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D*Agincourt, Peinture, pl. civ, fig

278 GUIDE DE l'art CRRÉTIBN.

s'opère le partage que nous avons annoncé : entre le repas ou la trahison de Judas est prédite, et la Communion des Apôtres, on observe le Lavement des pieds.

Les deux plus remarquables de ces tableaux sont ceux de Giottoetdu Beato Ângelico. Les deux peintres, avec des différences de composition» qui excluent toute idée d'imitation directe de la part du second, tombés d'accord quant à la position de Judas, qui, se baissant pour rattacher ses sandales, dissimule ainsi son trouble, ont encore cela de commun qu'un jeune homme imberbe , qui doit être saint Jean , est chargé de porter dans une cruche Teau dont se sert le Sauveur dans son pieux ministère. Giotto a représenté saint Pierre' portant la main à sa tête, avançant le pied, au moment où il se soumet, en disant : a Seigneur, lavez-moi non-seulement les pieds, mais les mains et la tête d. Et Jésus, à genoux, tenant le pied de saint Pierre d'une main, levant la tête et l'autre main, témoigne de la manière la plus ferme et de son excès d'humilité et de son autorité souveraine.

Le Beato Ângelico s'est attaché au moment où saint Pierre proteste que le Seigneur ne lui laverajamais les pieds, et il les lui faitcetirèrverslai par un mouvement pleinde vérité. L'expression de Jésus estsurtout celled'une douce et pénétrante invitation. « A genoux, les mains étendues et abaistf sées », — nous traduisons, ou à peu près, les termes de lady Eastlake, — a il offre ses services, il sollicite une acceptation avec tant d'amour que a la pensée est transportée bien au delà de toute circonstance accidentelle; a on voit venir la Rédemption dans sa plénitude. Il' n'est pas, en effet, « d'art ou de poème, quand on les entend de cette sorte, qui n'aient tou- « jours la Rédemption pour objet, comme le thème final où tendent « toutes leurs œuvres. Si la science se taisait, Tari chrétien serait comme « les pierres de l'Ëvangile, il criorait : Les moindres actions du Sauveur « se rapportent au bien suprême qu'il s'est proposé en venant dans ce « monde *. »

Malheureusement, — ajouterons-nous, en continuant de suivre l'auteur que nous venons de citer, — bien avant l'époque dont nous parlons, le naturalisme, quand il était encore naïf, était descendu tellement au-dessous des hauteurs où l'on respire des sentiments si dégagés des scories de la terre, que, dès le xiv* siècle, on rencontre des miniatures, trop imitées depuis, où, dans la représentation de ce sujet même, plusieurs Apôtres, des canifs à la main, sont occupés du soin de leurs pieds, comme ils pourraient l'être à la suite du bain le plus vulgaire.

En compensation, on aimerait à rencontrer une œuvre de l'art arrivé

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