pris dans leur esprit toute la place qu'elle avait le droit d'y occuper, il leur devenait d'une extrême difficulté de lui faire jour, astreints, comme ils croyaient l'être, par le progrès même des procédés artistiques, à repousser les procédés iconographiques y qui avaient précisément pour but de mettre la pensée surnaturelle en relief. — La guérison corporelle est l'image de la guérison de l'âme : soit, pouvaient-ils dire ; mais à nous il appartient de représenter ce qui se voit , et rien au delà ; c'est à vous d'y attacher la signification que vous jugerez convenable; nous représentons la guérison du corps; songez à la guérison de l'âme : nous demeurerons chacun dans notre râle. — Cette situation est admissible, pourvu qu'on ne la don ne pas pour le dernier mot de l'art, pourvu surtout que l'artiste ne se croie pas dispensé de relever, autant qu'il en est capable, par la dignité des expressions, par le ton élevé de la composition, une scène qui doit prêter à des pensées si hautes.

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