Joan., XYin
%. Ayala, Pietor Christ,, L. UI, cap. xiv, § 7.
â88 GUIDE DE l'art CHRÉTIEN.
lions, Albert Dater, et en ^énëra) les peintres allemanrtsde leur époque, ont traité de pareilssujets, elle s'écrie :
« Représenter la Personne sacrée de Nofre-Seigheur succombant sous « ces traitements dégradants, ce n'est pas supportable pour un œil res- (c peclueux. m'ême dans les scènes qui rappellent ses souffrances bien « connues : à plus forte raison e^l-ce tout à fait inqualiGable, dans le d silence dé TÉcriture. Nous ne pourrons jamais trop souvent inspirer à « nos lecteurs cette pensée que Tart est dans l'obligation, comme pre a mière condition du service que Ton attend de lui, de montrer son res- V pect pour la Personne de Notre-Seigneur, en rendant sa dignité pré-
6 dominante par-dessus tous les outrages auxquels il s'est assujetti
« Pour nous, dans toute circonstance de sa vie, il est le Maflre du ciel et a de la terre, et rien de moins. Le rendre d'une douceur et d'une bénia gnité sans pareille, alors même qu*il est meurtri, ensanglanté, rejeté et (( livré au mépris : voilà le seul moyen de nous inculquer ces enseignece ments religieux qui attendrissent les cœurs et les humilient. C'est « seulement par comparaison de ses souffrances avec la nature divine, « que le terrible spectacle de sa Croix et de sa Passion peut convenable- <i ment nous pénétrer. Associez ces sçuffrances avec une figure avilie et « dégradée, ou exagérez-les jusqu'à faire disparaître le caractère de tf celui qui les endure, et immédiatement elles perdent de leur effet sur e les âmes. Le Christ n'étant plus qu'un homme persécuté et souffrant, « rhumanité le considère avec pitié, quelquefois avec dégoût : jamais il (( ne provoque aucun aveu humble et repentant*. »
On remarquera que, dans la pensée du noble auteur, la divinité de Jé.>us, au milieu de ses plus sanglantes épreuves, doit surtout se manifester par une expression de douceur et de paix, et que l'effet que Ton doit principalement en attendre est un effet de componction. Ce sont bien là les idées qui ont prévalu dans l'ascétisme et dans l'esthétique moderne. Sans remonter même jusqu'à l'antiquité chrétienne, sur une plaque d'argent gravé duUrésor d'Aix-la-Chapelle, le plus ancien des exemples de la scène des outrages , recueillis par lady Eastlake — bien qu'il ne soit pas antérieur auxi* ou xji* siècle, — nous montre le Sauveur les supportant avec une dignité supérieure à toute autre impression, et tous les honneurs que teignent de lui rendre les satellites, prennent une telle apparence de sérieux,' qu'on le reconnaît bien pour le Seigneur et le Maître de ceux qui Tinjurient et le maltraitent^. Ce caractère est peutiHre plus accentué encore sur le candélabre de Saint-Paul-hors-les-Murs.
1, History ofour Lord, T. II, p. 45.