‹ Guide de l'art chrétienChapitre 107 sur 238 · De Rogfi, Ram. toit., T. W, pi. xiv · texte numérisé non relu

De Rogfi, Ram. toit., T. W, pi. xiv

2. Bo«io, Rom, 90tt., p. 155. Sur un autre garcophage, publié par Bosio, p. 293, derrière le Christ ressuscitant Lasare , on voit un petit personnage nu. Nous supposerions que c'est

doive reconnaître Marthe et Marie — l'une agenouillée aux pieds du Sauveur, l'autre debout auprès de lui — sur un autre sarcophage, publié par Bosio, et qui est maintenant au musée de Latran ^ ; on les retrouve sur une tabletteen ivoire, provenant de l'église de Saint-André d'Amalfi, et publiée par Gori *. La verge portée par le Sauveur nous incline à croire que ce monument ne descend pas beaucoup au-dessous du vi® siècle; nous aurions été porté à tirer la même conclusion, de la forme de momie dans le fond de sa niche, laissée à Lazare; mais nous la revoyons au xii® siècle, sur la porte de Bénévent, où les deux sœurs sont aussi aux. pieds de Jésus. L'on trouve une disposition différente sur les portes de Monreale et de Pise. Lazare est plus éloigné et couché dans son tombeau; Marthe et Marie s'inclinent uniformément devant Notre-Seigneur , dans une position qui prend une teinte d'archaïsme plus prononcée que sur les monuments plus anciens, cependant, dont nous venons d parler. Cette prostration simultanée et uniforme est tellement passée en pratique, qu'elle a été adoptée au xiv^ siècle par Giotto ; on l'observe dans les fresques de Padoue, où» d'ailleurs, le peintre florentin a imprimé le caractère de sa vive originalité, spécialement dans la scène dont il s'agit. Pour la première fois, elle prend sous nos yeux un tour dramatique, et l'on voit que Giotto a voulu rappeler tout à la fois, dans son tableau, les circonstances supcessives du fait. Marthe et Marie ont imploré Tune après l'autre le divin Ami de leur frère : — elles l'implorent ensemble. Quand le Sauveur commanda d'ouvrir le tombeau , quelques-uns des assistants témoignèrent qu'ils en craignaient les exhalaisons félidés : — ils se bouchent encore le nez. — La pierre fut cependant levée : — on la lève encore. — Notre-Seigneur enjoignit à Lazare de se lever : — c'est ce qu'il fait maintenant; et dans son attitude de commandement douce et assurée, le Seigneur est vraiment beau. Lazare se leva, encore entouré de ses band^"lettes, mais plein dévie etdesant'S: — il s'est levé; mais pour montrer qu'il était mort, le peintre lui a laissé un aspect décharné et sans vie. Un autre personnage le tient doucement dans ses bras, et semble dire aux assistants émerveillés : a Le voici » ! Quel est ce personnage? il est nimbé, il est donc déterminé; ce n'est pas un Apôtre : les Apdtres sont derrière Notre-Seigneur i on ne comprendrait pas pourquoi ils rempliraient ce rôle; pourquoi aussi ils auraient la tête couverte de leur manteau, comme on l'observe chez le personnage en question. Ne serait-

A':laiD, par qui est venue la mort. Il serait ainsi placé en opposition avec la vie reodne à Lazare, pour dire qu*elle est rendue à Thumanité.

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