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enlre ses bras. C'est là ce qui caustitue la pensée propre de TAssomptioii, prendre avec $ui^ que Jésus preooe dans ses bras l'Ame de la sainte Vierge, selon le mode de représentation le plus usité alors, ou qu'il la prenne tout entière, corps et âme, .comme dans le cas présent. Dans ce tableau, on peut croire que Marie monte au ciel et que Jésus y remonte avec elle, après être venu à sa rencontre. Mais l'auréole, supportée par des Anges, peut aussi parfaitement être réputée représenter l'éternel séjour où Marie serait rendue et que Jésus n'aurait pas quitté. Cette scène a pour témoins, non pas précisément les Apôtres, mais une foule innombrable au sein de laquelle on distingue deux* rangées de personnages qui portent, les premiers des tiares ou des mitres, les seconds des couronnes ou- des bonnets de docteurs. Évidemment, c'est l'Égltse entière célébrant, dans la darée des temps, l'Assomption de la sainte Vierge, loi rendant témoignage *.

On voit par là que, si les Apôtres étaient représentés, en pareille circonstance, avec leur nombre hiératique de douze, il faudrait l'entendre dans le même sens. Le fait même de la résurrection de Marie, de sa sortie vivante du tombeau, ne doit pas avoir de témoin ; si on s'en rapporte aux traditions, elles diront toutes que le tombeau où elle avait été enseveli fiit trouvé vide, mais non pas que les Apôtres l'aient vue en sortir. Raphaël a été parfaitement dans le vrai, lorsque, dans les deux tableaux de la galerie du Vatican,-— l'un exécuté tout entier de sa main, dans la fleur deson génie, l'autre terminé par ses élèves, dans un. caractère tout différent, — il a représenté les Apôlres autour du tombeau de Marie, où Ton ne voit plui que des fleurs, tandis qu'elle est couronnée dans le ciel. Dans le premier, tous leurs yeux se portent là où elle est, atin de l'y suivre par la contemplation; mais on comprend qu'ils ne sauraient plus la voir ni la posséder autrement. Dans le second, ils s'étonnent de la merveille des fleurs substituées au très-saint corps de Marie. Dans l'un et l'autre, Marie est déjà tout entière au sein de l'empyrée , lorsqu'ils s'aperçoivent que son corps n'est plus sur la terre. Dans Tune et l'autre, elle est déjà assise à côté de Jésus qui la couronne, et cependant, vu la relation établie entre la scène du haut et celle du bas, on est bien averti de porter sa pensée sur le mystère de l'Assomption autant que sur celui du Couronnement. A ces deux tableaux comptés à des titres divers parmi les œuvres de Raphaël, comparons celui que le Pinturicchio a peint dans l'église de Santa Maria del Popolo. A cela près que la Vierge monte au ciel, au lieu d'être couronnée, le sentiment et la composition sont à peu près les mêmes; et il n'y a pas d'incertitude, quant aux Apôtres : leurs regards ne se portent nullement sur Marie, qui est censée hors de

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