‹ Guide de l'art chrétienChapitre 171 sur 238 · I. MibMfga ^Areh., T. M · texte numérisé non relu

I. MibMfga ^Areh., T. M

W LA RÉWRRBÛTION. 388

mieux oepencUnt , poar éviter loute équivoque , que Nolre*Seigneur lût élevé déjà à une certaine hauteur au-dessus du tombeau, quand la pierre qui le fermait est enlevée. Nous disons « une certaine hauteur », dans la supposition que le champ du tableau le comporte; car il suffit, quand l'espace ne s'y prête pas, comme dans le petit panneau de Giotto, à TAca'» demie de Florence, que le Sauveur se soit d<^jà élancé tout entier au ^hors de sa tombe^ pour autoriser la représentation de tout ce qui, historiquement, s'est passé aussitôt après. Seulement, cet élan même, si noble et si facile, imprimé par lartiste Ûorentin au divin triomphateur de la mort, dit que, dans ce moment même, il ressuscite; tandis que, dans la fresque de Santa Croee^ dans le bas-relief du tombeau de Paul H, dans le tableau du Pérugin, le Christ apparaissant comme immobile au milieu des airs ^ on dira plutôt o il est ressuscité », et Ton admettra plus facilement que tout ce qui se passa après Tinstaut précis de sa Aésurrection, ait eu le temps de s'accomplir. Toutes ces compositions sont d'ailleurs si évidem* meut conçues dans le sentiment mystique, c'est-à«dire en. vue des pieuses affections qu'elles doivent inspirer, que ce serait tout à fait s'écarter du point de vue où elles nous invitent à les considérer, que de serrer de trop près la réalité des faits sur lesquels elles sont entées.

LA RéSUBRECTION, DB FRA ANGELICO À RAPHAËL.

Les deux principales formes du mysticisme viennent de nous apparaître dans la mise en scène de la Résurrection. Giotto nous a offert Tima^e d^un corps glorieux, affranchi des lois de la matière, s'élançant dans les airs, selon le modèle offert par les Saints pendant cette vie même, dans leurs ravissements extatiques. Angiulo Gaddi et tous ceux qui l'ont imité, en tenant Notre-Seigneur élevé au-dessus du tombeau , invitent à la contemplation de sa personne adorable. Il est là, en effet, toujours à portée de rame qui le contemple; jamais il ne s'élève si haut qu'elle ne puisse l'atteindre.

Le Beato a répandu, dans la sci>ne de la Résurrection des cellules de Saint-Marc, toute la suavité de son âme, par une association des données

i. .Sur le lombeau de Paul 11. le CLrisl esl élevé à peine an-deieiit da tombeM ; mils il est pot lé sur un nuage, el celle indicalion anffit pour avertir de le considérer coinme élevé dans les régions supérieures de Tair.

384 GUCDE DB L*AIIT GHBéTIfiN.

historiques et d'ôléioeias de couiposilion tout inys4iques« DâDS le pelît tableau de Tarmoire de VAnnunciata^ à l'Académief il a, seloa raocîemie manière, représenté la Résurrection, seulement par la rencontre de i'Aafe et des saintes Femmes au tombeau. Dans la fresque dont nous parloos, il a eu recours également à ce mode de représentation si anciennement sacré; mais cette peinture étant isolée, il y avait un motif tout pour y faire figurer en personne le divin Ressuscité. Le pieuii artiste o'apas voulu priver de la satisfaction de le voir, ceux de ses frères qui devaient habiter la cellule. Il a mis sous leurs yeux son Jésus, mais les saintesPen* mes ne l'aperçoivent pas. Bien que très-apparent, dans une auréole l«ini* neuse, au milieu de laquelledisparatt derrière un nua^e la partie inférieufe de son corps, il semble qu'il apparaltdansun demi-jour, comme présenlà la pens^'e, plutôt qu'il ne se manifeste extérieurement, de même qoe saint Dominique, qui s*est glissé là pour être témoin de cette scène ravissante. Le spectateur est dans le secret; l'artiste lui dit tout doucement : < Voîei Jésus » , et Jésus sourit à la pensée du bonheur qu'il va causer à ses saintes amies en se montrant à elles. Il sourit à leur empressement, il soarit de leur douleur, de leur inquiétude, de leur étonnement. Il porte d'ailleurs les attributs de son triomphe: l'étendard crucifère, et une palme, emblème que nous ne lui avions pas encore vu à la main.

Nonobstant les ditférences de la composition, ce tableau se rattache aux œuvres dont nous le rapprochons, soit qu*elles l'aient préi*^é comme celle d'Angiolo Gaddi, soit qu'elles l'aient suivi comme le tombeau de Paul II et le tableau du Pérugin ; il s'y rattache par l'invitation à méditer sur la personne du Sauveur ressuscité^ ^t à le contempler revêtu de tous ses charmes. La Société (tArundel a publié un tableau de Giovanni Saniio, le père de Raphaël, peint à Cagli, petite ville des environs dTrbin, tableau qui,avecdesdonnées tout autres encore, revient, par sa placidité, àceinéine caractère mystique. Le peintre s'est attaché à la notion ,*seu le véritablement historique, d'un tombeau creusé horizontalement dans le roc. Il n'a ni jeté, ni posé, ni suspendu Jésus dans les airs: il l'a fait sortir paisiblement et marcher sur le sol; puis Notre-Seigneur s'est arrêté au milieu des gardes, qui, endormis ou terrassés, ne le voient pas^

Raphaël, dans la composition de Tune des tapisseries du Vatican, pourrait avoir eu le tableau de son père pour point de départ, mais il a pris eosuite une marche toute différente.. De part et d'autre, la porte da tombeau est quadrangulaire, comme une porte ordinaire; mais on remarquera surtout que le Sauveur, dans l'œuvre primitive, est déjà sorti hors de cette porte; que les gardes ne le voient pas, et qu'il se tient là pour

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