JESUS RESSUSCITE
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DB LA rAsvrrbctkhv. 379
combinaismi ob la pensée est plus généralisëe encore qae d«nê tueiine
des représentations précédentes , mais en se basant sur la Rencontre de l'Ange au tombeau, et sur rApparition de Notre*Seigneur aux saintes Femmes, dontcette rencontre fut suivie. Ce n'est plus sur la pierredu tombeau que l'Ange est assis, c'est sur le dragon, qui est la figure de Satan à jamais vaincu ; et Notre-Seigneur, dans la région supérieure, — marquée, par la panse de la lettre, région azurée , tandis que la scène inférieure se passe sur un fond noir, — Notre-Seigneur se tient au-dessus, dans un calme solennel, répandant ses bénédictions sur tous, de même que les saintes Femmes représentent tous ses adorateurs.
' Nous sommes cependant arrivé à une époque où l'on ne craignait plus de représenter Notre-Seigneur daiTs l'acte même de sa sortie du tombeau. Le plus ancien exemple que l'on ait pu en citer s'observe à Cologne, sur la cbftsse de saint Albin, que M. l'abbé Bock attribue au xn« siècle, mais dont le style nous semblerait plutôt appartenir au xm« ^ Notre-Seigneur, tenant son linceul d'une main, sa Croix pavoisée de l'autre, a mis un pied sur le tombeau, de nouveau représenté sous forme de sarcophage, et il fait un mouvement pour en retirer l'autre pied. Devant lui, deux gardes sont étendus comme morts, wlut moriuî^^ et deux Anges, debout de chaque côté, s'inclinent en adoration.
Ce sont là les éléments de représentation qui, à partir de ce moment, ont plus généralement prévalu pendant le xui* et le xiv* siècle, pour le mystère de la Résurrection. Ce n'est cependant pas sans variantes.- A Bourges, dans la verrière de la Nouvelle^ Alliance ^ Notre-Seigneur ne sort pas du tombeau : il en est sorti et repose au-dessus *, les gardes ne sont pas aussi complètement tombés à la renverse, et les deux Auges portent, l'un un encensoir, l'autre un cierge. Dans la verrière de la Panion, le mouvement du Sauveur pour sortir est de nouveau trèsaccentué, mais les Anges ne se montrent pas, et parmi les gardes, qui sont en beaucoup plus grand nombre, il en est un au moins, peut-être deux, qui rendent témoignage à la Résurrection ; les autres sont endormis, et non terrassés. Giotto est resté fidèle à l'ancienne manière dans les fresques de YArena^ à Padoue« obil n'a montré Notre-Seigneur ressuscité que dans son apparition à la Madeleine, à la suite de la scène des saintes Femmes au tombeau. Dans le petit tableau de FAcadémie, à Florence, que nous
1. M. Tabbé Bock a donné (Tréiort de Cologne, Sahite-Matie datu le ScKnurgtuMe , pi. xxxvii) une vue d'ensemble de la chflsse , mais non celle de la représentation dont nous parlons. On la voit dans VHMory ofour Lord, de lady, Easllake (T. Il, p. 261), où ce mo- Doment est attribué â l'époque carlovingienne, opinion que nous ne pouvons partager.
t. Halth., xxvm, i.
380 GUHW M l'art CHRÉnEK.
reproduiAODS. il a f«it sortir le Sauveur do son sépulcre, et l'a lincédiBs les airs, de ce jet léger doot ileutrinHpiration.en présence des gaidnler-
Li Rétnn-tetion. (GioUo.)
rassës; il n'a pas fait apparaître les Anges. AngioloGail<li,daiislarresilw delasacristie de Santa Croce, aussi à Florence, sansdonner au CbrislI'éliD r)ueluia impriméGiotto. l'a également représenté s'élevant au-dessus du
l» RétDrrerlion. 'C^mpo-Santa ile Piie.)
tombeau, et l'a entouré d'une auréole; six Anges l'adorent, suspcin'»^ autour de lui, et les gardes,^ en grand nombre, sont terrassés au-rfcssoc*-
DE LA nt^VnRRCTIOff. 381
Au Campo San^o de Pise^ daii» la Jiéfurreeiicn attribude à ft*ono et Spinello, peialres aiisaj du xiv* siècle^ et que nous mêlions sous les yeui de DOS lecteurs, l'on retrouve le mouvement du Sauveur pour sortir du tombeau; deux Anges en enlèvent le couvercle» deux autres sont en adoration, et les gardes sont endormis.
Dans tous ces monuments, le tableau de Giotto seul excepté, le saint Sépulcre conserve «la forme de sarcophage. Il en est de même , au xve siècle, dans les fresques du Beato Angelioo, à Saint-Marc de Florence ; dans les bas-reliefs qui ornaient le tombeau de Paul II , maintenant conservés dans les cryptes de la basilique de Saint- Pierre ; dans le tableau du Pérugin au musée du Vatican , et dans le plus grand nombre des représentations du mystère de la .Résurrection qui se sont succédé avant et après eux. Les artistes étaient-iU tous si ignorants do la véritable forme du tombeau de Notre-Seigneur, qu'en le représentant ainsi, lisaient cru lui restituer ses véritables formes? Ils n*y songeaient même pas; leur unique intention était de dire clairement : « c'est là un tombeau » ; à peu près comme lorsque, en représentant les Apôtres assis, dans un tableau de la Cène, on dit : a c'est là un repas «, sans pour cela ignorer qu'ils étaient couchés.
Pour donner prise à la critique quant à la disposition des lieux, il faudrait s'être annoncé comme prétendant, isous ce rapport, au moins approcher de la réalité. La forme même d'un sarcophage isolé exclut ridée de toute prétention de ce genre , tout autant que le faisait précédemment la forme monumentale d'une coupole, élevée longtemps après l'événemant. Il est vrai que, maintenant, ou entend représenter directement le fait de la sortie du tombeau ; mais est-ce avec la pensée de montrer comment les choses se sont passées? Nullement. On dit en peinture que Notre-Seigneur sort du tombeau, en le représentant sortant d'un tombeau quelconque; les gardes terrassés disent sa victoire, les Anges en adoration disent sa gloire. Rien ne noua parait à reprendre quand la représentation est réduite à ces proportions, comme sur la châsse de saint AIImii. Que dire de la fresque du Campo SaniOj où les gardes sont endormis, non terrassés, et où deux Anges enlèvent le couvercle du tombeau? Il y a là une tendance déplus à entrer dans l'ordre des faits, et quand on y entre, il faut s'y placer exactement. Les gardes gagnés par les Juifs dirent qu'ils étaient endormis, pour expliquer comment» pendant leur sommeil, les disciples de Jésus-Christ avaient pu enlever son corps; mais il n'est marqué nulle part qu'ils aient en eifet manqué d'une manière aussi grave u leur consigne militaire. On peut, au conlraire,ieuir pour certain qu'au moment où Nulre-S«^igneur échappa à leur garde, ils veillaient parfaitement, au moins pour la plupart. Ils ne le virent pas, parce que le mystère
3tt GUnW DB L'ARf CHBtffKN.
s'accomplit bonde toute vue bomatne, avec «ne prompCiliiée insMianUe à tout regard , et sans que le corps glorieux du Sau^ear elkt besoin de rien déranger pour s'élancer hors de sa ténébreuse prison. Mais, anssMt après, ils virent renverser la pierre qui en fermait l'entrée, et 9'îls ne virent pas TAnge du Seigneur, 'ils furent témoins de toute la commotion qn'ii produisit, et c'est alors qu'ils furent comme morts de frayeur. On est dans • la vérité des faits en les montrant terrassés, on s'en éloigne en les montrant endormis.
Il y a cependant un juste motif de les montrer endormis; mais alors il faut que ce soit dans l'ordre des idées, pour signifier ceux qui laissent volontairement s'endormir leur conscience, qui ne voient point et ne veulent pas voir que Jésus est la résurrection et la vie. LeP. Cahier a interprété dans ce sens, favorable aux artistes du moyen âge, le sommeil des gardes près du tombeau, qu'on observe dans un grand nombre de leurs monuments *. C'est comme si on avait répondu aux gardes, lorsqu'ils disaient que le corps du Sauveur avait été enlevé pendant leur sommeil : c Yous dites que vous dormiez : vous dormiez en effet , mais de ce sommeil mortel de la conscience, qui devient de l'aveuglement. » En effet, il n'est pas douteux que précédemment, lorsqu'on représentait les deux soldats au pied dé la Croix, l'un levant les yeux vers elle, l'autre endormi (T. II, pi. iv, xv), le sommeil de celui-ci n'eût cette signification. Dans la Réturrettion de la verrière de la Paisian^ à Bourges, le même contraste est exprimé entre un plus grand nombre de soldats. Mais il faut convenir aussi qoe, sous l'empire de la routine, on a bien souvent représenté les gardiens dn tombeau endormis, sans indiquer et sans comprendre soi*méme suffisamment le sens dans lequel il fallait l'entendre.
Les peintres du Campo Santo donnent lieu de douter s'ils ne sont pas tombés dans cette erreur, d'autant plus qu'ils paraîtraient en avoir commis une autre , en faisant enlever le couvercle du tombeau par les Anges, comme s'il l'eût fallu pour que le Sauveur en sortit. La pierre qai fermait effectivement l'entrée du saint Sépulcre, ne fut renversée qu'après la sortie de Notre-Seigneur ; mais elle dut l'être aussitôt après, pour témoigner qu'elle était désormais inutile, et pour faciliter la constatation du mystère qui venait de s'accomplir. Op peut considérer que représenter ainsi la Résurrection, c'est seulement avoir voulu faire apercevoir la succession des faits, comme lorsque, dans la scène da Baptême de Notre-Seigneur, on fait descendre le Saint-Esprit sur sa tête , tandis qu'il est encore plongé dans l'eau , ce qui n'eut lieu en réalité qu'après. Tout ceci peut donc s'interpréter favorablement. Il serait