Luc, VII
VIE PDBUQDB Oe NOTRE-SEIGNEUR. 231
dentelle ; un second^ qui se serait laissé entraîner à des liaisons ooupables ; un troisième, qui serait allé jusqu'au vice.
Néanmoins, la résurrection de Lazare est un des sujets qui tiennent le plus de place dans tous les cycles de l'art chrétien ; celles du fils de la veuve de Naîm et de la fille de Jaîre n'ont jamais été qu'assez rarement représentées. Aux époques où l'on recherchait l'idée^ sans' songer i l'effet pittoresque , la résurrection de Lazare , sans cesse répétée, était trouvée suffisante pour inculquer en toute occasion aux fidèles la double pensée de la vie de la grâce, qui leur était rendue, et de la vie de la gloire, qui leur était promise. On conçoit moins pourquoi, au point de vue du sentiment, on n'a pas, dans la suite , cherché plus souvent à tirer parti des touchantes situations où l'on vit Jésus s'apitoyer sur le sort d'une mère, et lui rendre son unique enfant ; puis réduire effectivement aux proportions d'un court sommeil, la mort bien réelle d'une tendre jeune fille. Les circonstances de ces deux événements sont éminemment propres à faire tableau; mais il nous suffira de cette simple remarque, et nous n'avons pas trop du reste de cet article, pour faire connaître les différentes manières de représenter la résurrection de Lazare, qui ont été adoptées suivant les temps.
Dans les peintures des Catacombes, et sur les fonds de verre, la composition se réduit aux seules figures de Notre-Seigneur et de Lazare. Lazare, dans les peintures du cimetière de Saint-Calixte, dites des Sacrements, est debout , et déjà sorti du tombeau ^ ; c'est l'indice d'une époque plus ancienne que celle des autres monuments du même genre, et où le type consacré n^avait pas encore prévalu. D'après ce type^ que l'on retrouve presque invariablement, depuis la fin du ui* siècle jusqu'au vi*, Lazare est représenté à l'état de momie (momie qui n'a que la taille d'un enfant) , et encore dans le tombeau, quoique presque toujours il y soit posé debout. Le plus souvent, Notre-Seigneur étend vers lui la verge de sa toute-puissance, verge qui devient la croix sur quelques monuments un peu postérieurs (voir T. I, pi. vi). Sur les sarcophages, la composition commence à se développer : outre que le Christ s'y montre presque toujours accompagné de quelques-uns de*ses Apôtres, on voit généralement à ses pieds une des deux sœurs de Lazare, qui l'implore. La scène tournerait ainsi facilement aux sentiments affectueux, et on les voit poindre sur un de ces monugients, où la pieuse sœur a pris sa main, et où il semble lui dire : «Je suis la résurrection et la vie' ». Il semble que l'on