I. Ael. Ap.y I
ticipaient eux-mêmes de l'impulsioD de la Foudre et du brillant de l'éclair. Il n*y a d'ailleurs de dessiné, dans les Apôtres, que des silhouettes qai fléchissent et se pâment sous Timpression céleste qui enveloppe toat le paysage. Ce n'est qu'une vignelte, mais ce serait un tableau^ que l'artiste ne l'aurait pas compris différemment. Nous avons sous les jeu d'autres vignettes du même temps, où le Christ est laissé en vue au moment où il s'élève. C*est toujours, plus ou moins, par l'éclat, par l'explosion, que l'on prétend donner une forte impression religieuse. Si les spectateurs sont plus maîtres d'eux, c'est toujours dans la variété des situations les plus pittoresques, et c'est par de vives gesticulations qu'ib expriment leur émotion. Les choses vues de la sorte^ l'artiste devait être singulièrement mal à l'aise lorsque, par nécessité de situation, il était obligé de rendre un semblable sujet dans un sentiment tranquille. Noos avons fait particulièrement cette remarque, en observant trois panneaux du parement d'autel en or, paliotto d'oro^ donné, au ix* siècle, à la basilique de Saint-Ambroise de Milan, par l'archevêque Angelbert ^ Ces trois panneaux ont été substitués, au xvni<» siècle, à pareil nombre des anciens bas-reliefs au repoussé de ce précieux monument. Commandés par l'espace et surtout par le caractère du monument, avec lequel il fallait éviter de U*op vives disparates, les sculpteurs modernes ont représenté là une Ascension qui est bien tout ce qu'on peut imaginer de plus lourd et de plus maladroit. Le Christ, pesant de tout son poids, élevé à la moitié de la hauteur des Apôtres, reate là conune immobile, sans aucun jet, sans aucun signe de glorification que Tempreinie de ses pieds sur la place quittée >, de pesants amas de nuages à ses côtés et de.i rayons lumineax autour de sa tête.
Depuis le renouvellement de Tart chrétien, Overbeck, dans une de ses plus pieuses séries d'images, a représenté l'Ascension dans un sentiment de pladdité conventionnelle ; voulant toutefois éviter de paraître archaïque^ on voit qu'il a fait des efforts pour satisfaire aux conditions de perspective naturelle demandées dans les compositions modernes. 11 a supposé l'œil du spectateur placé bien au-dessus de la terre, à la hauteur même où se tient Jésus. Notre-Seigneur, en conséquence, apparaît d'une taille énorme, proportionnellement aux tètes de la sainte Vierge, des Apôtres et des saintes Femmes groupées dans le bas. Cette