Laitarte, Arts industrielSj pi. ix
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Évangélistes. Généralement, Notre-Seigneur, ainsi élevé sur son trône céleste, continue de porter le livre sacré qui contient toute vérité, mais qui dit plus particulièrement, comme un sujet de glorification pour loi, ce qu'il a l'ait pour le salut des hommes; aussi le miniaturiste oriental a-t-il ou soin de donner au volume renfermé près du Sauveur, dans l'auréole, une dimension extraordinaire, relativergent aux proportions do divin personnage, car elle atteint la moitié de sa hauteur.
Si haut qu'il soit monté, cependant, Jésus ne s'est pas éloigné de nous. Pour lui, la distance n'y fait rien, et, de là-haut, il bénit son Église, il nous bénit, il écoute nos prières. Nous avons fait remarquer la liaison qui rapproche facilement les compositions où le Christ est représenté triomphant, dans un ordre d'idées plus général, de celles qui ont trail plus directement au triomphe de son Ascension. La mosaïque de TOratoire de Saint- Yenance, à Rome (T. I, pi. vu), nous a fourni, au vu^ siècle, l'exemple d'un intermédiaire^ où la pensée la plus générale domine, et où, cependant, l'idée spéciale se fait clairement apercevoir, au moyen des nuages dans lesquels, le Christ se perd à mi-corps, au moyen aussi des deux Anges qui l'accompagnent dans les régions célestes, au moyen surtout de la sainte Vierge, qui. au-dessous de lui, dans la partie inférieure de la composition, est représentée en Orante. Nous allons voir, en eflet, qu'elle l'est ainsi, plus ordinairement, jusqu'au cœur du moyen âge, dans la représentation de ce mystère. Cette observation s'étend à l'art gréco-russe, qui est un écho, souvent si fidèle, de l'antiquité chrétienne; et, mieux encore, nous verrons que Marie en Orante a été prise pour un trait si caractéristique de l'Ascension, qu'en réduisant la représentation, — nous ne dirons pas à ses termes les plus sommaires, parce qu'on a pu s'en tenir, pour exprimer la pensée de ce mystère, à l'image seule du Sauveur dans la gloire — mais à sa forme la plus abrégée immédiatement après cette unique image, on a prétendu tout dire en faisant apparaître, au-dessous du Fils de Dieu, sa très-sainte Mère dans cette attitude de la prière.
Pour' représenter l'Ascension en montrant seulement Notre-Seigneur dans la gloire, il a fallu deux choses : que l'espacé exigeât une pareille concentration; que la scène fût associée à d'autres compositions qui en déterminent la signification. Sur uqe lampe en bronze de la collection de M.Carrand, publiée par le P. Cahier, et dont il laisse prudemment la date flotter entrÔ !e ix« et le xii® siècle ', on voit, parmi d'autres bas-reliefs au
1. ifélanyes d'Archéologie , T. III, p. 19, 20, 21. Tout en iinilanl la circonspeclian rfe l'cminenl inlerprële du moyen âge , nous ferons retuarquer que, sur CfXie iampe, le bonoc' phrygien, allribué auxMagci. ferait pencher du côté de la première de ces Jeux ài\ti,
bE, l'ascension. 405
repoussé, un Christ dans une auréole supportée par deux Anges, que l'auteur donne pour l'Ascension. L'espace, en effet, ne permettait pas de la traiter avec plus de développement, et les autres sujets voisins appartenant tous à la vie de Notre-Seigneur. on doit croire qu'il n'en est pas différemment de celui-ci. Il est placé entre l'Annonciation et l'Adoration des Mages : on pourrait s'en étonner ^maiscomme l'attouchement de saint Thooias ligure aussi dans la série, on peut croire qu'il y a eu interposition. Cependant, de cette circonstance même, on sera en droit de conclure que la scène prend un caractère de généralité, et qu'on doit la traduire dans ces termes : le Dieu fait homme est monté au ciel; bien préférablement à ceux-ci : il monte au ciel. Les Anges près de lui remplissent un office d'honneur; en supportant sou auréole, ils ne lui prêtent aucune aide. Nous sommes confirmé dans cette interprétation, par la comparaison avec une miniature du Benedkiional de Sdiiui'(Eihe\'wo\d ^ où Notre-Seigneur est représenté exactement de la même manière et avec deux Anges qui ^»upportent son auréole, lorsqu'il apparaît à saint Etienne, livré au martyre.
Sur le candélabre de la l^asilique de Saint-Paul, où l'auréole de Notre- Seigneur occupe également toute la hauteur de l'espace destiné à l'Ascension (p. 378, ci-dessus), il est de mêmeévident que l'office des quatre Anges autour de cette auréole n'est nullement d'enlever le Fils de Dieu, mais de soutenir cet encadrement d'honneur. Ici, on voit, il est vrai, aussi quatre des Apôtres, mais loin que Notre-Seigneur soit présenté comme s'élevant au-dessus d'eux, ils sont eux-mêmes transportés dans les régions célestes pour l'adorer. Nous avons fait Remarquer les quatre soldats terrassés, que l'on voit au bas de la composition. Deux de ces figures étant rapprochées du saint Sépulcre, où le Ressuscité est représenté, on pourrait les lui rapporter uniquement; mais les deux autres ne pouvant être séparées de la scène suivante, on est obligé, vu leur disposition symétrique, de reconnaître qu'elles s'y rapportent toutes les quatre. Ces soldats ne sont pourtant, dans le sens direct, que les gardiens du tombeau, renversés; mais ils représentent tous les ennemis du divin Triomphateur. Le mystère de la Résurrection est lié à celui de l'Ascension, et, tous les deux ensemble, au règne éternel du Fils de Dieu : Dominare in medio inimicorum tuorum^. Il domine au milieu de ses ennemis subjugués et vaincus. Cette pensée est d'autant plus frappante, qu'en abaissant les yeux vers les deux zones inférieures de ces bas-reliefs, on y voit Jésus tour à tour exposé aux hom-
plutôt que vers la seconde ; mais celle-ci ne manque pas non plus de raisons à faire valoir en «a faveur.