Ciaropini, VeL mon,, T. II, pi. xxvi, Ag
S. Gori, Theê, vel. dypL, T. l\\, pi. vm ; Suppl., pi. xxiv ; T. 1 , pi. ti de eet ouvrage ; Moulagei de la SoàéU éTArundel, 4« classe, n» 1. 3. Moulagei (CArundel, 5« classe, n^ 3.
La question ramenée à ces fermes , nous nous mettons h l'aise pour accorder à l'un des chefs-d'œuvre de Murillo notre part d'admiration. Nous ne lui refusons pas la vérité dans le sentiment religieux ; nous ne lui accordons pas beaucoup d'élévation, même dans le choix des formes matérielles ; mais ce qu'il a de vivant , de senti , de coloré , d'émouvant , avec son ton moyen et son spiritualisme un peu terre à terre, on le retrouve dans son tableau du Paralytique. Et ce tableau offre un ensemble si convenable que, sans exciter la pensée à monter, du moins, si elle y est disposée déjà , il favorise sa disposition. Le malade est représenté au moment oii Notre-Seigneur lui demande s'il veut être guéri, et ou il répond qu'il n'a personne à sa disposition pour le plonger flans la piscine, quand l'eau vient d'être agitée. Il parle avec un air de tristesse résignée , et regarde le Sauveur , sinon avec l'espoir d'obtenir tout ce qui va en réalité lui être accordé, au moins comme sensible à l'attention qui lui est prêtée par un inconnu si bienveillant, et comme pouvant en attendre quelque secours. Ces sentiments sont vrais, et ils annoncent une âme bien préparée pour ce qui doit suivre. Le Sauveur, de son côté, par le mouvement de sa main en avant, témoigne, quoique avec une grande simplicité, vouloir aller beaucoup au delà d'un acte de commisération infructueuse. La pensée où il est d'agir ultérieurement, est rendue plus apparente par le contraste des trois Apôtres dont il est accompagné. Il sait ce qu'il veut faire, et l'on voit que leur compassion, au contraire, est embarrassée et sans issue. Tout cela est vrai encore, et d'une vérité pleine de charme : ce qui tient principalement aux sentiments, qui sont vertueux chez tous les acteurs de la scène. L'âme se repose. Puis la charité^ qui pourvoit aux besoins corporels, remplissant les conditions du bien, de la part de celui qui reçoitcomme chez celui qui donne , il ne lui faut qu'un faible effort pour atteindre les régions spirituelles de la grâce et du salut. Qu'il Tait calculé ou non , une autre condition favorable à ce résultat, dans le tableau de Murillo, c'est que les accessoires du fond ne partagent pas trop l'attention. La piscine est éloignée : ses portiques, les infirmes qui l'entourent, en petit nombre pour éviter la confusion, assez pressés toutefois pour montrer qu'ils étaient nombreux, l'ange qui se laisse apercevoir, venant du ciel, avertissent la pensée sans la distraire ^
Pour l'artiste habile à manier le pittoresque, il faut comprendre néanmoins qu'il soit tenté de rapprocher tous ces éléments : de l'eau, de l'archi*ecture, l'anxiété de l'attente, dans cet assemblage de gens qui offrent
1. Ce tableau, originairement à l'hôpital de la Charité , à Sëville , est pané enivite dant la galerie du maréchal Sonlt.
un aperçu de toutes les infirmités humaines. Groupes sur les degrés de la piscine miraculeuse, ils seront empruntés à toutes les classes de la société, car le rang et la richesse ne donnent point le privilège de la santé, mais seulement la possibilité de faire plus de frais pour la poursuivre, sans être plus assuré de Tatteiodre. Et au milieu de ce pêle-mêle, de cet empressement, voici Celui qui, non-seulement tient dans sa main la vieet la santé, mais qui est lui-même la résurrection et la vie. Il passe inaperçu du plus grand nombre, et choisit un pauvre délaissé pour lui accorder libéralement un bien si désiré de tous.
LA AËSCRREGTiON DE LAZARE.
Jésus, venu en ce monde pour détruire Tempire de Satan, a voulu aussi nous libérer de la mort , qui est l'œuvre de cet esprit de ténèbres. L'Êvangile cite trois morts qu'il a ressuscites, et l'on ne peut douter qu'en outre des intentions bienfaisantes qu'il manifesta en ces diverses occasions, il n'ait voulu donner autant d'images de la résurrection à la grâce, et autant de (?ages de la résurrection finale à la gloire promise à tous les chrétiens qui lui demeureront fidèles.
On a remarqué que les trois morts ressuscites par Notre-Seigneur : — la iille de Jaïre, qui venait seulement de rendre le dernier soupir^ ; le fils de la veuve de Naïm , dont le convoi funèbre était déjà en marche, et sorti de la ville ^i Lazare, qui, depuis quatre jours, était enfoui dans le tombeau, et dont le corps entrait déjà en putréfaction, — représentaient autant de degrés divers dans l'état des âmes mortes par le péché : les unes qui s'en relèvent après une chute récente; les autres chez lesquelles il est devenu une habitude qui commence à s'invétérer; d'autres enfin, où cette habitude est passera l'état de corruption. Or, tant que nous somnaes dans ce monde, il n'est aucun de ces états de mort, dont, avec le secours de la grâce, nous ne puissions ressusciter. Il serait parfaitement selon le génie de Tari chrétien, de mettre en regard des trois résurrections accomplies par Notre-Seigneur , la conversion de trois pécheurs enfoncés, à des degrés divers, dans l'ornière du mal : un premier, qui se repent et fait pénitence, aussitôt après avoir succombé par l'effet d'une séduction acci-