Vitraux de Bourges, pi. iv
1 !d., pi. d*élude XI, p. 181.
PRÉlMCATiONS bE Norâfi-SEIGNEUR. 283
arriver par degrés; le prodigue, au lieu de commeacer par l'ostentation, est livré de prime abord à trois courtisanes. Il y a de l'exagération dans ia scène où il est enchaîné par trois démons. Quand il garde les pourceaux, son dépouillement, au contraire, ne parait pas assez complet, et la joie excitéepar son retour, plus bruyante, n'est peut-être pas aussi intimement sentie. La cathédrale d*Auxerre a aussi sa verrière de l'Enfant prodigue, très^mutilée par les protestants : elle s'annonce encore avec un grand luxe d'ornementation, ce qui n'empêche pas le savant critique de la classer dans un rang secondaire.
A la chute du moyen âge, on retrouve l'hiitoire de TEnfant prodigue, dans les vignettes de Simon Yostre. Huit de ces petits tableaux sont consacrés à cette parabole. Le jeune damoiseau , d'abord en conférence avec son père, part ensuite suivi de ses chiens et de ses valets; puis on le voit attablé avec trois courtisanes, qui, dans la scène suivante, le chassent et le laissent dans le dénuement. II. se loue, il regarde d'un air d'envie ses porcs qui mangent dans un bois, il revient à son père, il est assis à la table du festin; la scène se termine par les réclamations du 61s atné, à genoux aux pieds du Père de famille. Ces vignettes ont un caractère de bonhomie, qui les fait ressembler aux tableaux de genre dont nous parlerons bientôt; nous voulons, auparavant, nous rendre compte de l'esprit très-diiférent dans lequel le moyen âge représentait cette parabole et les deux autres que nous avons nommées. Bien qu'on ne voie pas dans les représentations précédentes, comme nous le remarquerons dans celle du bon Samaritain, la double représentation des faits et de leurs significations, nous admettons, sans hésiter, l'explication du P. Cahier : les Pères et les Docteurs sont d'accord pour considérer la parabole de l'Enfant prodigue comme une figure de la vocation des Gentils, et l'opinion d'après laquelle huit petites figures couronnées, renfermées dans autant de médaillons et semées entre les principales divisions du vitrail de Bourges, représenteraient les huit princes chargés, d'après le prophète Michée, de la propagation de l'Evangile, nous paraît pleine de vraisemblance ^
La parabole du bon Samaritain figure parmi les verrières de Bourges, de Sens, (le Chartres, deRouefïi. A Rouen, les circonstances sont noyées dans un grand nombre de petits tnédaillons d'un maigre effet. A Chartres, on voit se dessiner la parabole, et son application à la chute de l'homme et à la rédemption, dans deux séries superposées. L'ordonnance adoptée à Bourges et à Sens*, pour rendre la même pensée, est bien supérieure.