D'A^-inrourl, Peinture, pi. xxMi
DE l'ascension. 403
plutôt, il y est monté : nous essaierons de le prouver tout à l'heure. Sur d'autres monuments, moins nombreux que les premiers, il est vu Je profil et s'élève obliquement, comme en marchant, soit que ses pieds portent encore sur la montagne, soit qu'ils s'appuient sur les nuages, et la main divine de son Père lui est tendue d'en haut pour saisir la sienne. ou elle l'a déjà saisie. Dans les plus anciens monuments où l'on observe ce mode de veprésenlatton, Notre-Seigneur n'est pas renfermé dans une auréole : l'auréole ne s'y associe qu'un peu plus tard.
Ce qui nous paraît caractériser ces deux manières^ c'est que, dans la première, Notre-Seigneur est en possession de la gloire céleste; dans la seconde, il s'élève pour la posséder.
Quand nous avons traité spécialement de l'auréole (T. II, p. 48), nous l'avons comparée, quand elle est soutenue par les Anges, dans l'Ascension, aux encadrements d'honneur où, soit le buste du Sauveur, soit seulement son monogramme, ou bien la Croix, sont aus^i suspendus dans les airs par ces esprits célestes. Quand on a prétendu faire servir le ministère des Anges pour enlev'er le Fils de Dieu, on est tombé sous le blâme infligé par Ayala, et très-justement infligé : Notre-Seigneur s'étant certainement éle^'é au ciel par sa propre vertu. Nous ne nierons pas que cet abus ne se soit glissé dans l'art, et que, promplement même, les artistes n'aient quelquefois essayé d'imprimer un mouvement ascendant à J'auréole où repose Notre-Seigneur ; mais ce n'est pas là l'idée première de cette composition. Le Sauveur s'y montre assis dans l'auréole, comme sur son trône définitif. Sur un ivoire byzantin, passé de la collection Soltikoff dans celle de M. Carrand, et jugé du xe siècle par M. Labarte, qui l'a publié S l'auréole est remplacée par un globe, sur lequel Notre-Seigneur est assis. Ce globe, avec les Auges pour supports, est constellé : c'est donc le globe céleste, le trône de l'empyrée.
L'on voit, dans chacun des angles do la miniature syriaq;ie, le Soleil et la Lune personnifiés, qui assistent au triomphe deTHomme-Dieuet disent qu'il est parvenu au plus haut des cieux. Dans d'autres monuments, par exemple dans la fresque de Saint-Clément, à Rome, que nous inettons sous les yeux de nos lecteurs (pi. xx), pour rendre la même idée, le ciel est semé d'étoiles.
Revenant à la miniature syriaque, nous remarquons que l'auréole repose, dans sa partie inférieure, sur un ensemble de figures assez mal agencées; mais, au travers d'ailes et de roues chargées d'yeu», on découvre les têtes des quatre animaux : c'est un moyen de glorification emprifnté directement à Ëzéchiel, plutôt qu'une allusion immédiate aux