‹ Guide de l'art chrétienChapitre 134 sur 238 · JÉSUS ET LE SATELLITE · texte numérisé non relu

JÉSUS ET LE SATELLITE

Pilate se laver les mains; d'après la différence des costumes, on est fondé à croire qae te premier juge est Caïplie. Cette manière de faire sa part à l'un et à Tautrp, dans deux scènes qui se suivent, -pour rappeler les ciroonstances multipliées de la condamnation du Sauveur, est conforme au besoin de condensation qui est inhérent au langage de l'art. Dans les fresques de TArena, à Padoue, nou^ trouvons, de nouveau, Anne et Caïpbe réunis au même tribunal. Le Sauveur vient de confesser qu'il est le Fils de Dieu ; Gaîphe déchire ses vêtements avec une feinte indignation ; Anne bcmble dire : Il s'est condamné lui-même. Jésus détourne les regards, avec une noble contenance , et semble, dirons-nous avec lady Eastlake, les porter bien loin de toutes les choses, de la terre, vers l'avenir et l'accomplissement des prophéties, sans s'inquiéter pi des juges, ni des accusateurs, ni du misérable qui va le frapper.

Il semblerait, d'après le récit de saint Jean ^ que cet acte de^rutalité sauvage fut accompli, non pas devant Caïpbe, mais lors du premier interrogatoire que Jésus subit en présence d'Anne. C'est, en etfet, immédiatement après, que l'Évangéliste ajoute : Kt misiteum Annasad CaipAam. Dans tous les cas, ce n'est pas au moment où Jésus conlossant qu'il était le Fils de Dieu, Caïphe feignit la douleur et Tindignation, que Notre- Seigneur reçut cet outrage : il l'avait reçu auparavant. Ou a donc là un nouvel exemple du sy>tème de concentration employé par les peintres.

On a supposé assez généralement, à commencer par Giotto, que le coupable, dans cette circonstance, était l'un des soldats, et même l'un des officiers qui formaient la garde autour du divin Accusé. Quelques peintres ont, en conséquence, armé sa maia d'un gantelet de fer, et lui ont fait asséner un coup si violent, que Jésus en est renversé. Ayala s'en est plaint comme d'une inexactitude et d'une exagération *. En fait, qui peut assigner des bornes aux indignes traitements auxquels le Sauveur a pu s'assujettir? Catherine Emmerich admet, dans ses Méditations^ qu'elles allèrent, dans cette circonstance, jusqu'à cette extrémité. Mais, dans les représentations de l'art, nous avons établi, en principe, que la dignité du Fils de Dieu devrait toujours ressortir comme supérieure à tous les outrages. C'est, en effet, ainsi qu'il apparaît dans un de^in de Holbein auquel nous eçipruntons (pi. xi) les ligures de Notre- Seigneur et du satellite qui le frappe. Jésus domine par sa dignité, d'autant plus qu'il conserve son calme ^t sa douceur, la brutalité de ce • misérable. Nous nous trouvons d'ailleurs, sur ce sujet, en parfait accord avec lady Eastlake, lorsque, à propos de la manière dont Hulbein lui-même dans d'autres composi-

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