l>*Agiiirovrt, Pénîure, pi. eu
Ds l'assomption. 437
lear portée, mais pour la plupart sur ces Heurs qui ont pris sa place ; et s*il eu est un qui lève les yeux, saint Jean probablement, c'est dans l'attitude de la prière et de la contemplation, sans rien fixer ni rien voir des yeux du corps, de ce qui se passe là-haut.
Nous ne croyons pas que l'Assomption de Marie, son corps et son flme réunis, ait été représentée, arec les Apôtres comme témoins directs de sa montée au ciel, avant l'époque du naturalisme grossier qui prévalut depuis la Renaissance. D'après quelques légendes, de celles qui ont le moins d'autorité, mais qui n'en ont pas moins été très-populaires, Marie montant au ciel aurait eu cependant un témoin : ce serait saint Thomas; et, se faisant apercevoir de lui, elle aurait laissé tomber sa ceinture, comme un gage dont il serait demeuré le dépositaire; il la lient en effet. à la main, dans le tableau de Raphaël. Nous verrons qu'au xiv« ou xv« siècle, on l'a mis souvent spécialement en scène, pour rendre ou pour rappeler cet épisode légendaire. Nous voulons seulement, en ce moment, constater la seule exception qui nous soit connue, à la règle d'après laquelle, jusqu'à l'époque où nous sommes parvenu, Marien'auraiteu, pour témoins de son Assomption, que les Anges chargés de la transporter au ciel. Nous l'entendons de son Assomption en corps et en âme : il est utile dene pas le perdre de vue, sa mort ayant été représentée elle-même comme oHVant l*idée d'une assomption, celle de son âme. On le comprendra mieux quand, tout à l'heure, nous en traiterons spécialement. Ce n'est qu'au xvi* siècle que 1*00 fait monter Marie au ciel sous les yeux des Ap6tres ; ce n'est qu'au xiv* qu'on la représente comme y montant, et alors c'est toujours par le ministère des Anges. On jugera, en conséquence, si nousn'étioos pas fondé à voir VAscension, et non pas V Assomption^ dans la fresque de Saint-Clément. Mariemontant.au ciel' à la vue des Apôtres, par sa propre vertu« sans le ministère dès Anges, ce serait,* au ix* siècle, une anomalie comme on n'en rencontrerait probablement pas un seul exemple dans l'iconographie chrétienne.