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D'Agincourt, Peinture, pi. ci, en

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et de la mi^me manière que, à Vépoqaedes Mj/stères. on affublait d'un nom lous les personnages mis en scène.

Le purif-lance Invoquant le Sauveur. (Ivoire du niuBée de CluDif.]

On remarquera que, jusqu'au xiu^ siècle, le porte-lance et le porleéponge oui un râle idéal, en rapport avec la signification la plus large du Crucifiement, signitication à laquelle on s'attachait de préférence; que, plus lard, les souvenirs légendaires prennent plus de part dans leurs lepréseii talions, et que, à partir delaRenaissance, lorsque les symboles et les li^gendc» tombaient à peu près également en discrédit, on a représenté beaucoup moins ces deux personnages, et beaucoup plus le centurion.

La Croix est le signe du salut pour les uns; elle met le sceau à la rt^pi'obation des autres. Parmi les circonstances du drame accompli sur le Calvaire, il n'en est pas de plus propre à exprimer cette double pensée, que le rôle des deux larrons ; aussi les a-t-on représentés, sur les ■ fioles de Monza, à droite et à gauche de la Croix et du Sauveur en persotine, qui tour à tour surmonte l'instrument du salut et en tient ta place, l'un dirigeant ses regards vers lui, l'autre tourné dans le sens contraire, avec une alïcclalion manifeste (T. H, pi. xvii). On les retrouve dans la miniature du manuscrit syriaque ; le^ dispositions du bon larron y sont nettement indiquées par l'inclinaison de la tète; l'altitude du mauvais est celle de l'insensibilité.

Les larrons ne -se revoient plus, ensuite, dans aucun des anciens Crucifiements qui nous sont connus. On comprend, en effet, qu'il n'y ait pas de place pour eux sur les Crucifix proprement dits; mais ils auraient pu en trouver une sur les reliquaires de Monza et dans la mosaïque de Jean VU, dont la di scription nous a été conservée, etoùTon sait qu'on leur avait préféré les figures du porle-lance et du porte-éponge, qui leur sont associées dans le manuscrit syriaque. Cette préférence n'est pas purement accidentelle, car elle se maintiendra pendant la période suivante. Nous ne les retrouvons, parmi les monuments que nous avons cités, (ju'au xi<^ siècle, dans la peinture de Saint-Urbain alla Caffarella; au X!ip, sur le candélabre de Saint-Paul; au xiii«, dans la miniature d'Herrade et dans les peintures de la chapelle Saint-Sylvestre, près l'église des Qualre-Couronnés,- ^ Rome. A partir de cette époque, ils tendent de plus en plus à gagner du terrain sur le porte-lance et le porte-éponge, et ils finiront par leur être^ à leur tour, hautement préférés. •

Le bon Larron. (VigneUo de T. Kerver.) Lo mauvais Larron. (Vignette de T. Kerver.)

Dans presque tous les monuments que nous vt nons de citer, à l'exception du manuscrit syriaque et du candélabre de Saii)t-Paul, et dans presque toutes leurs représentations jusqu'au xvi« .<iècle *, ils donnent lieu à une observation curieuse : leurs bras, au lieu d'être étendus sur les branches de la croix, sont repliés et attachés par derrière. Nous en empruntons un exemple aux vignettes de Thielman Kerver. Les Juifs,

1. Les deux OrueifiemenU où le Beato Ângelico lésa fait figurer, dans la salle du chctpitre, à Saint-Marc, elaur les panneaux de VAnnunciata, aussi bien que celui de M.tsaccio l Saint- Clément, font exception; nous ri* trouvons , au contraire, les bras d(S larrons atlacbcs derrière la croix, sur un tableau de Tun des Frank, que nous possédons, dans ceux de Man- IC'gns et de Gaudcnzio Ferrari, publiés p»r lady Easllake.

en ( luciliaiil le Sauveur entre deux larrons, avaient voulu Tassimiler à des malfaiteurs; les chrétiens semblent avoir voulu protester contre cette assimilation, en leur attribuant un mode différent de crucifiement. La miniature Syriaque est (Pun temps où la chose n'était pas encore passée en usage : cependant, sur les tioles contemporaines de Monza, bien que Ton ait évité d'attacher Notre-Seigneur à la Croix, on n'a pas voulu que, là où il étend les bras, pour rappeler qu'il y a été attaché, les larrons les ('tendissent aussi : on leur a attaché les ma<ns derrière le dos (T. Il, pi. XVII, fig. 5) \ et là où ils los étendent, Notre-Seigneur n'apparaît plus (jue triomphant au-dessus de sa Croix (fig. 3).'

Le rôle des larrons aci]uérant de l'importance dans les Crucifiements (lu xiv^ et du xv^ siècle, pour exprimer plus vivement la justification de l'un et la réprobation de Tautre, nous avons vu que l'on avait fait voIodtiers intervenir les Anges pour recueillir l'âme du premier, et les démons pour tj'eraparer de celle du second. On se rappellera au.ssi que, sur la Croix en arbre, publiée par lady Ëastlake, le bon larron, attaché S sa propre croix, figure en regard du centurion, au milieu des feuillages verdoyants, sur les branches de l'instrument de salut : cela pour exprimer les fruits du divin sacrifice. On se rappellera encore que, dans le tableau russe que nous avons décrit (T. I, p. 102), et où l'on n'a pas voulu représenter le Crucifiement, le bon larron apparaît avec sa croix, devenue un trophée, — entreles deux scènes combinées, publiées ci-après(pl.xvii),de la Descente aux limbes et de la Résurrection, — prêt à accompagner les âmes des justes qui vont, des limbes, dans le séjour de la béatitude. Nous retrouverons ce saint pénitent employé comme moyen de caractériser ce divin séjour.

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