‹ Guide de l'art chrétienChapitre 140 sur 238 · Hh»ory of out Lord, T. W, p. V · texte numérisé non relu

Hh»ory of out Lord, T. W, p. V

légitime, de Jésus à Pilate, plutôt que son interversion de Pilate à J&us.

Qu'on se rappelle alors ces admirables paroles du divin accusé : « Vm verrez le Fils de V homme ams à la droite du Dieu tout-pui&mt venir 9ur les nuées du ciel ». Elles rencontrèrent, il est vrai, enCaiphe^nDe fime si endurcie, que toute autre impression céda chez lui à Tempressement de s'en prévaloir pour suppléer aux témoignages qui lui manquaient. Mais prenez-les en elles-mêmes, et jugez si Celui qui fit tomber à la renverse, au Jardin des Olives, les satellites auxquels il allait livrer sa personne, ne dut pas par moments faire frémir d'une secrète ierrenr les juges auxquels il semblait s'être assujetti. 11 entrait bien, cependant, dans Tesprit qui guidait les artistes de ces premiers âges, de dire que le Sauveur, alors^ faisait réellement le sacrifice de sa vie. Ils l'ont dit quelquefois plus explicitement, en combinant le sacrifice d*Abraham avec la comparution devant Pilate. Seulement, pour avoir tonte leur pensée, il faut aller jusqu'aux fruits du sacrifice dont celui d'Abraham était U figure.

Au moment de l'antiquité chrétienne où l'art incline vers le mojeo âge, la Condamnation du Sauveur prend, vers lex" siècle, sur les feuilles de diptyque de Milan, une autre physionomie. Notre-Seigneur, dans le moment où Pilate se lave les mains, n'est plu^en face de lui : il est déjà emmené dans la voie qui conduit au Calvaire. C'est-à-dire que, parce commencement d'exécution donné à la sentence, l'on a voulu franchement reporter la pensée vers le cdté douloureux de ]a Passion.

Fûhricb, dans les peintures à fresque du Chemin de Croix que lui doit la ville de Vienne, a suivi cet exemple, et il en a entraîné d'autres à le suivre. Mgr Barbier de Montault, dans V Iconographie du Chemin de la Croix que nous lui devons, l'a blâmé. <x La condamnation à mort de Jésos- « Christ, » dit-il, c se complique de trois phases distinctes : l'arrêt pro- « nonce, le lavement des mains, et la mise à exécution de la seii- « tence ^ ». Et, selon lui, la première des phas3S, la prononciation de l'arrêt, doit seule faire le sujet de la première station. Pour émettre nousmême un avis à cet égard, il faut que nous entrions dans Tordre d'idées spécial à ce genre de composition. Le$ quatoi*ze tableaux dont un Chemio de Croix se compose, ont acquis, de noi jours, une grande importance, par l'extension donnée à la pratique de piété à laquelle on les fait servir: sans pouvoir accorder à leur étude tout le développement qu'elle demanderait, nous en ferons l'objet d& quelques observations à part, au milieu desquelles se trouvera mieux placée celle que nous pourrions faire à ce moment sur la question ainsi soulevée.

Page 1